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L’Ultra Trail de l’Atlas Toubkal

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Une semaine après que le temps se soit arrêté, de retour dans notre monde sauvage.

Il existe des moments que l’on ne peut qualifier… car trop riches… multidimensionnels.
L’UTAT (Ultra Trail de l’Atlas Toubkal) fait indéniablement parti de ces moments. Bien évidemment, derrière ce nom se cache une course, un trail de 105 km et de 8000 D+ -. Tout cela n’est devenu finalement qu’un prétexte.

Le contexte, les habitants, les couleurs, les paysages, les odeurs, les sensations, les joies, les tristesses vues sur les visages, le jeu que nous, européens, soyons individuellement une économie, l’autarcie dans laquelle nous étions, la météo, l’organisation. Tout cela est fragilisant et euphorisant à la fois. On sent, on vit une grande humanité autour de soi…

La course qui nous rend acteur face à la rudesse des lieux ajoute une profondeur d’âme. Attention, pas seulement de ces ascenseurs émotionnels que nous connaissons tous. Ou des km passés et des impressions qu’ils impriment dans le corps et le mental. Cela ne serait que superficiel.

Cette âme qui pose les raisons de nos questionnements intrinsèques confrontés au regard d’une ou d’un jeune enfant gardant les chèvres ou se trouvant sur son âne. Ou encore, dans la nuit au détour d’un doigt noueux d’un vieil homme, qui, sous le grésil, dans le vent, le froid, surveille… surveille quoi ? Mais qui est là, homme, humain ! Dans un endroit où l’on ne peut pas même imaginer y trouver une âme… Ce ciel emplit d’étoiles, dans un noir profond nous étourdit et semble nous faire connaître l’espace et nous aspire dans le vide…
De ce, ces villages qui n’en sont que parce qu’il y a 5 ou 6 formes regroupées, de maisons en pierres, venues de la nuit des temps.

Pourtant, la curiosité entourée de sourires bienveillants nous accompagne… et m’accompagne encore.

Voilà ce qu’est l’UTAT.

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LE GRAND TOUR DU GOLFE DU MORBIHAN

Déjà une semaine. Une semaine que nous sommes arrivés à Vannes. C’était le 28 juin. Je fais le point et je me rends compte que j’ai couru 156 km (oui, la distance jusqu’à Séné est de 156 km). Il ne restait plus que 21 km (un semi marathon pour être finisher). J’avais 3 h 00 d’avance. Malgré tout, j’ai dû abandonner pour raison médicale. Je commence doucement à me remettre de la distance, des kilomètres accumulés, des ampoules au pied et des piqûres de moustique. J’ai dû nourrir une famille entière. Je n’ai pas eu le tee-shirt finisher mais j’ai gardé la boite de gâteaux (j’ai laissé les gâteaux) et gardé la boîte vide, c’est déjà ça. Mais faisons un petit travelling arrière (dédicace à Maga) pour partir du premier jour : Le vendredi 29 juin 2018.

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J’ai décidé de dormir un maximum dans la journée du vendredi pour me lever vers 16 H 00. Finalement, je me lèverai à 15 h 00. Tout le matériel obligatoire est prêt à savoir : Sac de course, Pièce d’identité, Téléphone portable avec les numéro du PC Course et du PC médical, la couverture de survie, un gobelet individuel de 15 cl, une réserve d’eau d’ 1 litre et demi minimum, une réserve alimentaire, une lampe frontale ou ventrale, des piles de rechange ou chargeur USB, un brassard rétro réfléchissant et une veste coupe-vent. Tout a été vérifié, tout y est. J’ai même un deuxième sac pour prendre une douche et me changer à Arzon. Si j’arrive jusque-là. Pour la tenue, des brooks Cascadia pointure 43, des brooks Cascadia pointure 44 pour la deuxième partie de course, 2 paires de chaussettes spécifiques trail, des manchons, deux cyclistes, la montre GPS forenner 235, le débardeur végan runner de L214 et le débardeur végan marathon, une paire de lunette de soleil et une casquette type marathon des sables, le téléphone portable, les écouteurs Bluetooth et surtout le plan de route. Je pense être paré à toute éventualité.

Lorsque je me lève, je vais prendre une douche pour être bien réveillé, je m’habille sans oublier d’épingler le dossard, de vérifier le sac de course. Heureusement que Laurence est là pour m’aider à me préparer. Je lui demande de me filmer pour faire la petite vidéo d’avant course publiée sur végan marathon coaching. Nous hésitons à la faire en intérieur ou dehors. Finalement, la beauté du site se prête à une prise en extérieur. Je sollicite toute votre énergie et vous remercie pour les boosts, je suis à 30%. Le reste, vous l’avez sur la vidéo. Je vous explique aussi que dans quelques minutes, je vais rejoindre Jean-Christophe Manuceau de l’Association Végétarienne de France. Lorsque j’arrive, je n’ai qu’une envie : boire mon petit café. Ce ne sera pas le cas. Il est 17 h 00, nous nous installons Laurence et moi à une table ou nous avons aussi rejoint Joseph, Paul, Samuel Clergeaud et Jessie. Nous échangeons un peu tout en buvant et nous restaurant. Nous attendons tous impatiemment le départ, un peu stressés, mais il s’agit d’un stress positif avec l’envie d’en découdre. Nous apercevons les lapins runner que nous allons salué, nous prenons quelques photos et quelques selfies. Carole vise un podium dans sa catégorie. Il y a aussi Gilles, Lili corne rose et toute une bande de copains autour. Il est est temps d’aller rejoindre le départ après avoir embrassé Laurence.dav

Avec Jean-Christophe, nous avions prévu de faire la course ensemble, mais Joseph et Paul partent devant, bien trop rapidement à mes yeux. Jean-Christophe les suit, pas moi. J’ai tellement visionné la vidéo de 2017 des lapins runner sur Youtube que je ne commet pas l’erreur de partir en surrégime. La gestion de course est primordiale. Ma stratégie est la suivante : courir à 7 km/h et avoir un maximum d’avance sur les barrières horaire, je m’inspire aussi des coureurs plus expérimentés, certains marchent mais les barrières horaires sur la première partie de course ne sont pas si évidentes que cela. Les lapins remontent à mon niveau et me dépassent mais je reste discipliné sur ce que j’ai prévu, c’est mon premier vrai ultra-trail. Une barrière horaire est la limite de temps dans laquelle on doit franchir le point de passage. Par exemple, la barrière horaire est fixée à une arrivée à 16 H 00, le concurrent qui arrive à 16 H 15 sera arrêté à ce point précis . Je ne rentre pas dans le détail. Celles pour l’ultra marin du Morbihan étaient les suivantes :

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J’ai aussi rajouter les points de passage sur lesquels vous avez pu me suivre tout au long de la course. Vous pouvez constater qu’au fur et à mesure mon allure a baissé mais il existe des explications que je vous donnerai plus tard. Mais revenons aux premiers kilomètres du départ. Je suis donc seul. Je maintiens le rythme que je me suis fixé. Je suis joyeux, j’écoute les différentes

plaisanteries autour de moi, les retrouvailles, j’en ris aussi. J’échange quelques mots avec des inconnus. Il règne une très bonne ambiance. Je sais qu’au 17ème km se trouve le premier ravitaillement qui me permettra de faire le point. Il en est prévu à peu près tous les 15 à 20 km entrecoupés parfois de points d’eau. Heureusement, vu la chaleur qu’il fait. Toutefois, je suis équipé et cela ne me pose pas de problème particulier hormis l’obligation de boire régulièrement. A un endroit, un chat errant mime le fait d’attaquer le concurrent juste devant moi. Il est jeune. Je lui parle : « Tu m’attaques pas, hein, je sais que tu joues » et de fait il n’a pas mimé une attaque. Il m’a juste regardé. C’était un jeune chat, environ 1 à 2 ans.

Après quelques kilomètres, quelqu’un court à mes côtés et me dit « Salut Xavier ». Je reconnais Nicolas Luchez (pourtant je ne suis pas physionomiste, mais nous avions prévu cette rencontre, elle arrive à point nommé). Nous décidons de faire un bout de chemin ensemble. Nous sommes amis sur Facebook et nous avions fait connaissance par l’intermédiaire du groupe de Flavien Bascoul (dédicace) Mission : 2018 km en 2018. Nous étions aussi en même temps sur le 80 km de l’Ecotrail de Paris. Les conditions météorologiques étaient dantesques et Nicolas a abandonné au 45ème et moi au 57ème. Nous nous accordons sur la cadence, Nicolas me dit qu’il s’adapte à moi. Parfois, nous marchons dans les montées puis accélérons très légèrement dans les descentes. Nous passons le premier ravitaillement ensemble. Nous continuons notre route et nous arrivons au fameux passage dans l’eau de mer avec de l’eau à mi-cuisse. Je vous raconte.

Dans ce passage, nous devons traverser un endroit où, en fonction des marées, on passe facilement ou pas. Évidemment, cette année, il y avait un coefficient de marée élevé. Certains décident de rester sur la passerelle, mais ils avancent lancement. Je décide d’aller plus au large et Nicolas me suit. Erreur ! Là, le courant est plus fort et il faut passer sur ou entre les rochers. On glisse, on tombe, on se rattrape. J’ai failli me retrouver entièrement dans la baille. Heureusement, l’esprit trail, c’est tout de même la solidarité, l’entraide. Je me rabats finalement vers le mur de la passerelle et patiente. Nicolas est devant et m’attends sur la berge ou tout le monde souffle et remet ses chaussures. Question : Les enlever ou pas ? Pour ma part, avec le recul, il faut les garder, quitte à être trempé pendant un certain temps mais ensuite ça sèche.les-pieds-dans-l-eau

Par la suite, je reprends ma route avec Nicolas, nous avons hâte d’arriver au ravito du 18ème. Je prends mon temps et ne voit plus Nicolas, je repars. Il m’attendais un peu plus loin. A un moment donné, dans la forêt, j’ai la force du lion et je cours un peu plus vite, ça roule tout seul. Je me rends compte que Nicolas est loin derrière moi. J’essaie de ralentir pour l’attendre mais je pense aussi aux barrières horaires. Tant que nous ne sommes pas à Locmariaquer, il faut courir. Bien plus tard, je lui transmettrai un message comme quoi je l’attendrai au ravitaillement du 54 km. Entre le 35ème et le 54ème, je reçoit un message de Nicolas qui me dit qu’il abandonne à cause de la déshydratation , il est resté au 35ème. Malgré la motivation que j’essaie de lui transmettre et mes encouragements, il renoncera. Au 54ème, j’ai plus de 2 H 00 d’avance sur la barrière horaire. Je poursuis donc ma route seul car il y a 19 km entre Baden et Le Bono et la nuit va tomber sur cette portion.

Entre Baden et le Bono, je m’accorde le fait de continuer en marche active entre 5 et 6 km/h pour préserver de l’énergie et du physique. J’ai assisté à un super coucher de soleil.. Je n’ai fait qu’admirer parce que je ne perds pas de vue que l’objectif qui est d’arriver à l’embarcadère de Locmariaquer bien avant 11 h 00 pour avoir une bonne avance. Lorsque la nuit tombe, je me rends compte que c’est la pleine lune et c’est fascinant. Je progresse en déduisant chaque kilomètre parcouru, d’ailleurs dès le premier kilomètre, j’ai dit qu’il restait 176 km et ainsi de suite. Je continue au même rythme et j’arrive de nuit à 3 h 00 du matin au Bono. Je suis à 1 km de ma plus longue distance., je m’étais fixé comme objectif de passer d’abord le marathon, puis 57 km, puis 80, puis 100 et après ce n’est que du bonus. Je prends mon temps au ravito et croise Lili corne rose (La licorne), une youtubeuse ami des lapins runner. Nous échangeons quelques mots Elle a dormi 20′. C’est le maximum pour les micro siestes. Sinon, au delà, on risque de ne pas repartir et d’abandonner. C’est ce que je ferai des kilomètres plus tard. Bon, je n’ai plus que 2 h 00 d’avance au Bono, je dois donc reprendre ma course. J’ai 29 km à faire pour aller jusqu’à Locmariaquer, en passant par Crach ou se trouve un ravitaillement.

Je continue à courir et marcher, je n’ai qu’une envie : arriver à l’embarcadère. J’ai aussi hâte que le jour se lève pour continuer au maximum mais aussi profiter de la petite pause lors de la traversée de Locmariaquer jusqu’à Port-Navalo. De port Navalo à Arzon, il n’y aura que 4 km, ouf ! J’arrive à Locmariaquer à 08 h 17, j’ai presque 3 H 00 d’avance sur la barrière horaire. Mais j’ai l’intention de prendre une bonne pause à Arzon. Pendant la traversée, je suis assis au fond du bateau à moteur. J’apprécie la petite bruine et l’eau de mer sur mon visage, ça fait du bien après toute cette chaleur. Je suis revêtu d’un poncho bleu et bien sûr d’un gilet de sauvetage orange. Les bénévoles sont aux petits soins, super sympas, ça fait du bien. Nous échangeons avec les autres passagers. C’est là que j’apprendrai que 50% ont abandonné du fait de la chaleur et sans doute de la traversée dans l’eau et sur les rochers. C’est vrai que je m’en suis bien sorti mais j’avais un mental d’acier. Courage, volonté et détermination. Nous arrivons à Port-malo et il nous reste 4 km pour arriver à Arzon, c’est là où je prendrai ma pause la plus longue.

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A Arzon, je me pose vraiment. Je vais récupérer mon sac de change et je vais directement à la douche collective. C’est alors que j’entends une voix qui m’appelle, ce ne sera pas la dernière. En fait, il s’agit de Jean-Christophe qui en sort. A mon tour, je vais me doucher et j’apprécie ce moment. Je prends mon temps, il n’y a pas trop de monde. Une fois les affaires regroupées, je vais déposer mon sac là ou j’avais récupéré les affaires propres. Je décide de me poser un peu. Je choisis un lit de repos et à nouveau j’entends une voix, c’est Joseph de l’AVF. Nous échangeons. Il me dit qu’il a des ampoules et que ça le gêne, je lui suggère d’aller voir les podologues. J’ai moi aussi des ampoules mais c’est encore supportable surtout que j’ai une paire de chaussettes propres et une paires de chaussures neuves et propres taille 44 (Je chausse du 43 mais mon vendeur préféré m’avait conseillé de prendre une pointure au dessus pour la deuxième partie de course, bien m’en a pris, toujours des brooks Cascadia). Je me rends compte qu’une fois de plus en étant régulier, j’ai réussi à rattraper des gens devant moi. Je m’assoupis environ une quinzaine de minutes. Je mange et bois, me recharge en eau et repars avant les potes de l’AVF. J’ai fait 89 km. Ne me reste plus qu’à dépasser les 100 km et j’aurai fait aussi bien qu’aux 100 bornes de Royan en 2005. Je repars donc au bout d’une heure finalement.

Entre Arzon et Porh Neze, la chaleur s’est vraiment faite sentir. Il faisait très chaud et la marche ralentissait pour tout le monde. Je pense que c’est là que j’ai pris les coups de soleil et que le sac sur mes épaules est devenu plus lourd. J’ai donc décidé de le porter d’un coté ou de l’autre sur les épaules. D’ailleurs, je diminuais un peu la cadence car je savais à ce moment là que j’avais une large avance qui me permettrait de terminer tranquillement. Je ne pensais qu’à une chose : boire un maximum d’eau et recharger à chaque point d’eau et chaque ravitaillement. J’ai 4 flasques deux devant facilement accessibles. Elles contiennent du TA pour l’électrolyte et l’autre une poudre de boisson d’effort végan. J’en ais deux à l’intérieur du camelbak. Je ne me rappelle plus très bien le reste sur cette portion du parcours à part une chose : J’ai fait un détour d’environ 3 à 5 km et c’est grâce à un autre trailer que j’ai pu reprendre la bonne route. Dans ces conditions, pas facile de ne pas pester contre soi-même, mais je me suis repris et j’ai continué ma route avec cette personne là qui m’a sorti d’une embûche, je ne la remercierai jamais assez. Bon, oublions cette partie du parcours.

Entre le 135eme et le 156eme, un coureur me dit qu’il ne fera pas de pause au ravitaillement de Sarzeau parce que c’est infesté de moustiques. Je me dis que ça ne dois pas être si terrible que ça. Je m’arrête donc à Sarzeau où je retrouve à nouveau Jean-Christophe de l’équipe sportive végétarienne.

Le coureur prévenant avait raison, je n’aurais pas dû m’arrêter à cet endroit. Ce n’est pas sur le coup que j’ai senti les piqûres mais bien plus tard. Je vous mets une photo à l’appui. Et comme si cela ne suffisait pas, un jeune bénévole s’adresse à moi en m’indiquant que le balisage pour repartir n’est pas très clair. Je pose la question à un bénévole plus aguerri à qui je raconte ce que m’a dit le jeune. Il me donne une explication qui me paraît claire sur le moment. Je vois deux marcheurs qui partent et je les accompagne. Le problème, c’est que je les entraînerai dans l’erreur eux aussi. Nous tombons dans un cul de sac et rebroussons chemin et demandons un accompagnateur qui nous mette sur la voie. Nous n’avons rien cédé tant que nous n’avons pas pu reprendre la route balisée. Nous repartons enfin.

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Quelques kilomètres plus loin la pluie se met à tomber doucement. Nous sommes maintenant trois, un trailer de mon âge nous ayant rejoins. Au bout d’un moment, nous décidons d’avancer ensemble en laissant nos compagnons de route derrière nous. Et là, l’orage s’abat sur nous, nous distinguons parfaitement les éclairs dans le ciel. C’est proche. Mon partenaire s’inquiète, moi pas. Je finis par mettre mon coupe-vent tout en continuant à marcher. Nous avançons bien malgré les intempéries. Lui pense que ce serait mieux de se mettre à l’abri. Nous passons à coté de coureurs qui ont trouvé quelques arbres sous lesquels ils se sont réfugiés. Je m’y installe avec eux quelques minutes, mais n’écoutant que mon intuition et mon courage, je décide de poursuivre ma route malgré les éclairs et le tonnerre. En fait, j’aime ça. Maintenant, je peux vous le dire : à chaque fois avant d’aller courir, j’ai un petit rituel, une forme de prière et je m’adresse à mes guides, à la terre et à l’univers. C’est ce qui m’a aussi conduit à continuer. Je voulais aller au bout. Je marche seul comme dirait Goldman.

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Petit à petit, la fatigue commence à se faire sentir et je commence à avoir des hallucinations et entendre des murmures. Ce sont les images que forment les arbres, le bruissement des feuilles ou peut-être autre chose. Je ne fais qu’avancer pendant cette partie du parcours et je ne pense pas à boire. A force d’être trempé, je commence à avoir froid et je me rends compte que le bout de mes doigts est plissé. Heureusement, le prochain ravitaillement n’est qu’à quelques kilomètres de là, je n’ai qu’une hâte, y arriver. J’arriverai à Sene à 4 H 00 du matin. Dans ma tête, je me dis que je vais m’assoupir 20′ et que je vais pouvoir repartir. Tout de même prudent, je vais voir le médecin. C’est là qu’il constate en regardant mes doigts que je suis déshydraté. Ils me font allonger sur un lit de repos et m’expliquent qu’ils vont me faire une perfusion mais ne m’interdisent pas de repartir par la suite. J’ai froid aussi. J’ai de l’avance alors je peux me permettre de dormir une heure avant de repartir. Le problème, c’est que je n’ai pas de change et que mes affaires sont mouillées. Après une longue réflexion, je me suis dit que je ne pouvais pas repartir avec des affaires mouillées et la petite sieste d’une heure m’ayant complètement cassé, j’ai préféré abandonné à cet endroit. Étais-ce la bonne décision ?

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Qu’est-ce que j’ai retiré de cette expérience ? Que la discipline que je me suis imposé m’a permis de suivre la stratégie que je m’étais fixée, c’est à dire de partir le moins vite possible dans le créneau des barrières horaires et tenir jusqu’au bout. Mais cela n’était pas suffisant alors pour booster mon mental, je profitais de chaque instant présent, j’admirais la beauté générale des lieux, je faisais des

rencontres, parfois surprenantes, notamment une grenouille (un crapaud) qui a traversé en 3 bons devant nous (un coureur et moi-même) pour traverser le chemin. J’ai trouvé ce moment génial. Pour terminer, je sais que je suis capable de beaucoup plus que je n’imaginais, que j’ai un mental d’acier mais jusqu’où ? J’ai aussi aimé ce challenge qui m’a obligé à dépasser mes limites et à sortir de ma zone de confort. Malgré tout, la leçon que je dois en tiré, c’est que je dois travailler le peu de mental qui manque pour être finisher. Je dois aussi mieux organiser mon alimentation et ce que je mets dans le camelbak, notamment du change. Ce sera alors parfait. Je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour le grand raid ultra marin. Si vous voulez m’accompagner, vous êtes le, la ou les bienvenus. D’ici là, j’aurai participé à bien d’autres courses. AIO

Bon, je vous rassure, ça va beaucoup mieux et rendez-vous l’année prochaine pour le grand raid ultramarin du morbihan

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Challenge for Life

Yves VEGAN WARRIOR
LE DÉFI CARDIO VEGAN WARRIOR animé par le VG-COACH YVES DOUIEB samedi 30 juin à 16h lors de la VEGEFEST

Pendant tous le mois de juin, L’Institut du Sport de l’Alimentation Végétale – INSAVE nous appelle pour de nouvelles performances : CHALLENGE FOR LIFE, le défi pour la vie (voir l’event facebook)  

CHALLENGE FOR LIFE, l’idée est simple : lancez vous des défis personnels, défis sportifs, défis culturels, défis solidaires, défis les plus fous et les plus improbables, défis les plus courageux et les plus incroyables, défis les plus ludiques, les plus grandioses, les plus simples et les plus personnels, à vous de choisir ! Du premier 1er au 30 juin, soyez un.e des challengers pour la Vie.

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PARIS VEGAN FESTIVAL – 14h/15h – CAFE PHILO AIO animé par Sabrina Nicolaï (VEGAN MARATHON), sur le stand de l’Institut du Sport et de l’Alimentation Végétale (INSAVE), sur le thème « le véganisme pour les nuls ». (crédit photo Boris Wilensky)

L’Institut du sport et de l’Alimentation Végétale (INSAVE) organise CHALLENGE FOR LIFE, dans 18 pays différents, et propose pendant toute l’opération un programme avec des conférences (végétarisme, véganisme, sport), des événements sportifs, des rencontres (CAFÉ PHILO AIO MAGAZINE avec nos partenaires VEGAN PARIS FESTIVAL, INFO VEGANE et VEGEFEST), des actions de sensibilisation à la cause des animaux, et à la protection de l’environnement.

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Fêtes véganes d’Orléans. En partenariat avec Info Vegane animé par Etienne Bonenfant (VEGAN MARATHON) et Miriam Ben Jilani (INSTITUT DU SPORT ET DE L’ALIMENTATION VEGETALE) sur le thème : « Sport et végétalisme« 

Les teams VEGAN MARATHON (la plus grande équipe de runners et marcheurs véganes et végétariens) & VEGAN WARRIOR seront engagés dans de nombreuses compétitions (trails, courses sur route, triathlon, …). Nos warriors seront présents dans des compétitions sportives comme la nage, le vélo, le fitness, la musculation, les sports de glisses, le Crossfit, …. l’objectif étant de convaincre les sportifs de devenir végétariens ou véganes et les végétariens et véganes de devenir sportifs.

Les défis les plus spectaculaires seront publiés dans AIO MAGAZINE aiomagazine.fr

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CHUTE DE BOUILLASSE

Xavier ecotrail - VEGAN MARATHON 2

Samedi 17 mars 2018. C’est le grand jour. Comme aujourd’hui, je me réveille à 7 H 00. Comme je veux prendre le temps de m’apprêter et de prendre un léger petit déjeuner, je tergiverse un peu puis je commence à vérifier tout le matériel dont je vous ai déjà parlé. Je mets 3 couches vu l’annonce de la météo, pas très précise au final. Je décide de mettre mon pantalon de pluie et vous verrez plus tard que j’ai bien fait. C’est la surprise, Laurence me maquille avec mes peintures de paix amérindiennes. Je vérifie la logistique, le camelbak pour voir si j’ai tout le matériel obligatoire et le nécessaire. J’ai mis de la poudre végan dans une bouteille et chargé à 800 ml. Pas à vide, mais c’est supportable. Tout est en ordre, je pars, il est 09 h 30, je me dirige vers le RER.

TRANSPORT AGREABLE

Une fois arrivé à la gare de Fontenay sous bois, je vais prendre mon petit café habituel et fait naître un sourire sur la jeune personne qui me sert. Ça, c’est agréable. Une fois dans le RER, une dame sur le quai me dit « vous faites « l’écotrail », je dis « oui », elle me félicite puis nous partons chacun de notre coté. Ensuite, je suis assis face à une autre jeune femme qui engage la conversation et m’offre même un morceau de chocolat que je refuserai poliment. Pourquoi ? Je l’ignore encore. Peut-être mon véganisme intransigeant. Elle descend à Châtelet les Halles je crois et mon voyage se poursuit. Je descends à la défense pour récupérer la correspondance de la ligne SNCF « U ». Le staff de l’écotrail ne mentionnait que la ligne « N » qui part de Montparnasse, mais j’aurais dû faire un détour. Et là, je vois que je dois attendre 25 minutes pour la correspondance. J’appelle alors le PC Course pour savoir si je serai dans les temps pour prendre la navette ; C’est bon tout va bien et c’est à ce moment là que je vois d’autres coureurs avec qui j’engage la conversation. L’un l’a déjà fait une fois : Finisher et il accompagne son ami pour qui c’est son premier. Nous faisons le voyage ensemble et nous séparons au moment de rejoindre la navette. Elle met un peu de temps à arriver. Elle nous conduit sur la base de loisir de Saint-Quentin en Yvelines. Une fois sur place, une bonne ambiance. Je décide d’aller prendre le petit déjeuner offert.

SUR LES LIEUX DE L’AVENTURE

Avant le départ, je prends quelques selfies, je dois retrouver les lapins runners, mais en vain. Je me dis que je les verrai plus tard. le speaker parle, entre autre, de ceux qui ont fait les 10 premiers écotrail. (Marc Torre et l’un qui a le bras en écharpe, je n’ai pas retenu son nom, ni ceux des les autres champions). Quelques minutes avant nous, le départ de la joellette est donné. Il s’agit de l’association « Dunes d’espoir », je les admire car le terrain va engendrer quelques difficultés, à ce moment là, je n’imagine même pas ce que ça va être pour eux. Quelques instants après, notre départ est donné : c’est parti. Là ou je suis, ça part tranquillement et parfois ça ralentit ou s’arrête. Mais c’est roulant, alors ça n’a pas vraiment d’importance. J’applique la stratégie mise en place : J’ai les écouteurs sur les oreilles, avec ma playlist qui défile, mais pas trop fort pour pouvoir échanger. Je me tiens au plan : (2*11 km, je m’arrête pour boire, manger et recharger en eau. (3*11 km), je m’arrête au ravito en eau au 45eme, je ne sais pas ou j’en suis dans les barrières horaires, mais je sais intuitivement que ça le fait. Reste à gérer jusqu’au 56,85 pour passer la barrière fatidique : celle ou j’avais été arrêté en 2011. Le chemin de croix (je vous expliquerai pourquoi plus bas), mais j’arrive tout de même au 56ème, je me ravitaille sérieusement, mais je ne peux même plus enlever mes gants. Le bénévole super sympa m’aide et m’offre une bouteille presque vide de coca. Je lui demande ou j’en suis dans la barrière horaire, j’ai 40 minutes d’avance donc tout va bien mais pour atteindre ce point, j’ai beaucoup marché et pour éviter l’hypothermie, j’ai préféré abandonner. Qu’est-ce que vous m’auriez dit « Vas-y, ce serait dommage, il te reste 24 km…) et vous auriez eu raison, si et seulement si ma course ne se serait passé comme je vais vous le raconter.

Xavier ecotrail - VEGAN MARATHON

 

LA COURSE

Lors de ma course, chute dès le départ entre le 11eme et le 22eme, si je me rappelle bien. Résultat : partie externe du genou gauche écorchée et et hématome sur le pouce gauche, mais il m’en faut plus que ça pour arrêter. Il pleut, il neige, la température baisse au fur et à mesure, ce qui rend le terrain quasi impraticable et pourtant une bonne partie seront Finisher. Je ne sais pas comment ils font et du coup j’ai de plus en plus de respect pour les trailers. Revenons à notre course. Au départ, certains essaient d’éviter les flaques, mais à au fur et à mesure, c’est impossible. Il faut faire avec. Par certains endroits, on s’enfonce dans la boue ou dans l’eau jusqu’aux genoux, je n’exagère qu’à peine. Je refais une chute ou là, j’ai une crampe, et je sens une douleur aux cuisses et au pied. J’ai aussi des douleurs musculaires dans le dos et aux épaules. Mais je poursuis ma route en étant agacé par ce temps. J’ai beau avoir le mental, il faut le supporter. Mais je continue ma route jusqu’au 45eme. C’est entre le 45ème et le 56ème et je sens que cela commence vraiment à m’énerver. Une fois la nuit tombée, ma frontale n’éclaire pas très bien (Pourquoi ?). Je refais une chute et là une vrai crampe et je suis affalé dans la boue sans pouvoir me relever. Deux trailers me demandent si ça va, j’essaie de me relever mais la crampe est si forte que c’est impossible, je lui demande de pousser sur la pointe de mon pied vers moi pour la faire cesser, ce que j’avais essayé de faire auparavant mais sans succès. Quand ça veut pas, ça veut pas. Il a fallut s’ y prendre à plusieurs reprises mais nous y sommes arrivés. Comme nous n’étions pas loin du 56, ils avaient même pensé à me porter jusque là-bas. Je les remercie du fond du cœur. Enfoncé dans la bouillasse à 1,5 km du 56eme. Je ressens quelques douleurs musculaires aussi au niveau du dos. Je n’ai pas évoquer tous les moments ou j’ai du me raccrocher aux branches, prendre sur moi lorsque ça glissait. Je me disais aussi que j’allais être arrêté par la barrière horaire et que ce serait pas grave vu les circonstances. Eh bien non, ce qui donne déjà une certaine satisfaction. C’est là ou je me pose la question de continuer ou pas, mais il y a encore du dénivelé et j’ai couru le dernier kilomètre jusqu’au 56eme en 12 minutes, est-ce que je vais tenir le coup après tout cela ? J’ai des crampes, j’ai froid et comme je suis raisonnable, je décide d’abandonné. Je sais que les lapins runners Émir et Carole (que je n’ai pas croisé sur le parcours même si nous nous tenions au courant) disent que le corps s’adapte, mais pour ma part, abandonner peut-être une décision sage dans certaines circonstances. Cela permet aussi de se préserver pour les courses à venir. Chance, le bus va partir dans un instant. Je n’ai aucun regret vu dans l’état physique que je me suis retrouvé hier soir. Les crampes étaient encore présentes et je me suis retourné plusieurs fois dans le lit, mais vous pouvez constaté que ce matin , ça va à peu près. Juste deux bosses sur le genou gauche et le pousse gauche. Encore quelques douleurs musculaires. Régulièrement, j’ai pesté fréquemment sur ce temps de merde, car dans ces cas-là, c’est très physique. Et on a en marre de ne plus être sur ces appuis ce qui engendre des glissades plus ou moins dangereuses .

Xavier Chutes

FIN DE LA COURSE.

J’appelle Laurence pour qu’elle vienne me chercher sous la tente ou nous devons partager une assiette de pâtes, mais une charmante dame me dis d’aller me réchauffer dans le gymnase juste à côté ou il y a du chauffage, ce que je fais. Laurence me rejoint, elle a pris mon manteau d’hiver et d’autres gants, ceux de course sont dans un état….Je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer à la maison. Nous ne profitons même pas des pastas offertes. Nous nous rendons à la station de taxis et croisons quelques Finisher avec leur médaille. Pour eux, elle a son importance, mais je ne l’a trouve pas très belle. Elle est est marron et blanc, avec une branche d’arbre. Mais les goûts et les douleurs…Arrivés à la maison, je me déshabille dans le hall pour éviter de salir à l’intérieur, Laurence a fait le ménage. Je ne veux pas gâcher son travail. Je prends ensuite une douche bien chaude, met du silicium sur l’ensemble des jambes, mais les crampes sont toujours là. Je mange de bonnes pommes de terre grenaille préparées avec amour par mon épouse adorée. Nous partageons nos impressions, elle était inquiète du fait des intempéries et a été rassurée lorsque je lui ait dit que j’abandonnais. Nous parlons des prochaines courses et je dis que je ne fais plus de trail ou des distances plus courtes jusqu à 42 ou 50 km. Que je suis plus à l’aise sur la route et que maintenant il y a les deux marathons, celui de Paris avec la grande fête Végan (j’espère être remis, mais je suis optimiste et il fera beau et chaud, ça va me changer) et puis si tout va bien le marathon de Sénart peut-être avec une autre amie.
Voilà le bilan de cette course. Ce matin, je vois que j’ai reçu un SMS pour me demander si j’avais abandonné. J’avais oublié de les prévenir. Je l’ai fait à l’instant en présentant mes plus plates excuses.

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MATERIEL ET FUTUR.

D’abord, au niveau matériel, il va falloir que je me rachète une veste gore beaucoup plus chaude. Un nouveau pantalon de pluie (le mien est déchiré forcément, on va voir si on peut raccommoder, mais bon !!!) et un poncho de pluie, j’ai découvert que certains en avaient. Une nouvelle lampe frontale, avec plus de lumens, voire un phare comme Émir, des guêtres. Un masque comme celui de Phil. Liste non exhaustive mais il faudra que je fasse le point.

Dans un futur proche, bien sûr que je vais le courir le marathon de Paris, mais après une semaine voire plus, de semaines de repos et que les bosses ne soient plus qu’un mauvais souvenir. Sans objectif chronométrique, ce qui me permettra de courir avec quelques-un de la team. J’avais décidé de ne plus faire l’écotrail, mais ce matin (la nuit porte conseil), j’en ai décidé autrement. On dit que la troisième est la bonne. Mais si et seulement si le temps me conviendra. D’où l’intérêt de prendre l’assurance annulation. Pour la stratégie, on en reparlera à ce moment là. Je suis inscrit à l’ultra marin (177 km), j’espère que le beau temps sera au rendez-vous, sinon je prendrai la décision de ne pas prendre le départ. Enfin, le 25 mai, je ferai le trail de l’orangerie de Bonnelles avec chtivegantrailer et ça c’est plutôt sympathique, hâte de te retrouver mon ami. Malgré l’abandon voulu, je sais que j’ai un mental, mais je déteste courir dans ces conditions, alors rendez-vous au marathon de Paris. AIO

PS : Enfin, pour les photos prises par professionnels,il faudra attendre mardi matin. En attendant, je suis en vacances pour une semaine, je vais me reposer, reconstituer mes muscles et soigner mon genou, tout est une question de temps, mais je pense que dans 3 semaines, je serai prêt.

2011 : arrivé au 57,7 en 9 H 02’47 » »: arrêté par la barrière horaire
2018 : arrivé au 57,7 en 08 H 23’47 » : abandon avec environ 40′ d’avance sur la barrière horaire.

Xavier Cornet

Saintélyon, c’est quand la prochaine ? 

25285943_10213161087875992_1555678138_oDéjà  une semaine que c’est fini, mes courbatures sont parties depuis quelques jours et arrive déjà la nostalgie de la course ! Voici mon récit de cette première expérience de la Saintélyon, 72km en solo mais pas vraiment toute seule 😉

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Tout commence par l’arrivée à Lyon le vendredi avant la course, un passage éclair à la Halle Tony Garnier pour aller chercher mon dossard : le numéro 837 m’est attribué, je suis parmi les premières à me présenter sur une course avec plus de 6000 partants sur cette distance. Puis direction Saint-Etienne pour me reposer une journée avant la course, la pression monte mais je gère ! A Saint-Etienne, il fait un froid de canard, il y a de la neige dans les rues, je commence à me demander si je suis assez équipée contre le froid. Les prévisions météo annoncent des températures négatives pour la nuit de la course, mais pas de précipitations, je croise les doigts pour que ça dure et je reste au chaud en attendant le lendemain.

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Samedi soir, vers 21h, je me mets en marche vers le Parc des Expos de Saint-Etienne. J’ai 2km à parcourir à pied pour y arriver, j’ai bien repéré le chemin, je réussis à ne pas me perdre, premier défi relevé ! Arrivée à l’entrée du Parc, il y a une file d’attente avec fouille des sacs et palpations au corps par mesure de sécurité. Une file est donc réservée aux femmes. Les hommes eux, ont 3 files différentes et passent rapidement alors que nous, les filles, nous sautillons sur place pour ne pas avoir froid car nous devons patienter un peu plus longtemps. Mais pas le choix, alors on prend son mal en patience en sautillant ! Seulement environ 600 femmes se lancent cette année au départ du 72km, soit environ 1/10ème des participants !

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2 grands halls d’attente sont réservés aux coureurs avant la course, je retrouve mon premier coéquipier dans le Hall A, qui est heureux de me voir arriver après quelques heures d’attente en solo et nous partons retrouver le reste de la team Végé dans le Hall B ! Certains coureurs sont là depuis longtemps et ont prévu tapis de sol, duvets, un vrai camping intérieur ! Un speaker nous donne des informations sur la course « températures très froides », « neige »,  « verglas », à vrai dire, il nous fait un peu  peur… On commence alors à se préparer pour la course. Enfilage de couches de vêtements, le dossard, préparation du sac de course, derniers tests de la lampe frontale, quelques photos de l’équipe, un dernier tour aux toilettes et c’est parti il est déjà plus de 23h et c’est le moment de se mettre en route vers la ligne de départ ! On voit l’arche au loin, mais avec tous ces coureurs devant nous, on est pas encore prêts à démarrer. La première vague de départ se fait à 23h30, nous attendrons la 6ème et dernière vague pour partir à 0h20. Etonnamment, il ne faisait pas froid, avec tout le monde autour, la chaleur humaine et l’adrénaline nous ont aidés à conserver notre température !

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Les premiers kilomètres se passent bien, on a presque tous beaucoup trop chaud, mais hors de question que je me découvre dès le début. Plutôt avoir trop chaud que trop froid et je sais que ça ne va pas durer ! Nous sommes en zone urbaine sur route sur presque 5 kilomètres, le trail n’a pas encore vraiment commencé, l’allure est rapide, mais on essaye de rester lucide, ce n’est pas représentatif de la course. Puis tout d’un coup, une bifurcation dans un chemin à gauche, ça y est la Santélyon commence ! La largeur du chemin se rétrécit, on ne va pas très vite, car les montées et descentes commencent et avec la neige, le verglas et aussi la foule du départ qui ne s’est pas encore dispersée on est un peu bloqués parfois. On perd notre premier membre de l’équipe, pour qui nous n’allions décidément pas assez vite et qui décide de partir en solo. De notre côté, on décide de rester ensemble le plus possible et on s’appelle régulièrement en courant pour vérifier qu’on est tous bien là et attendre les derniers, un bel esprit d’équipe ! On finit par chausser nos crampons (acheté 2 jours avant le départ au vu des températures négatives prévues) et on ne regrette pas de les avoir ! Nous volons littéralement sur le verglas et au vu des personnes que nous doublons et qui manquent de tomber à chaque pas on est heureux! Cette joie est de courte durée, car tout n’est pas parfait, je perds un crampon suite à une glissade dans la neige, je continue sur plusieurs kilomètres par la suite en prenant appui sur mon pied droit qui a gardé son crampon et je vérifie toutes les minutes que je ne perds pas le second ! Mais la chance est toujours de mon côté car quelques kilomètres plus loin, je trouve un crampon perdu par une autre personne sur le chemin. Ok, il est 12 fois trop grand pour moi, mais avec un peu de bidouillage, il fait très bien l’affaire et me permet de repartir sereine sur le verglas ! Les deux premiers ravitaillements passent à une vitesse folle, avant même eu le temps d’avoir dit « ouf », nous avons déjà parcouru plus d’une vingtaine de kilomètres ! Je me sens fraîche, en forme, je n’ai pas froid (sauf aux mains quand on s’arrête aux ravitos, mais dès qu’on est repartis la chaleur revient doucement), la vue du long serpent de lumière qui s’étend dans les collines en contrebas est juste magique, bref, je profite du moment ! On passe pas mal de temps sur les ravitaillements, le temps que tout le monde puisse passer aux toilettes, recharger en eau et en victuailles et on repart à chaque fois ensemble et motivés ! On passe le panneau « Arrivée Lyon 50km » et on rigole « 50km c’est rien, à peine plus d’un marathon ! ». Un membre de la team commence à faiblir un petit peu, on l’attend à plusieurs reprises et il nous dit au final de ne pas l’attendre, il ne se sent pas bien et ne veut pas nous ralentir. Nous partons donc sans lui, en espérant qu’il arrivera quand même au bout… Nous sommes donc maintenant 4 sur les 6 du départ. Ça me fait penser un peu à un film d’horreur, avec tous les protagonistes qui se séparent jusqu’à ce que le personnage principal se retrouve seul face au monstre. On en rigole et on continue notre chemin. A certains passages nous sommes à l’abri du vent sous les arbres mais parfois on est totalement à découvert et là, le vent du nord nous arrache de petits cris de surprise. Alors on remonte le buff sur le nez, on se met en mode Ninja et c’est reparti ! A ce moment-là de la course, on marche uniquement dans les montées et les descentes qui sont trop raides, le reste du temps on essaye de tracer en courant sur le plat autant que possible. Jusqu’ici tout va bien…

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Après le 3ème ravitaillement, à peu près 42km après le départ (ça y est je suis en roue libre, je n’ai jamais couru plus que cette distance !), le jour se lève enfin ! On arrive au ravito de nuit et on repart de jour ! C’est parti pour une nouvelle expérience de course ! A partir d’ici, on sait que l’on a fait le plus dur et termes de dénivelé, mais le plus difficile s’annonce pourtant car c’est ici que la fatigue musculaire commence vraiment à se faire sentir. Un des membres de la team commence à avoir une douleur à la hanche qui l’empêche de plier la jambe correctement, mais il fait avec et continue.

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Arrivé au ravitaillement du 51ème km, on commence vraiment à tous souffrir. Les jambes sont lourdes, les genoux fatigués, les muscles tendus en permanence.  Mais cela n’entame pas notre bonne humeur, car on a jamais été aussi prêts du but ! En plus, on se fait doubler par notre membre de l’équipe que l’on croyait avoir abandonné dans le dur, il s’est bien remis et on repart avec lui de plus belle ! Enfin, il ne faut pas exagérer, on en est quand même à un moment de la course, où on va trottiner uniquement sur du plat et le reste on va le faire en marchant, ça y est les jambes flanchent…

On arrive au ravito du 62ème kilomètres, plus que 10, c’est rien du tout ! On perd un autre membre de l’équipe qui avec sa douleur à la hanche n’en peut plus et décide d’abandonner… il connait le parcours et ne se voit pas finir la course dans cet état. On essaye de le convaincre, mais sa décision est prise, il va prendre le bus pour retourner à Lyon. De retour à nouveau à 4, on repart un peu tristes. Et à partir de maintenant, on ne va quasiment plus faire que marcher. Les jambes sont définitivement H.S ! On croise le panneau « Arrivée Lyon 5km ». Enfin, c’est pas trop tôt, on l’attendait celui-là ! Mais notre joie est de courte durée, on a encore 2 grosses côtes à monter avant l’arrivée. La dernière est vraiment la plus terrible, interminable, on utilise nos derniers souffles pour la maudire ! Puis l’arrivée à Lyon, mais le périple n’est pas encore fini ! Le parcours nous fait faire un détour sur les quais et l’on peste de plus belle alors qu’on a bien en vue le musée des Confluences qui annonce la fin du parcours pourtant si proche… Le pont traversé, ce n’est plus qu’une question de minutes. Certains membres de l’équipe veulent courir pour la fin, moi je ne veux pas, j’ai l’impression d’utiliser bien trop d’énergie pour courir à une vitesse qui s’approche bien trop de la marche. On va faire tout de même quelques foulées pour les photographes qui nous attendent devant la Halle Tony Garnier : « pour la gloire ! » et puis nous passons cette foutue ligne d’arrivée main dans la main et avec même quelques foulées de course ! Cela fait 13h41 que nous sommes partis de Saint-Etienne, nous sommes Finishers de la Saintélyon 2017 ! Le speaker qui annonçait avant la course qu’il ferait la bise à tous ceux et celles qui terminaient la distance pour la première fois est là et il tient sa promesse, tous les nouveaux, dont moi, on a le droit à un bisou !

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On récupère notre t-shirt de finisher (celui-ci je vais le chérir jusqu’à la fin de mes jours) et on retrouve notre coéquipier qui nous avait devancé au tout début de la course ! Il nous attend depuis 2h car il a fini la course en 10h40, le grand malade ! Puis direction la douche, ultime épreuve de la course… une tente à l’extérieur, il faut se déshabiller dans le froid, je découvre que j’ai la plus grosse ampoule de ma vie sur un orteil, je ne sais même pas comment j’ai fait pour ne pas la sentir jusque-là… L’eau est chaude et fait vraiment du bien, mais le séchage et le rhabillage dans le froid sont un dernier supplice avant de rejoindre l’équipe pour le ravitaillement post course ! Nous aurons droit après quelques vérifications de vigueur à du pain, des nouilles instantanées, des légumes , du bouillon, des clémentines et une bière, le tout vegan (on a dit non merci gentiment à la charcuterie et au fromage) ! Ce n’était pas le meilleur repas de ma vie, mais il avait le mérite d’exister et il a fait du bien par où il passait. Une dernière photo tous ensemble (ou presque car il nous manque quand même un coéquipier qui est rentré directement à son hôtel  avec le bus) et on monte dans le tram qui nous emmènera soit à la gare, soit pour ma part chez une amie qui m’héberge pour quelques jours à Lyon après la course. En arrivant, je reprends une douche car je n’avais pas eu le courage de me laver les cheveux à la halle Tony Garnier, ensuite il est 17h et la fatigue d’une nuit blanche à courir dans le froid et la neige commence à se faire sentir. Je me pose dans mon lit et c’est parti pour une bonne nuit de sommeil à rêver de nos exploits du jour…

Les bénévoles tout au long du parcours, bravant le froid autour de braseros pour encourager tous les coureurs et s’égosillant sur notre passage, les habitants qui proposaient des ravitos officieux en face de chez eux pour aider les coureurs, le coureur déguisé en tortue qui courait pour la bonne cause et que l’on a croisé à plusieurs reprises sur le parcours, le thé chaud et sucré des ravitaillement, l’eau salée que l’on a bue dans nos camelbaks pour ne pas qu’elle gèle (et qui a gelé quand même pour certains), les pâtes de fruits englouties à la chaîne, les toilettes des ravitaillements pas toujours très propres, les sensations de déjà-vu sur le parcours (ce virage ou ce sapin me dit quelque chose), le silence et la concentration au départ et sur certaines portions de la course, les discussions et les rires aux autres moment, la convivialité tout au long du parcours, l’entraide quand un coureur ou une coureuse chute,  … autant de petites choses (et je suis sûre que j’en oublie beaucoup d’autres) qui ont fait de cette expérience, une magnifique aventure ! La question que je me pose maintenant : C’est quand la prochaine ? 😉

CLAIRE, VG-COCH VEGAN MARATHON