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C’était vraiment des sauvages !

Tout peut arriver quand on commence à se poser des questions sur la nature de ce que l’on vit, de ce qu’il se passe sous notre nez et … de ce qu’on nous donne à manger. Le premier jour, on regarde le contenu de son assiette et on se questionne sur ce qu’il s’est passé en amont pour que ce morceau de viande arrive sous nos yeux.  L’être vivant, sensible, qui a été tué pour nous nourrir contre son gré, qui a donné sa vie pour satisfaire un besoin qui n’est pas vital pour nous mais que tout un système nous encourage à penser comme tel. Quel citoyen actuellement serait capable actuellement de tuer un boeuf et de le découper pour s’en nourrir ? Un frisson d’horreur parcours notre esprit à imaginer le détail de l’opération …. Un poulet peut-être serait plus facile ? Pas évident non plus …. Un poisson alors ? Déjà plus simple, sauf si, comme le disait Jean d’Ormesson on se rend compte qu’ « après avoir été sorti de l’eau le poisson de frétille pas de joie ».  Remonter le fil de l’histoire des choses qui se présentent à nous sous couvert de bonne santé et de plaisir (mais aussi de tradition) est une réflexion non seulement intéressante mais salutaire pour notre éthique, notre santé et celle de l’écosystème dont nous faisons partie.  Pour notre santé d’abord, soyons sainement égocentrique : on ne compte plus les études scientifiques qui prouvent que consommer la chair d’autres êtes sensibles ( en bref de la viande) n’apporte rien d’essentiel à notre corps et que même la fameuse vitamine B12 a été donnée à consommer par les vaches qui partent à l’abattoir afin de se retrouver dans le produit vendu sous barquette plastique agrémentée souvent d’un dessin obscène de vache souriante dans un pré coloré, bref je m’égare … Mais le fait est que notre corps n’a pas un besoin vital de ces protéines animales. Consommer de la viande apporte surtout beaucoup de toxines que nous avons du mal à éliminer et qui causent diabètes, accidents vasculaires et autres soucis. Des protéines certes il nous en faut, mais pas autant que l’on nous le fait croire et il y a des très bonnes protéines végétales qui nous tendent les bras !   Et qui ne font souffrir personne.   Et qui ne menacent pas l’écosystème.  Et qui permettraient de nourrir largement toute la population actuelle et encore d’avantage.  Examinons le cas attentivement : Un milliard d’êtres humains sur Terre meurent de faim, tandis qu’un autre milliard est en surpoids ….

Résultat de recherche d'images pour "vegan evolution"Quelque chose cloche !  Quand on considère le fait qu’un boeuf permet de nourrir 1500 personnes de sa chair alors que les céréales qu’il a consommé pourraient en nourrir 18000 ça fait réfléchir !  Chaque année, 760 millions de tonnes de céréales sont utilisées pour nourrir le bétail, cette quantité pourrait nourrir les humains qui sont en manque de nourriture 14 fois ….  Trois quart des terres agricoles mondiales sont consacrées au bétail : que ce soit pour l’élevage ou pour les céréales qui nourrissent le bétail, ce qui engendre pollution des sols, gaz à effet de serre, et destruction des forêts.  La situation actuelle de consommation de viande animale est moralement difficilement défendable : Songez que 1900 animaux terrestres sont tués chaque seconde dans le monde, si on y ajoute la pêche avec ses 1000 milliards de poissons par an ça donne le vertige …   Personnellement je refuse de vivre sur un bain de sang et je pense comme Kundera que :  « Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. »     … Le premier jour, on regarde le contenu de son assiette et on se questionne sur ce qu’il s’est passé en amont pour que ce morceau de viande arrive sous nos yeux. Et quand nos yeux se sont ouverts, on devient un véritable être humain : responsable et utile, on agit avec compassion et intelligence.    Cette situation actuelle est difficilement tenable pour toute la planète qui s’épuise … Les végans et végétariens sont tout simplement en avance sur leur temps : D’ici un siècle les humains sur Terre seront tous végans et ils considéreront avec horreur les agissements culinaires de leurs ancêtres, ils diront en regardant les quelques vaches et cochons redevenus sauvages dans les campagnes : « Dire qu’autrefois les ancêtres massacraient en masse et mangeait les animaux ! C’était vraiment des sauvages ! »

Caroline Mezin

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L’EXCELLENCE DU PREMIER CAFE PHILO VEGAN MARATHON MAGAZINE (en live)

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Une réussite pour ce premier CAFE PHILO VEGAN MARATHON MAGAZINE à Lyon ce samedi 17 mars qui, vu son succès, ne sera pas le dernier. Un public nombreux et intéressé, un débat de qualité avec une participation active du public sur le thème des droits des animaux puis des stratégies pour promouvoir leur respect et le veganisme . Un grand merci à Céline Joseph Lee et toute sa dynamique équipe de l’AVF et Cha Yurt & Co qui nous a régalés d’une délicieuse assiette VEGAN ! Un grand merci également à Régis et Jacqueline qui ont assuré le service du bar de 16h à 1h du matin avec un enthousiasme et une bonne humeur extraordinaire ! Merci à tous les bénévoles qui nous ont aidés à animer la soirée : Marie, Sylvie Roberjot, et Inès. Merci aux amis nombreux qui ont répondu à l’invitation. Merci aux représentants des différentes associations qui sont venus présenter leurs actions et en particulier Jacqueline Pèlerins, qui en plus de s’occuper du service est intervenue au micro pour évoquer les actions de Dignité Animale notamment contre la fourrure. Merci à Leo d’avoir quant à lui présenté l’action des Anonymous de Lyon et à Malena Torres pour son intervention sur le christianisme . Enfin, the last but not the least, Un remerciement tout particulier au philosophe Patrick Llored qui est venu présenter son dernier ouvrage Cruelty free et m’a brillamment assistée pour animer le débat. Une soirée marathon de 17h à 1h du matin qui a permis de présenter VEGAN marathon mais qui a aussi permis de parler de toutes ces associations dont bien-sur Éducation Éthique Animale et qui a permis de nouer de nombreux contacts, d’échanger dans une grande tolérance et ouverture d’esprit et de réfléchir ensemble sur ce mode de vie éthique que nous avons choisi. J’espère que les nombreux participants et spectateurs auront apprécié cette soirée animée. Ils auront pu repartir avec de nombreux documents mis à leur disposition : tracts des diverses associations, bibliographie, pistes de réflexion, et exemplaires gratuits de ma revue La Fille de l’homme Libre, extraits de mon cours sur les animaux ou résumé de ma conférence En finir avec l’anthropocentrisme. De quoi, je l’espère, poursuivre leur réflexion sur le sujet. Un grand merci donc au Café De l’Autre Côté du pont qui nous accueillis avec beaucoup de chaleur et de compétence.

Gisèle Souchon

Le cercle du savoir, et du plaisir

 

L’eau virtuelle et la part du lion

AIO est un lion végane et il a entendu parler de l’eau virtuelle, mais sans en connaître précisément le concept. Ses amis du CLAN VEGAN MARATHON lui ont fait un dessin, et lui ont expliqué ce qu’est l’eau virtuelle.

L’eau virtuelle est l’ensemble des consommations d’eau nécessaire à une production, agricole ou industrielle, ou à un service. En d’autres termes, cela correspond à la quantité totale d’eau nécessaire pour produire quelque chose. On parle d’eau virtuelle car l’eau consommée ne se retrouve généralement pas dans les produits finis. Par analogie, on peut considérer que c’est l’équivalent hydrique de l’énergie grise (1) .

Cette eau virtuelle est puisée dans l’environnement immédiat (pluie, nappe phréatique, etc.) et dans les apports artificiels comme l’irrigation ou les canalisations d’eau. Plus les ressources en eau de l’environnement sont faibles et plus les apports artificiels peuvent être importants, en fonction du mode de production. Le concept d’eau virtuelle est utilisé pour évaluer l’empreinte environnementale d’un produit, d’un service, des échanges commerciaux entre pays ou d’un mode de vie. La production de viande, d’œufs et de fromages nécessite des quantités d’eau plus importantes que celle de céréales et de légumineuses.

VEGAN MARATHON AIO eauLa Terre a un stock d’eau limité, une ressource qui est indispensable à la production de nourriture. La FAO (organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que la croissance des besoins en eau de l’agriculture d’ici 2050 est globalement soutenable (FAO, 2015), avec cependant une quinzaine de précisions, dont celles-ci : – Certaines régions du globe risquent d’être confrontées à des sécheresses et pénuries d’eau. – L’agriculture est et sera le secteur d’activité le plus gourmand en eau, elle doit donc maximiser son efficacité.

– Le réchauffement climatique va nécessiter des adaptations techniques pour limiter ces besoins croissants en eau. En élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 15,415 litres d’eau, bien plus que pour le cochon (5,998 litres) et le poulet (4325 litres). C’est bien entendu plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz, le blé ou le maïs.  Globalement, la consommation en eau a plus que doublé par rapport au taux de croissance de la population durant la plus grande partie du siècle dernier et un nombre croissant de régions atteignent la limite en ce qui concerne la délivrance de services en eau fiables. Aujourd’hui, l’agriculture utilise 70% de tous les prélèvements d’eau douce dans le monde et jusqu’à 95% dans plusieurs pays en développement. En 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou régions à forte pénurie d’eau et les deux tiers de la population mondiale pourraient connaître des conditions de « stress hydrique ». Une étude parue en 2013 note que « l’empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23% à 38% en diminuant ou supprimant la part de la viande dans les repas.

Sur ce dernier point AIO n’a aucune inquiétude à se faire, il connait maintenant l’eau virtuelle et la part du lion pour lui ce serait plutôt un plat de lasagnes végétales, ce n’est pas parfait mais qui l’est ?

(1) Le concept d’énergie grise correspond à la somme de l’énergie dépensée de la phase de conception d’un produit à son recyclage, ou à sa destruction. La commercialisation ou les activités de service, l’usage du produit ou sa mise en œuvre font partie des critères retenus. Le résultat chiffré permet de choisir, en connaissance de cause, le matériau le plus respectueux de l’environnement dans chaque secteur. 

Texte Patricia Ettori / dessin Caroline Mezin

El respeto por la vida es un deber – Le respect de la vie est un devoir

253186_10151189782731281_265561449_nNe pas participer à l’exploitation des animaux et faire de l’exercice est non seulement possible, mais c’est  même notre devoir.

J’ai décidé d’arrêter de consommer des animaux en 1988. La motivation principale était d’ordre morale et par empathie envers les autres êtres vivants. Quand j’étais petite il m’était impossible de voir le cadavre d’un animal comme un aliment, quelque chose en moi me disais que je ne devais pas soutenir cette activité meurtrière. Bien que nous ne voyions pas ces animaux enfermés, nous savons qu’ils ont des émotions et qu’ils souffrent. Nous savons que, par nos actes, nous pouvons encourager ou pas leur exploitation. Il n’existe donc pas de position intermédiaire. Choisir de ne pas manger d’animaux est un acte politique.  Toutes les vies ont de la valeur et la seule chose que nous pouvons faire c’est de les respecter, ou comme dit le dicton « vit et laisse vivre ». Il est de notre devoir et de notre responsabilité de promouvoir un mode de vie sain et plein d’amour. Notre passage sur terre est de courte durée, nous devons donc choisir de faire le moins de mal possible, en recherchant l’harmonie collective.

Heureusement la nature est pleine de sagesse, le temps a passé et je ne suis pas tombée malade, bien au contraire. Je me sentais en meilleure santé, avec plus d’énergie, de vitalité, de joie et de sensibilité envers le vivant. J’ai développé une plus grande intuition et un plus grand intérêt pour la vie, la permaculture et la santé. Aussi, j’ai commencé à faire différents sports : volley, basket, softball, paddle, triathlon, roller, et j’ai même formé un groupe universitaire de football féminin dans la province de San Juan (Argentine). Puis, ce processus m’a conduit à m’interroger sur la santé et d’autres thèmes comme la politique et l’écologie. J’ai toujours été très critique et anticonformiste face aux incohérences de notre mode de vie sur cette planète. Anticonformiste mais tout de même optimiste, utopique et très enthousiaste pour aider à progresser et faire « ma part ».

Il est essentiel d’être critique envers notre manière de vivre sur cette planète pour générer et co-créer collectivement la culture que nous implorons. Pour ma part, j’ai grandi en Argentine, pays qu’on a l’habitude de lamentablement surnommer « le pays de la viande », bien que ce soit plutôt un pays exportateur et qu’un pourcentage important soit envoyé vers d’autres pays.  Par chance, nous sommes toujours plus nombreux à devenir végétariens/vegan. Cela modifie peu à peu la « culture carniste » de notre pays.

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Quant à l’alimentation, j’ai beaucoup appris en cessant de manger des animaux, parce que cela m’a conduit à me questionner et à investiguer sur ce que j’ingère et sur la santé en général. J’ai pris des cours, assisté à des congrès et j’ai lu des livres de nutrition. Je me suis également intéressée à l’hygiénisme et à la naturopathie. Actuellement, mon régime alimentaire est majoritairement à base de fruits et d’aliments biologiques. Je choisis ces aliments car ils contiennent des enzymes, m’apportent de la vitalité (voir le livre 80/10/10 du Dr Graham) et n’ont pas d’impact négatif notable sur l’environnement. J’essaie de choisir des aliments qui apportent des nutriments plutôt qu’une nourriture mauvaise pour le corps, l’esprit et l’environnement. Actuellement j’inclus, en plus des fruits et des légumes variés, d’autres aliments comme le gingembre, les graines de lin, de sésame, les noix, les amandes, les cacahuètes, le quinoa, les graines de chia, la spiruline, les lentilles, les feuilles vertes, le curcuma, le kéfir, les produits germés, entre autres choses, pour avoir les nutriments de base. J’utilise également du pissenlit, de la menthe,  du boldo, du tilleul, du cèdre, du chardon-marie, des clous de girofle, de la camomille, pour faire des tisanes.

Quant au sport, j’ai commencé très jeune à courir des marathons et je le fais toujours. Chaque fois que j’avais besoin de m’éclaircir les idées, je sortais courir. Ça s’est transformé en une sorte de méditation et de reprise du contrôle. Cela me permettait de me canaliser, de faire le vide et de me reconnecter avec moi-même et par la même occasion avec les autres.

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Pour l’instant, mes principales activités sont courir, nager, faire du yoga, danser et faire du vélo, pour la liberté et la légèreté qu’elles me procurent. En ce moment, je m’entraine avec le groupe de ma faculté « Groupe de coureurs UNL » et je collabore avec le groupe « Marathoniens de Santa Fe » dans la province de Santa Fe (Argentine). Avec ces derniers, nous organisons des marathons dans la ville. Je le fais comme une façon de promouvoir le sport. J’aime voir des gens courir, envahir ensemble les rues, cela m’emplie de joie.

Je fais souvent du sort, et malgré plusieurs pauses, j’ai rapidement retrouvé mon niveau après chaque reprise. Etre vegan, m’a donné l’énergie et la motivation de faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie.

Je ne conçois pas le sport comme une compétition avec les autres, mais comme un processus de prise de conscience personnel. C’est plus une compétition avec soi-même, sur un parcours partagé. Cela se transforme en voyage pour découvrir son corps, ses capacités, prendre conscience de la respiration, de la circulation sanguine, de nos pensées, « faire le vide ». C’est également l’opportunité de rencontrer des gens, des lieux, que ce soient des villes, des villages, de courir dans la rue, sur la plage et en montagne, que ce soient des marathons matinaux ou nocturnes, à la pleine lune, …

Il s’agit d’une activité collective mais chacun est indépendant et libre. On partage une activité saine, ce qui est, à mon avis, absolument nécessaire, en raison de la grande propension de la société à consommer des drogues, de l’alcool, des médicaments, ou à la violence, aux suicides, etc… Je crois vraiment que nous devons promouvoir des activités ayant un rapport aux autres et à soi. Prendre les rênes et laisser de côté les intérêts mercantiles, qui souvent s’emploient à nous influencer, pour que nous n’ayons plus de pouvoir sur nous-mêmes. Nous pouvons choisir : choisissons la vie.

Si pour ma part je fais du sport comme un hobby, il existe plusieurs sportifs célèbres, comme Scott Jurek et Fiona Oakes, Carl Lewis, Ruth Heidrich, Brendan Brazier, Patrik Babouniam, Cornelia Ritzke, Frank Medrano, Robert Cheeke, Bart Yasso, entre autres, qui sont vegan et sportifs de haut niveau, apportant la preuve qu’il est possible d’avoir ce régime alimentaire et obtenir tous les nutriments et l’énergie nécessaires. Il existe aussi de nombreux vegan qui font du sport et n’apparaissent pas dans les médias.

En plus des sportifs, il existe et ont existé, de nombreuses références comme Einstein, Gandhi, Léon Tolstoi, Henry Thoreau, J. Krishnamurti, etc…, ou des artistes comme Moby, Paul McCartney, Morrisey, Nicolas Cabré, Drew Barrymore, Natalie Portman, Brad Pitt, Natalia Docco, entre autres qui sont végétariens/vegan. Ce sont toutes des personnes influentes qui promeuvent l’amour, le pacifisme, qui, tout en tant conscientes de notre société ont cessé de participer à l’exploitation des animaux.

Cette année j’ai eu la possibilité de devenir l’Ambassadrice de « Vegan Marathon » en Argentine, une association de marathoniens végane qui courent pour défendre la cause animale. Face à de nombreux mythes prétendant qu’il est nécessaire de consommer des animaux pour faire du sport, ce groupe démystifie, montrant que oui, c’est possible. En plus de courir pour défendre la cause animale et le respect de la vie, ce groupe prend également en compte l’aspect écologique.

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Je suis diplômée en promotion socioculturelle et en plus je suis sur le point d’obtenir le titre d’ingénieure environnementale, raison pour laquelle je ne peux pas oublier de mentionner que l’abattage des animaux, en plus d’être une activité cruelle qui encourage la violence, est également une des plus polluantes pour la planète. Elle contamine les sols, l’eau et l’air, encore plus avec les « Feed lots ». La consommation de viande est l’une des principales contributrices au réchauffement climatique, comme le démontre l’étude de la FAO (Food and Agriculture Organization), intitulée « La grande ombre du bétail »

Je considère qu’il est faisable et prioritaire que nous réalisions et encouragions les activités qui prennent en compte la vie et l’environnement. Ce sera seulement possible si nous le voulons vraiment et agissons en conséquence. J’invite les personnes qui doutent à s’approcher, à consulter, interroger, s’informer et à expérimenter. Surtout qu’ils fassent des recherches, fassent le vide et écoutent leur corps. Nous avons tous en nous de l’empathie et si nous faisons le vide, nous parviendrons assurément à rencontrer cette part de nous-mêmes qui est connectée à la vie. A partir de là, ce ne sera plus une décision à prendre, car nous verrons instantanément une nouvelle réalité et le désir de prendre soin de nous, comme des autres, prendra le dessus ; le désir de manger des animaux disparaîtra.

 Résultat de recherche d'images pour "drapeau argentin"texte Silvana Palavecino / traduction Karine Estelle

No participar de la explotación de los seres animales y hacer ejercicio no sólo es posible, sino que es nuestra responsabilidad.  La salud y el respeto por la vida es un deber. No comer animales es un acto político.

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Si estamos sanos podemos tomar decisiones, actuar con coherencia, lucidez y amor. Hacer ejercicio permite que oxigenemos nuestras células y que nos mantengamos activos. Por su parte, no consumir animales no pasa por una cuestión meramente alimenticia, sino que deviene de un respeto al otro ser que, como nosotros, quiere y merece vivir.

Decidí dejar de consumir animales en el año 1988. Su motivo básicamente fue moral y por empatía hacia otros seres. De pequeña me era imposible ver un cadáver de animal como algo a ingerir, algo en mi me decía que no debía sostener esa actividad de muerte. Aunque no veamos a los animales, sabemos que sienten y sufren. Sabemos que con nuestros actos apoyamos o no la actividad de explotación animal. En este sentido, no existe una posición intermedia. Elegir no comer animales es un acto político. Así, la idea de consumir un cadáver desapareció de mis hábitos. En aquél momento, a mi alrededor decían que iba a enfermar, producto de “mitos societarios” que lamentablemente aún en algunos lugares siguen vigentes. Decidí que, a pesar de las críticas, no podía mantener mi vida a costa de la vida de los demás. Cada vida es valiosa, y lo único que podemos hacer es respetarlas, o bien como dice el famoso refrán “vive y deja vivir”. Es nuestro deber y responsabilidad fomentar y promover una cultura sana y amorosa. Nuestro paso por el planeta es corto, por lo que deberíamos elegir hacer el menor daño posible, buscando la armonía colectiva.

Afortunadamente y gracias a que la vida es sabia, con el pasar del tiempo, no enfermé, sino que ocurrió todo lo contrario. Me sentía más sana, con más energía, vitalidad, alegría y con una sensibilidad mayor hacia lo vivo. Se despertó una mayor intuición y un mayor interés por la vida, la permacultura y la salud. Así también, comencé a hacer deportes: vóley, básquet, softball, paddle, triatlón, rollers y hasta formé el primer grupo universitario de fútbol femenino en la provincia de San Juan (Argentina). A su vez, este proceso me condujo a cuestionarme sobre la salud y otros temas, como política y ecología. Siempre fui crítica, inconformista, ante las incoherencias en nuestra manera de habitar el mundo. Una inconformista aunque optimista, utópica, con entusiasmo por ayudar  a mejorar y hacer “mi parte”.

Es esencial ser críticos con nuestra manera de habitar el mundo para generar y co-crear colectivamente la cultura que anhelamos. En mi caso, me crie en Argentina, país que lamentablemente suelen denominar “el país de la carne”, aunque más bien es un país exportador, ya que gran porcentaje es derivado a otros países. Por suerte cada vez somos más personas que por diversas razones decidimos hacernos vegetarianos/veganos. Esto de a poco está cambiando la “cultura cárnica” de nuestro país.

En cuanto a la alimentación, aprendí mucho al dejar de comer animales, porque me condujo a cuestionarme e investigar sobre lo que ingiero y a la salud en general. He realizado cursos, asistido a congresos y he leído libros de nutrición,  también indagué en higienismo y naturopatía. De mi experiencia, mi dieta actualmente se basa en una mayoría de frutas y alimentos fisiológicos. Elijo estos alimentos porque tienen enzimas, me aportan vitalidad (ver libro 80/10/10 de Dr. Graham) y no generan impacto negativo apreciable al ambiente. Intento elegir alimentos que aporten nutrientes, en vez de comestibles que dañan el cuerpo, mente y ambiente. Actualmente incluyo, además de las frutas y verduras varias, otros alimentos como jengibre, semillas de lino, de sésamo, nueces, almendras, maní, quínoa, chía, espirulina, lentejas, hojas verdes, cúrcuma, kéfir, germinados, entre otros, para aportar nutrientes básicos. También utilizo diente de león, menta, burro, boldo, tilo, cedrón, cardo mariano, clavo de olor, manzanilla, etc. para hacer tisanas.

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En cuanto al deporte, comencé a correr maratones de pequeña y actualmente lo hago. Cada vez que necesitaba despejar la mente, salía a correr. Se convirtió en una especie de meditación y forma de empoderamiento de mi misma. Me permitía canalizar, hacer silencio y conectar conmigo, y por tanto con los demás.

Actualmente, las actividades que más realizo son correr, nadar, yoga, danza  y andar en bici, por la libertad y liviandad que otorgan. En este momento, me encuentro entrenando con el grupo de mi facultad “Grupo de corredores UNL” y estoy colaborando con el grupo “Maratonistas Santafesinos” en la provincia de Santa Fe (Argentina). Con este último, organizamos maratones en la ciudad. Lo hago como manera de fomentar el deporte. Me gusta ver a gente correr, llenar juntos las calles, me transmite alegría. A su vez, es una actividad que lleva a conocer y recorrer lugares desde el movimiento de nuestra corporalidad, sin energía extra.

Hago deporte con frecuencia, aunque las veces que he dejado de hacer, al retomar vuelvo rápidamente a sentirme plena. Ser vegana me ha dado la posibilidad de darme la energía y la motivación de hacer lo que quiera hacer, en el momento que así lo decida.

15825984_10154122067515848_8913289290506826727_n.jpgConcibo el deporte no desde la competencia con el otro, sino como un proceso de conocimiento personal. Es una competencia más bien con uno mismo, en un recorrido que es compartido. Se vuelve un viaje para reconocer el cuerpo, sus posibilidades, volver a ser consciente de la respiración, de la circulación, de nuestros pensamientos, “darles aire”. Es una oportunidad además para conocer gente y lugares, sean ciudades, pueblos, se trate de correr en la calle, en la playa o en la montaña, sean maratones matutinas o nocturnas, en luna llena, etc.
Es una actividad en conjunto pero cada uno con su independencia y libertad. Permite compartir una actividad sana, lo cual creo totalmente necesario debido a la gran propensión en las sociedades al consumo de drogas, alcohol, fármacos, o a la violencia, suicidios, etc. Creo realmente que debemos fomentar actividades pro-vida y en respeto a ella, al otro y a nosotros mismos.  Tomar las riendas y dejar de lado los intereses de mercado que muchas veces pujan en influenciarnos a no tener poder de nosotros mismos. Podemos elegir: elijamos vida.

Si bien en mi caso realizo deporte más bien como hobby, existen varios deportistas famosos, como Scott Jurek y Fiona Oakes, Carl Lewis, Ruth Heidrich, Brendan Brazier, Patrik Babouniam, Cornelia Ritzke, Frank Medrano, Robert Cheeke, Bart Yasso, entre otros, que son veganos y deportistas de élite, demostrando que es posible mantener esta alimentación y obtener todos los nutrientes y energía necesarios. También existen numerosos veganos que hacen deporte y no están en los medios.
Además de deportistas, existen y existieron numerosos referentes, como Einstein, Gandhi, León Tolstoi, Henry Thoreau, J. Krishnamurti, etc., o artistas como Moby, Paul McCartney, Morrissey, Nicolas Cabré, Drew Barrymore, Natalie Portman, Brad Pitt, Natalia Docco, entre otros que son vegetarianos/veganos. Todos ellos personas influyentes en promover una conciencia más amorosa, pacífica y consciente en nuestra sociedad y por tanto dejaron de participar de la explotación animal.

Este año tuve la posibilidad de comenzar como representante, en Argentina, de “Vegan Marathon”, una asociación francesa de maratonistas veganos que corren difundiendo la liberación animal. Frente a muchos mitos de que es necesario el consumo de animales para hacer deporte, este grupo sale a desmitificar, mostrando que sí es posible. A su vez, con un tip extra: correr difundiendo sobre respeto de todos los seres vivos y también sobre respeto a la vida misma, por lo que este grupo tiene además en cuenta el aspecto ecológico.

27718474_10155695278216281_810906017_nSoy egresada de la carrera Promoción Sociocultural y además estoy a punto de obtener mi título de Ingeniera Ambiental, por lo cual no puedo dejar de mencionar que la actividad de matanza animal además de ser una actividad cruel fomentadora de violencia, es una de las más contaminantes del planeta. Contamina suelos, el agua y el aire, más aun con la existencia de los “Feed Lots”. El consumo de carne es uno de los principales contribuyentes del calentamiento global, como lo demuestra el estudio de la FAO (Food and Agriculture Organization) denominado “La larga sombra del ganado”.

Considero que es factible y prioritario que realicemos y fomentemos actividades que tengan en cuenta la vida y el ambiente. Eso solo será posible si lo queremos realmente y actuamos en consecuencia. Invito a las personas que estén en duda a que se acerquen, consulten, pregunten, se informen y experimenten. Que sobretodo investiguen, hagan silencio y escuchen su cuerpo. Todos tenemos en nuestro interior empatía, y si hacemos silencio seguro nos encontraremos con esa parte de nosotros que está en conexión con la vida. Y ya no será una decisión a tomar, sino instantáneamente veremos otra realidad y el deseo de cuidarnos a nosotros mismos como a los demás florecerá y el deseo de comer animales desaparecerá;

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Franc succès pour le premier Café philo de Vegan Marathon Magazine

Café philoLa première session du Café philo de Vegan Marathon Magazine a eu lieu le 10 février 2018. Nous avons voulu débattre autour de la thématique de la suprématie des humains sur les animaux.

Le thème de ce premier Café philo #1 était : « Suprématie de l’animal humain : quelles en sont les causes, les conséquences et les solutions envisageables ? », préparé et animé Morgane Andry.
Nous nous sommes donc demandés en premier lieu comment s’exerçait cette domination. L’un des participants rappelle que la question de la nourriture carnée se pose dès l’Antiquité. L’argument de l’existence d’une sensibilité chez les plantes existait déjà chez les Stoïciens afin de
« mieux invisibiliser le sort des animaux ». Nous étions tous d’accord sur le fait que « la société occidentale a toujours considéré les animaux comme des objets » et que le « système capitaliste l’a renforcé ». Cependant, un intervenant insiste sur le fait que la « philosophie de l’aïkido, certaines religions indiennes et des politiques comme Ashoka ont réussi à mettre en place un gouvernement en paix avec les animaux ». En d’autres termes « la volonté de dominer les animaux ne serait pas un fatalisme et ne serait pas inhérente à l’essence humaine ». Mais la suprématie des humains sur les animaux semble être une question d’ordre individuelle selon une intervenante qui pense que « selon les valeurs et les histoires de chacun, on essaie de préserver son pouvoir ou bien d’évoluer vers quelque chose d’autre ».

Grâce à ces réflexions, nous en sommes venus à nous interroger au sujet d’un éventuel « formatage dès notre enfance » qui nous pousse à croire que les futures générations pourront jouir plus facilement du travail des précurseurs du véganisme et seront mieux armés contre le spécisme.
Un point de divergence se fait ensuite ressentir au sujet de la domination présente dans la nature de l’Homme. Certains pensent que c’est la société qui pervertit les humains, qu’il s’agit d’une question de traditions, de cultures ou encore d’éducation. D’autres croient qu’il y a toujours des individus qui veulent dominer les autres et acquérir un statut de « chef » et qu’il existe « une importante recherche de pouvoir dans la nature humaine » qui se traduit par la domination des plus faibles. Ainsi, bon nombre de personnes prôneraient alors « la loi du plus fort ».
Nous avons continué notre réflexion sur un autre point: « comment cela se fait-il que la domination des humains sur les non humains perdure dans le temps – notamment au niveau alimentaire – malgré les scandales médiatisés et les recommandations des professionnels de santé selon lesquels on peut se passer de produits carnés qui sont nocifs pour la santé? »

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Les participants se retrouvent dans leur réponse: On accuse le poids des lobbies, la peur du changement ou encore la médiatisation de certains nutritionnistes contre le véganisme.
Cependant, cette suprématie de l’humain sur l’animal n’est pas valable pour tous les animaux. En effet, nous nous entendons tous sur l’omniprésence du spécisme. Nous relevons toutefois que même

si nos animaux de compagnie – chiens, chats, NAC – sont choyés et mieux traités que les animaux d’élevage, ils restent souvent des produits de consommation. Par exemple, les chiens de race sont vendus et peuvent être inscrits à des concours ou être dressés pour devenir des chiens de garde.
Il existe donc une hiérarchie plus fine que celle qui met simplement l’homme au dessus de l’animal. Tous les animaux n’ont pas la même valeur aux yeux des spécistes. On aurait « attribué un rôle prédéfini pour chaque animal. Les cochons et les vaches sont mangés, les chevaux vont labourer et nous transporter, les chats et les chiens sont considérés comme des compagnons ». Ces rôles seraient différents selon les cultures.
Enfin, nous évoquons des solutions qui permettraient de pallier cette domination sur les animaux non humains. Nous en revenons à l’éducation qui serait primordiale mais aussi l’importance des personnalités publiques qui pourront soutenir et pousser leur public à s’intéresser à la cause et les émissions de cuisine végétalienne qui peuvent promouvoir la nourriture sans produits d’origine animale.

D’autres proposent d’adopter de nouvelles lois afin de limiter cette domination. On prône la bienveillance et une pédagogie positive, ce qui se fait déjà au sein de Vegan Marathon par le sport et le mode de vie qui découle du véganisme. D’autres participants pensent que les « actions chocs ont leur rôle à jouer et que, dans l’Histoire, les choses ont pu évoluer seulement après des soulèvements brusques. C’est seulement après la « gifle » que le dialogue a pu se faire. Ces actions chocs et les messages positives formeraient le duo gagnant ».
Un autre intervenant propose une « taxe sur la viande et l’arrêt total des subventions aux filières qui permettraient une remise en cause de la consommation de produits d’origine animale car les consommateurs réagissent très rapidement face aux prix ».
On parle également de projets culturels qui pourraient favoriser l’essor du véganisme comme ce qui avait été fait avec « Babe le cochon devenu berger » ou « Sauvez Willy ».
Afin d’avoir un contact avec les personnes visées, sont également proposés des festivals, des conférences et autres événements ouverts à tous qui pourront montrer au public « que les animaux sont conscients, ressentent la douleur et que la nourriture sans produits d’origine animale est viable et délicieuse ».
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Notre débat s’est clôturé avec beaucoup de bienveillance et laisse croire que notre société peut devenir plus clémente envers les animaux. Beaucoup de choses doivent être pensées, conceptualisées et acceptées par le grand public. Nous savons que la route est longue mais le point d’arrivée est atteignable. Gardons espoir et osons parler pour ceux qui ne le peuvent pas.

Un grand merci aux participants de cette première session : Cathy, Christ, Gisèle, Evaline, Gwladys, Jacques, Jocelyne, Marie-Christine, Maïwen, Magà, Marie-Laure, Rudy, Yohan

Le mystère Edgar A.Poe

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Préparatifs pour la première d’une belle série de représentations à la Comédie Nation

Si être runner n’est pas une garantie de talent dans le domaine artistique,  il ne le disqualifie absolument pas. La démonstration est faite par Yohan Euthine, membre de VEGAN MARATHON, metteur en scène de « Le mystère Edgar A.Poe » de Gilles Gressard. 26756950_277554359439882_4392795575531196520_o.jpgL’histoire parle d’Edgar A. Poe, qui après vingt ans d’absence, revient à Baltimore donner une conférence sur son unique roman,  » Les aventures d’Arthur Gordon Pym « , récit d’un voyage étrange et captivant à travers l’horreur et l’impossible, au coeur des fascinations morbides de Poe. Mais dans son ombre, surgit le fantôme du jeune marin… La pièce met en lumière les faiblesses et les failles de Poe, grâce à cet accoucheur de sentiment qu’est Pym. Elle montre l’homme derrière le poète. Elle dit les zones d’ombres où le masque sociétal n’a plus court, où les règles ne sont plus dictées que par les instincts les plus primitifs, ce que chacun peut cacher en soi.

Auteur : Gilles Gressard

Artistes : Yves Lecat, Quentin Surtel

Metteur en scène : Yohan Euthine

 

 

Vivre ensemble

Valérie Tramoni vit en Corse du Sud. Elle aime la faune, la flore et pense que quand on a la chance d’habiter dans une région riche il faut savoir en profiter, au bon sens du terme. Valérie a passé le demi-siècle et s’est toujours préoccupée du bien-être animal, sans toutefois faire partie d’aucune association. Elle aide avec ses moyens les animaux en détresse qui ne manquent pas de croiser sa route , que ce soient des chiens, chats, oiseaux, tortues, lapins, renards, sangliers, abeilles etc. Pour Valérie, toute vie mérite d’être respectée et elle fait tout son possible pour vivre en harmonie avec le vivant. Il y a 5 ans de cela, une laie est venu lui présenter sa famille, le début d’une belle histoire d’amitié et d’entraide.

19145968_1406103846145101_5715088074905067513_nAIO : Pouvez-vous nous raconter cette histoire avec des sangliers ?

VT – Simple, ils étaient là avant nous car nous avons construit notre maison il y a 10 ans. Au début, je ne les voyais pas, sûrement parce que je n’y prêtais pas attention. Et un soir, j’ai vu la laie proche de notre terrasse où l’on dinait. Des marcassins étaient avec elle et ils étaient tous biens maigrelets. J’ai de suite compris que c’était compliqué pour eux de passer la saison sèche et j’ai donné ce que je pouvais de notre table.

La laie s’est approchée et cela m’a surprise. J’avais peur aussi car j’avais souvent entendu dire qu’une laie avec ses petits était très agressive. Cependant celle-ci devait savoir que je ne leur ferais pas de mal. Je sais aussi qu’un sanglier ne charge que lorsqu’il n’a pas d’échappatoire et là elle pouvait s’échapper alors j’étais un peu confiante.

A partir de ce moment, j’ai commencé à les aider ce qui n’est pas une tâche facile. Il faut trouver des denrées. Je travaille à mon compte et j’ai des clients qui ont des invendus. Je leur en demandais déjà pour les ânes que nous avons dans la vallée de l’Ortolo, il fallait juste que je trouve un peu plus de nourriture pour tout le monde. Parfois c’est compliqué mais pour le moment, les sangliers semblent manger correctement pendant l’été et les ânes aussi.

AIO : Quelles sont les conséquences des feux pour cette famille de sangliers ?

VT – Dans notre région les feux ont été très virulents en effet, 570 Hectares sont partis en fumée pendant l’été à 5 Km de la maison à vol d’oiseau. Cet été, il n’y a pas eu un jour où l’on n’a pas entendu parler de feux sur la Corse. Il ne reste que tristesse et désolation et on ne peut s’empêcher d’imaginer ce que la faune a subi. Les sangliers du jardin/maquis ne semblent pas avoir souffert des incendies qui étaient à 5 Km à vol d’oiseau de notre maison. En tout cas, je n’ai rien remarqué.

AIO : Pourquoi est-ce que cette laie revient en avril vous présenter sa famille ?

VT – Je ne sais pas pourquoi elle a choisi notre maison la première fois ni pourquoi elle revient tous les ans depuis 5 années.  Sûrement parce qu’elle sait qu’on l’aidera.  Au printemps les denrées commencent à manquer pour eux. La sécheresse commence à se faire sentir, particulièrement cette année. Vers la fin du mois d’Avril, elle arrive seule lorsqu’elle me voit dehors, fait un petit grognement pour m’interpeller et lorsque je me retourne et que je la vois me regarder, je comprends à ses yeux qu’il est temps que je l’aide. Je suis contente de la retrouver. Alors je lui dis, contente de te retrouver, tu as été plus maligne que les chasseurs. Sûrement stupide mais je suis sûre qu’elle peut comprendre. Les jours qui suivent, elle amène ses petits avec elle. Elle ne me les présente jamais le premier jour de son retour. Elle sait rester prudente.

AIO : Vous pensez qu’elle vous re-connait ?

VT – Il me semble bien que oui.  C’est vers moi qu’elle vient même si mon mari est dehors avec moi. Ils s’arrêtent à 10 mètres de la maison. Ca me panique un peu pour leur sécurité de les voir si proche. Lorsque la laie les présente en avril, ils sont sauvages et méfiants. Après, ils me reconnaissent. C’est un problème. Je ne sais pas s’ils seraient aussi confiants si une autre personne était à ma place.

AIO :  Vous dites que la laie vous tolère, par nécessité ?

VT – Oui, elle sait que je l’aide. Quand je donne à manger, parfois elle se cache dans le maquis et je l’entends souffler, sûrement parce que ses petits sont près de moi, cependant, je sais qu’elle ne me fera rien. Elle me tolère car elle sait que je ne leur ferais pas de mal.

AIO : Pourquoi est-ce qu’ils ne sont plus visibles l’automne ?

VT – A partir du mois d’octobre, les glands des chênes tombent et naturellement ils préfèrent largement ce festin.  Ils n’ont alors plus besoin de moi et je ne les vois plus.  Alors je lui dis d’être prudente, de se cacher des chasseurs et des voitures et que je souhaite la retrouver au printemps. Souvent je pense à eux l’hiver, parfois je les entends, je les devine, mais je ne les vois plus. Souvent je me demande sont-ils encore vivants ? La réponse arrive seulement au mois d’avril prochain et ma joie revient à ce moment-là quand je les retrouve.

AIO : Est-ce que l’on peut voir dans tous ces agissements, une forme d’intelligence voire de culture ?

VT – J’en suis persuadée.

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Francoise

Françoise Kalfon, 40 ans directrice de production, végétarienne depuis 20 ans, pratiquante de Acroyoga, Kundalini Yoga, Iyengar Yoga