Un marathon exotique!

Le 30 mars 2019, j’ai couru mon premier marathon pour représenter Vegan Warrior, et pas n’importe où: j’habite en Polynésie française, je me suis donc inscrite pour le marathon de Moorea (l’île “soeur” de Tahiti).

Je suis (relativement) sportive, un peu touche-à-tout, mais vraiment pas une runneuse. Et si ça n’avait été que pour ma petite personne, je n’aurais pas franchement trouvé d’intérêt à m’infliger ça. Mais alors, pourquoi?

Tout simplement pour représenter la cause qui me tient le plus à coeur et pour contribuer, à mon niveau, à bulldozeriser les clichés qui tournent autour du véganisme (caren-quoi? caren-qui? caren-cée…?? …connais pas…).

Bref, voilà comment un samedi matin, au lieu de me la couler douce à la plage, je me suis retrouvée sur la ligne de départ à 04h30 du matin (oui, oui, tout commence très tôt ici!) après une nuit blanche due à la fois au stress, aux moustiques et au bruit du ventilateur.

La course en résumé:

Partie sur un objectif entre 04h30 et 05h00, j’étais bien jusqu’au 22e kilomètre. Mais alors méga-bien! A part un petit mal de ventre sur les ravitaillements, rien de bien méchant.

Entre 22 et 28, la fatigue musculaire arrive, le soleil s’est levé, la chaleur augmente… je commence à prendre du coca sur les ravitaillements histoire d’avoir des boosts de sucre (ça faisait environ 2 ans que je n’avais pas bu de coca): j’ai de plus en plus mal au ventre, mais ça me redonne un coup de fouet temporaire.

A partir du 32e kilomètre, les muscles tétanisent, j’ai l’estomac de plus en plus retourné, mais je continue à prendre du coca aux ravitos. Il fait vraiment de plus en plus chaud, et la circulation devient dense: comme on est sur une île, avec une seule route de ceinture, la circulation n’est pas arrêtée pour le marathon. Inutile de dire que courir par 35ºC avec les odeurs de pots d’échappement dans le nez, c’est un peu dur physiquement et moralement…

J’ai déjà largement ralenti le rythme, et je termine les derniers, et interminables, kilomètres en alternant 500 m de course avec 500 m de marche, ce qui me laisse le temps de me demander environ 376 fois ce que je fous là, de réfléchir à me laisser crever sur le bord de la route, et d’avoir terriblement envie d’insulter tous les humains de cette planète (appelez-moi Astrid de la Tourette!).

Image qu’une amie m’a envoyée pour m’encourager: personnellement, je pense être restée bloquée sur l’émoji des 35 km pendant au moins 10 km…

Enfin, la ligne d’arrivée sur la plage de Temae! J’aurais finalement mis 05h05 pour boucler ce foutu marathon. Je suis littéralement au bout de ma vie: je m’effondre quelques minutes après avoir passé la ligne, j’ai tellement mal au ventre que je ne peux rien avaler, même pas de l’eau… verdict, un petit coup de chaleur. J’ai droit à un refroidissement express en mode “ice bucket challenge” (oui, oui, le seau d’eau glacée sur la tête…), 2h à comater en assurant que nooooon! J’ai pas besoin de perfusion, je vais booooire! Et finalement une perfusion quand même pour me réhydrater.

Après la perfusion, ça va tout de suite mieux, et je me sens enfin en état de reprendre la voiture pour rentrer à la pension où je loge, avec comme projet de dormir pendant les 54 prochaines heures. Oui, mais… à peine arrivée à la pension, je reçois un texto me disant que je suis classée dans ma catégorie, et qu’il y aura la remise des prix 45 mn plus tard! Ça me laisse tout juste le temps de prendre une douche et d’y retourner: fuck le coup de chaleur, tant pis pour le sommeil, ça attendra!

Je suis finalement classée 3e en senior femme, à ma plus grande surprise et franchement sans l’avoir fait exprès!

Astrid

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