DOUBLE EXPLOIT A L’ULTRA MARIN (Le renard et le zèbre)

DUO DE CHOC

Très peu de temps après le grand raid ultra marin 2018 où j’avais renoncé au 156ème km à Séné du fait d’un orage et de peu de lucidité, Sébastien me proposait de m’accompagner pour le grand raid 2019.

Depuis, nous sommes devenus le renard et le zèbre, avons fait vraiment connaissance au marathon de Paris où Sébastien m’a gentiment accompagné pendant les 5 premiers kilomètres. C’était au mois d’avril. Début juin, j’étais finisher du marathon du Luxembourg dans des conditions improbables et le 9 juin, je courais les gendarmes et voleurs de temps avec Joan Christaou à Ambazac-en-Limousin. (voir article précédent). Le grand raid ultra marin arrivait à grand pas et je devais le terminer pour pouvoir participer à la10ème édition du festival des hospitaliers à l’automne. Le xxtreme larzac 200 km et 9000D+.

DIRECTION VANNES

Le vendredi 28 juin, je prenais le train à Montparnasse pour rejoindre la ville de Vannes. Cette année, j’y venais seul. Une fois arrivé, je suis allé récupérer mon dossard, déposer ma valise au stade de la Rabine. Sur le chemin, je croisais Elisa is running, nous échangeâmes quelques mots. Par la suite, je me suis changé puis j’ai rejoint les médecins qui chaque année font une étude sur le sommeil. Cette année, je faisais partie des participants. L’accueil de Rémy, l’un des médecins fut chaleureux et un premier bilan fut établi. Je pesais 61 kg et à ma grande surprise, je n’avais que 5% de masse graisseuse. De bonne augure pour la suite. Incroyable. Par la suite, j’appelais Sébastien pour que l’on se retrouve. Il me fallait aussi retourner aux alentours de 18 h 00 faire à nouveau un test pour le sommeil. Petite précision ayant son importance, le départ avait été décalé à 19 h 00 du fait de la chaleur. En attendant de retrouver Sébastien, je croisais la licorne, youtubeuse qui fait partie du groupe des ultra youtubers comme Elisa, les lapins runners, Julien de « ‘est bien d’être bien »…Vers 17 h 00, je retrouvais enfin Sébastien à l’endroit convenu. Il me présenta sa famille et nous allâmes prendre un verre dans l’un des cafés du port.

RETROUVAILLES

Nous évoquons divers sujets bien tranquilles sur la terrasse pendant quelques instants. Mais le temps passe vite. Sébastien et moi commençons à nous lever, suivi par Chrystelle et les enfants. Nous sommes à 30 minutes du départ. Sébastien embrasse sa famille qui nous encourage. Nous savons aussi que nous allons être suivis par le clan de végan marathon. Nous arrivons au port sous l’arche de départ. Pendant quelques instants, nous nous asseyons juste au bord de l’eau en silence méditatif et puis à un quart d’heure du départ, nous rejoignons l’ensemble des coureurs derrière la ligne. C’est alors que j’aperçois Christophe Martimort de Marathon addict que je connais depuis peu, mais nous avons bien sympathisé même si nous ne nous croisons que très peu souvent sur les courses. Je fais les présentations avec Sébastien et nous disons quelques mots d’encouragements. Juste avant le top départ, un immense clapping retentit en l’honneur de la femme de l’organisateur, Josiane, décédée quinze jours auparavant. Je suis d’accord, elle est là, avec nous, mais autrement. Moment émouvant. Sébastien me demande si j’ai fait ma petite prière habituelle. Je suis étonné mais agréablement surpris qu’il se souvienne de ça. J’y inclus Josiane. La typique musique du départ retentit, voilà c’est parti.

C’EST PARTI

Je donne le rythme en retenant un peu Sébastien comme je l’ai fait avec Joan Cristoù. En général, sur ce type d’ultra, je cours sur 2 km puis marche sur 1 km, bien que suivant le moment, j’utilise plusieurs formules différentes. Sébastien préfère courir, même lentement et je m’adapte. Sur la première partie de la course, ce n’est pas un problème. Nous courons côte à côte sous les applaudissement du public venu nombreux. Nous parlons, mais peu. Je raconte un peu à Sébastien l’épopée de l’an passé et des endroits que l’on va traverser. J’avais gardé un très bon souvenir de ce grand raid. Lors du départ, j’ai encore ressenti ces frissons qui me parcouraient le corps la première fois que j’ai couru cette course mythique. Pour moi, elle est mon mon premier grand ultra préféré. Bon, je parle, je parle mais nous arrivons presque à Arradon au 13ème km où se trouve le 1er ravitaillement. Quelle ne fut pas ma surprise de voir Émir des lapins runners. Je fis donc à nouveau les présentations et échangeai quelques mots avec Émir qui était là en tant que bénévole pour l’organisation. Bonne idée. Il faut dire qu’à chaque fois que j’ai besoin de conseils, je regarde en boucle les vidéos des lapins runners. Je lui dit que nous espérons aller au bout.Émir me répond alors que j’ai l’expérience pour être Finisher et que je sais comment gérer ce type de course. Oui, mais tout peut se passer sur une telle distance. Sébastien et moi nous ravitaillons en liquide et en solide, faisons la vidange et repartons. 23 km entre eau et forêt.

A…MAREE BASSE !

Ah oui, depuis, le début je n’ai pas arrêté de parler du passage dans l’eau de mer à Sébastien depuis le départ. Alors, comment passer. Surtout, n’enlève pas tes chaussures lorsque tu franchis ce passage sinon, tu risques de te couper avec les rochers qui sont en dessous et que tu ne vois pas. Tu sais, avec la chaleur, même si c’est désagréable, ça rafraîchit. As-tu prévu une deuxième paire de trail pour changer de chaussures à Arzon ? Réponse affirmative de Sébastien. J’avais tellement de souvenirs de ce passage que je n’attendais que ça. L’année dernière, nous avions tous de l’eau à mi-genoux et il n’était pas évident de le franchir, avec les chaussures, sans les chaussures, un vrai défi mais c’est ce qui fait le charme de l’ultra marin. Quelle déception ! Cette année, c’est marée basse. Rien ! Passage beaucoup plus facile qui fait gagner au moins 40 minutes sur la barrière horaire. C’est le seul pont positif que je retiendrai. Combien de fois ai-je répété à Sébastien que j’étais déçu mais je suis revenu à la réalité.Nous n’étions pas encore arrivés à la barrière horaire du 36ème km à Larmor Baden où se trouve un ravitaillement conséquent.

Une fois la marée basse traversée, nous arrivons au 30ème km ou se trouve toujours une orchestre et un groupe de musique folklorique bretonne. Juste un peu avant, nous nous ravitaillons et remplissons nos poches à eau sur un deuxième ravitaillement. Lorsque nous repartons, le renard me fait remarquer un coucher de soleil mais il est caché par les nuages. Dommage mais nous apprécions le moment. Nous avons mis les frontales. Nous devons malgré tout être vigilants avec les racines, les pierriers et le sable, les rochers et les escaliers. Nous passerons sur quelques passerelles qui font du bien. Au petit matin, nous arrivons à Port-neze, il ne nous restera plus que quelques kilomètres avant l’embarquement à Locmariaquer. Lorsque nous arrivons, nous avons juste à nous faire dorloter en revêtant un sac plastique transparent (recyclable semble-t-il) bleu et un gilet de sauvetage orange. Il n’y a pas beaucoup d’attente mais c’est un peu confus. Une fois dans le bateau le plus lent puisque nous nous ferons dépasser par tous les autres. Tout cela parce que le capitaine joue le guide touristique. Sympa mais mais ce n’est pour ma part pas nécessaire, les visites peuvent se faire après, surtout en bateau et de manière tranquille. Bon, cela donne un peu de répit malgré tout. Il y a encore 6 km pour arriver à la base de vie d’arzon, au 89ème km. Nous allons pouvoir prendre une bonne douche (froide pour moi), nous ravitailler et nous changer.Pour ma part, je prend une autre paire de baskets avec une pointure en plus donc du 44. Nous sommes à la moitié du parcours. Avec l’avance et les barrières horaires légèrement plus larges, nous allons pouvoir respirer un peu.

ETUDE SUR LE SOMMEIL :

Il est important que je vous explique en quoi consiste l’étude sur le sommeil. Il s’agit de faire un bilan comme celui qui m’a été établi au départ et sur 3 ou 4 points et de faire un test pour vérifier la vigilance qui reste après des heures sans sommeil. Cela dépend des réflexes que l’on a et dans quel état de fatigue sont les coureurs. En ce qui me concerne, à part un ou deux tests, tout allait bien. Pas étonnant, je suis un peu insomniaque et je n’avais donc pas pris mes somnifères. Lors de mes passages, les personnes qui s’occupent de vous sont super sympa, sont aux petits soins pour vous et ça, c’est vraiment super. Je les remercie à nouveau du fond du cœur. Et sans Benoît, je n’aurais pas pensé à faire cette belle photo de Finisher. Pour s’inscrire, il faut être rapide car j’avais raté cela l’année dernière. Je vous conseille de le faire, il suffit juste de porter une montre supplémentaire pendant environ 15 jours et de noter ses phases de sommeil. Mais Rémy et Benoît, les deux médecins qui s’occupent de cette étude vous expliqueraient cela mieux que moi.

LA SUITE

Depuis le départ, nous nous sommes arrêtés aux différents ravitaillements de Baden, du Bono, de Crach, de Port-Navalo et d’Arzon. Nous avons passé les barrières horaires avec plus d’une heure d’avance à Baden ce qui nous a permis de marcher pendant la nuit en ayant toujours 1 h 00 d’avance au Bono et 1 h 20 d’avance à Arzon où nous avons pu nous permettre de prendre un peu plus de temps, les barrières suivantes étant suffisamment larges.

Entre Arzon et Porh Neze, la chaleur est moins intense que l’année dernière mais à ce niveau de la course, tout le monde marche. La fatigue de la nuit précédente fait son effet. Même si le café et le coca ont permis de tenir. Une ou deux soupes chaudes aussi d’ailleurs. Sébastien et moi ne sont pas des causants ou alors je ne me rappelle plus des conversations que nous avons eu. Je me rappelle que nous évitions les limaces, que nous avons apprécié chaque endroit différent dans lequel nous passions. Je ne sais pas pourquoi mais à un moment donné, j’ai accéléré la cadence et me suis remis à courir, Sébastien m’a suivi, c’est comme si nous avions été poursuivi par des lions, des loups et des abeilles ce qui était le cas puisqu’il était possible de nous suivre en live… Nous courions à 9, 10 km/h sur une portion de l’ultra-marin. Cela encourageait d’autre coureurs et certains ne comprenaient pas, ils hallucinaient mais savaient que cela ne durerait pas et que nous le payerions à un moment donné ou à un autre. Évident, mais c’est bien aussi de se faire plaisir. L’effet des gels sucrés et salés que je prenais régulièrement, sans doute. Mais aussi les boissons contenues dans mes flasques : Saint-Yorre, Ta pour les électrolytes sur les ultras et de l’eau plate. Mais cela n’a pas duré. Ça nous a juste fait du bien et cela nous a permis de reprendre un peu d’avance sur la barrière horaire. Entre Arzon et Porh-neze nous avons ralenti la cadence et fait des pauses ce qui a fait baissé notre allure à 3,15 km/h. Nous avons dû faire deux pauses de 10 à 12′ et pour ma part, j’ai dormi un peu à ces deux moments.

SEPARATION A SARZEAU !

Après avoir un peu récupéré, nous nous sommes dirigés vers Sarzeau au 122èm km mais Sébastien m’abandonne au 119eme km.

SÉBASTIEN : Du 119 AU 122ème km, je quitte Xavier qui délasse ses pieds et comme je me sens bien je cours jusqu’au 122ème km à Sarzeau. Je suis en grande forme. Malheureusement, je me suis arrêté trop longtemps à ce ravitaillement et le passage lent et infructueux dans les mains des podologues ne font qu’éveiller des douleurs de pieds que je ne soupçonnais pas.

XAVIER : Il fait un peu moins chaud. C’est à cet endroit qu’un coureur m’avait dit l’année dernière qu’il ne ferait pas d’arrêt à Sarzeau car c’était infesté de moustiques. Pendant le trajet entre Porh Neze et Sarzeau, la deuxième nuit est tombée, nous avons ressortis les frontales. Mais la fatigue physique, les ampoules et la blessure de Sébastien se font sentir de plus en plus. Tant bien que mal, nous nous dirigeons vers Sarzeau. Toujours, des racines, des pierriers, des escaliers, du sable, ça ne change pas. Lorsque nous arrivons à Sarzeau, surprise, il ne semble pas y avoir de moustiques. Eh bien, si, je le sentirai plus tard lorsque ça grattera dans le bas de mon dos.

Nous avons 1 h 40 d’avance sur la barrière horaire et nous repartons en direction du Hézo pour la garder mais…

SEBASTIEN : Mon petit doigt de pied droit me fait souffrir et les 15 km jusqu’au 137ème sont très difficiles. Xavier donne la cadence et j’ai bien du mal à suivre. Au 137ème km, je repars après 20′ de sommeil, effet incroyable, la fatigue s’oublie. Mon petit orteil perd sa peau vers le km 147 et malgré une motivation sans faille, j’avance en boitant et mes genoux se révoltent.

XAVIER : Je ne sais plus si c’est moi qui passe devant aux alentours du 147ème km, mais je me rappelle que je promet à Sébastien de l’attendre au ravitaillement du 156ème. Il est ok. Il n’arrivera pas beaucoup plus tard. Cela fait deux nuits et un jour que nous avançons et là, il n’y a plus que le mental qui peut faire la différence. Nous n’avons qu’une chose à faire : avancer sans se poser de questions. Pour ma part, il faut impérativement que j’atteigne le 156ème km pour faire aussi bien que l’année dernière. Nous devons y arriver avant Dimanche 8 h 00 puisque nous sommes parti une heure plus tard. La barrière est beaucoup plus large à partir d’ici ce qui remonte le moral. Pas question pour autant de tergiverser. A Séné, c’est d’abord la délivrance car nous avons (comme moi l’année dernière) plus de 3 heures d’avance sur la barrière horaire. Mais cette fois-ci pas de pluie, pas d’orage. Jusque-là, nous avons bien géré. Je décide de prendre le temps, je ne sais pas ou se trouve Sébastien. Je commence par prendre une assiette de pâtes, je me ravitaille conséquemment. Je mange à la table de Christophe et Ludovic que je viens de retrouver après avoir fait le test de sommeil. Tout va bien, mais je décide quand même de prendre 20 minutes pour dormir. Sébastien dormira lui aussi mais un peu plus que moi. Il me récupère auprès de Christophe et Ludovic et me dit qu’il veut partir devant et que je le rattraperai. Je dois procéder à mon test sur le sommeil, chacun fait comme il veut et on convient de s’appeler ensuite pour repartir. Une fois reposé, ravitaillé, Sébastien me dit qu’il part devant et que je pourrai le rattraper. Mais en fait…

XAVIER : Une fois réveillé, je vais recharger mes flasques, il reste tout de même encore 21 km et ce seront les plus durs. Bref, je repars en me disant que Sébastien est peut-être devant moi et qu’il va terminer et faire un chrono sur son premier ultra, je serais super content pour lui. J’apprendrai par la suite que Sébastien a abandonné à cet endroit, dommage si proche de la fin, mais je sais ce que c’est. Mais je ne pensais pas qu’il avait autant souffert. Moi, je continue ma route. Je sais que le jour va à nouveau se lever et sur des paysages que je n’ai pas vu l’année dernière.

SEBASTIEN : Je sais que Xavier m’attend au km 155 mais impossible de poser le pied droit au sol. Ne voulant pas générer de vraies blessures, j’appelle le PC course pour un rapatriement en navette. C’est l’abandon. Au km 154 toujours pas digéré. Xavier et moi avons gérer royalement le sommeil, l’hydratation, l’alimentation et finalement je sais aujourd’hui que j’ai bâclé le soin des pieds au delà de 100 km, c’est indispensable.

FINISHER !

Je prend mon temps car je sais que j’ai suffisamment d’avance pour être Finisher un mois après le marathon du Luxembourg fini en beauté dans tous les sens du terme.

Je ne le sais pas encore mais je vais terminer seul. Bientôt, le jour va se lever et je vais profiter de tous ces moments merveilleux dans la fraîcheur du petit matin. Admirer ce golfe, ses étendues d’eau calme et paisible qui vous relaxe. Je suis heureux d’être là même si je dois monter encore beaucoup d’escaliers, marcher dans le sable et sur quelques racines. J’ai mes chaussures Brooks Cascadia pointure 44 de l’année dernière mais il reste des brindilles, du sable à l’intérieur, ce qui constituera une certaine gêne en plus du terrain. Il en restera deux bonnes ampoules aujourd’hui soignées. Mais je suis déterminé. Je continue ma route malgré cette légère douleur vu celles de Sébastien. Il y a très peu de coureurs. La sieste de 20 minutes à Séné m’a fait du bien mais je n’ai dormi en tout et pour tout que 45 minutes. Cependant, je ne suis qu’à quelques kilomètres de la délivrance et d’un exploit sans précédent dans ma vie d’ultra trailer.

Même la marche devient de plus en plus difficile. Je peine et marche à 4 km/h. Je me fais doubler par des gens plus frais mais cela n’entame pas ma volonté sans faille pour aller jusqu’au bout. Je prend mon temps car j’ai suffisamment d’avance et mon seul but est d’être Finisher de ce grand raid. Sur le chemin, je me suis même permis de m’asseoir quelques minutes sur un banc pour profiter de l’instant en méditant sur les ondulations marines. Le pouvoir du moment présent. Mais je ne dois pas m’attarder. Je reprend ma route et j’ai la bonne surprise de découvrir un ravitaillement à 14 km de l’arrivée. Inespéré. Il me fait du bien. Je mange bien, remplit mes flasques et repart, je dois avancer. J’ai l’impression que ça n’en finit pas, que je n’en verrai jamais la fin mais je me reprend et continue ma route. C’est exténuant. Je croise des coureurs qui font leur footing du matin, , des gens qui m’applaudissent et m’encouragent comme ils le font pour tous les coureurs arrivés à ce stade et à qui je demande combien il reste de kilomètres. De moins en moins de chemin et de plus en plus de route. Je passe sous les encouragements et les bravo du public à certains endroits. L’émotion est forte mais je ne suis pas encore arrivé. Je commence à reconnaître certains endroits, mais ça me paraît toujours aussi long. J’arrive sur les chemins coté droit du port en direction du centre ville, un bénévole se met à marcher à mes côtés en me disant que c’est presque fini, il m’encourage et nous échangeons quelques mots sur tout, sur rien, j’apprécie ce moment et je tiens à leur rendre hommage à ceux sans qui rien ne serait possible. J’arrive à la bifurcation pour rejoindre la ligne d’arrivée, je me mets alors à courir sur le tapis rouge qui y mène, je pense à tous ceux pour qui je l’ai fait, je pense à Josiane, la femme de l’organisateur, décédée 15 jours plus tôt, sans eux ce raid n’existerait pas, tous ces animaux qui souffrent et meurent sans pouvoir se plaindre, aux humains que l’on laisse crever de faim pendant que d’autres s’empiffrent, alors je me sers de la rage que je ressens pour aller franchir la ligne d’arrivée en posant devant les photographes et en criant AIO. Je suis FINISHER.

APRES !

Les bénévoles me félicitent, je n’en reviens pas, je l’ai fait. Je suis heureux. Je sais pour qui et pour quoi je l’ai fait. Je me tourne vers la droite et voit Emir. Je sais que sans lui et Carole, je ne me serais jamais lancé ce genre de défi pour dépasser mes limites, sortir de ma zone de confort et booster ma confiance. Je vais dans la tente pour récupérer le fameux gilet bleu de Finisher et surtout cette superbe médaille que je mettrai sûrement dans un cadre un jour.Je suis aussi avec Rémy et Benoît pour un dernier test sur le sommeil. Je les remercie ainsi que leurs assistantes, leurs assistants pour leurs encouragements, leur disponibilité et leur serviabilité. Ce fut un vrai plus. C’est grâce à Benoît que j’ai cette photo souvenir revêtu du tee-shirt vegan warrior, la médaille autour du cou et le poing levé en signe de victoire, celle du cœur et de la volonté sans faille qui me caractérise pour la cause animale.

LE DERNIER MOT :

XAVIER : Je regrette de ne pas avoir pu finir avec Sébastien, main dans la main, avec une accolade après avoir franchi la ligne d’arrivée. Nous avons partagé de merveilleux moments mais la réussite est incomplète. Ce n’est que partie remise pour 2020.

SEBASTIEN : Ravi d’avoir partagé ce moment avec le zèbre. Mon petit doigt de pied a été encore bien abîmé mais après 4 jours de repos, dès le jeudi, j’ai pu reprendre les runs et tout va bien.

LE RENARD ET LE ZÈBRE

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