LA SAGITTAIRE, FROIDE RIVIÈRE !

Il est 7 h 00. Je n’ai pas envie d’y aller. En plus, ce n’est pas une course objectif. Finalement, je me lève, une bonne douche et c’est parti. Je suis prêt. Je prends un u-ber qui me dépose devant le gymnase du plateau à Sucy-en-Brie.

L’ambiance a l’air sympa, surtout au vu de ce qui nous attends mais je ne vous en dit pas plus. J’entre à l’intérieur du gymnase, je vais chercher mon dossard, pose mon change au vestiaire puis vais prendre mon petit café avant la course. Nous devons faire 2,7 km tranquille pour rejoindre la ligne de départ. J’y serai 10′ avant. D’après le speaker, nous n’avons jamais été aussi nombreux.

Comme je ne sais pas ce que cela va donner, je pars à une allure d’échauffement c’est-à-dire entre 8 et 9 km/h. Je reste extrêmement prudent, mon but étant de finir. Je gère ma course et me laisse dépasser comme à Cernay. Naturellement, de ce fait, je me retrouve à nouveau dernier. Peu importe, je suis les deux personnes qui se trouvent devant moi pendant un moment. Arrive alors une côte bien pentue.

Je décide de continuer à courir, même lentement et je ne marcherai que quelques mètres ou il est impossible de courir. Pourquoi ? Parce que lors d’un entraînement écotrail, le coach nous avait expliqué que cela permettait de gagner du temps par rapport aux marcheurs à condition de ne pas se « cramer » ni de courir en dessous de son potentiel, en fait être un métronome. C’est cette stratégie que j’ai adoptée et elle a fonctionné. Puis vint le temps de la descente, partie technique que je maîtrise et c’est là que j’ai commencé à doubler tout en gardant une allure constante.

Bien sûr, la boue bien grasse est présente mais depuis l’écotrail de Paris et la Saintelyon, j’ai l’habitude de gérer cela aussi. Je m’arrête au 1er ravitaillement au 8ème km où je ne prends que de l’eau. Je ne m’attarde pas. Le prochain est au 12ème km et à 9 km de l’arrivée. Je m’y arrêterai également pour consommer du liquide et du solide. Je repars en me disant que j’ai fait plus de la moitié. 6 km avant l’arrivée, nous devons passer dans la rivière. Si, si,vous avez bien lu dans la rivière. Lorsque j’y arrive, deux jeunes femmes y vont tout doucement, la température de l’eau étant

aux environs de 0 degrés. Je me lance et décide de courir pour passer le minimum de temps dans cette eau glacée. Je vais vite mais j’ai parfois de l’eau jusqu’à la taille et elle est froide. Ce n’est que sur quelques mètres mais je vous garantis que c’est de la cryothérapie.

Une fois sorti, je cours pour faire remonter la température. Étrangement, à partir de là, je commence à remonter des places tout en restant vigilant. Puis, à 4 km de la fin, euphorique, je lâche le zèbre qui court entre 10 et 11 km/h, double des concurrents, accélère juste avant la ligne d’arrivée sous le regard ébahi des autres coureurs et du speaker qui me voit lever les bras vers le ciel en signe de V pour Victoire ; Une victoire incroyable sur moi-même et sur la course. Quand je pense que j’ai failli ne pas la faire, la sagittaire… !

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