28 ème marathon de LA ROCHELLE Serge VIGOT 2018

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Le 28 ème marathon de LA ROCHELLE Serge VIGOT 2018 au lieu ce dimanche 25 novembre 2018 avec quelque 7200 participants (toutes courses confondues) enregistrant une augmentation de 200 participants par rapport à l’an dernier. Evénement populaire à l’excellente notoriété croissante en lien avec une image formidablement valorisée par l’accueil réservé aux coureurs par les 1300 bénévoles dévoués, souriants, au service des coureurs et bien évidemment à un cadre exceptionnel de par LA ROCHELLE la magnifique. Une organisation au carrée, millimétrée de la phase d’inscription au passage de la ligne d’arrivée le J est sans conteste un atout et une force faisant de l’événement une course la classant en 2017 -selon les classements Bipède et de la FFA, en seconde place des marathons en FRANCE après celui de la capitale et devant NICE-CANNES.

La manifestation a rassemblée 11 000 coureurs sur l’ensemble des courses programmées :

  • Le marathon : course en 2 boucles de 42,195 km, départ en deux sas distincts (nouveauté 2018) départ à 9:00, quai Louis DURAND, quai MAUBEC  (7200 coureurs);
  • Le Duo : course de 2 boucles de 21 km effectuées chacune par un « duettiste » qui passe le relais à son coéquipier (700 équipes engagées);
  • Le Challenge entreprise : challenge spécifique de distance marathon pour les entreprises, groupements ou clubs d’entreprises, collectivités et établissements publics qui doivent réunir au moins une équipe mixte de 4 coureurs et effectuer chacun un relais, soit 4 relais :
    • Coureur 1 : 9 km Départ 9h : Quai MAUBEC
    • Coureur 2 : 11,2 km Point relais 1 : Place de VERDUN
    • Coureur 3 : 9,8 km Point relais 2 : Place de VERDUN
    • Coureur 4 : 12,2 km Point relais 3 : Place de VERDUN
  • Le 10 kilomètres : course de vitesse, départ à 8:50, avenue du Général LECLERC (2000 coureurs);
  • La course handisport : 20 athlètes en fauteuil et/ou mal/non voyants sur un parcours revisité en semi-marathon)

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30 nationalités représentées, second marathon français selon Bipède et la FFA, 4° marathon en FRANCE en termes d’arrivants (6091 en 2017, dont 300 sous les 3 heures), 12 meneurs d’allure  répartis en doublons tous les 1/4 d’heure entre 3H et 4H15, un système de géolocalisation des participants  pour pouvoir suivre depuis le site www.marathondelarochelle.com en renseignant un numéro de dossard, un parcours au profil performant et roulant (174 m de D+ selon ma GARMIN, 3 faux-plats), qui n’a pas évolué depuis 2017 mais avec 3 nouveautés singulières :

  • deux départs distincts l’un quai LOUIS-DURAND pour les hommes, l’autre quai MAUBEC pour les femmes, les Master 2 masculins et plus, les coureurs du Duo/Challenge entreprise et handisport.
  • le système de remise des dossards digital avec un lecteur optique sur téléphone portable afin de minimiser le papier;
  • 35 structures filets pour la récupération des déchets (gobelets, bouteilles, gels) pour renforcer le volet écologique du marathon;

Le Teaser 2018

La veille de la course

Le chauffe-gambette

Je n’ai pas pu participer à la 13° édition du traditionnel « chauffe-gambettes » (en hommage au fondateur du marathon Serge VIGOT) du 24 novembre 2018 à 9H30 ; arrivé vers 13H30 sur LA ROCHELLE, j’ai manqué la boucle des 4,6 km de cette petite mise en jambes qui bouclait depuis un départ de l’espace ENCAN pour s’étirer autour de la Ville-en-bois, le parking ST JEAN d’ACRE et un passage sur le vieux port.

Le village marathon

IMG_0816.jpgEn revanche, j’ai pu profiter à loisir du village marathon installé à l’espace ENCAN, où après arpenté les allées de circulation et papillonné entre les les différents stands des 31 équipementiers, fournisseurs sportifs et représentants des courses à travers l’Hexagone et/ou à l’étranger (marathon de nuit du LUXEMBOURG par exemple).

IMG_0824 2.jpgIl y avait foule certes, mais l’organisation et l’accueil réservé aux visiteurs étaient sans failles : sourires, bienvenue souhaitée, des bénévoles aux petits oignons et à l’écoute : renseignants, orientants et fluidifiants le flux des visiteurs intense déjà vers 14H.

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Après quelques arrêts sur les stands qui m’intéressaient le plus (HOKA ONE ONE pour essayer le chaussant de la dernière BONDI 6, juste pour tester la différence et compter par rapport aux CLIFTON 4 et ELEVON que je connais bien), je m’emploie à passer un peu de temps chez BV SPORT et je prends conscience qu’il faut absolument que je m’enfuie de là avant de dépenser des sommes honteuses et non budgétisées dans leurs superbes TShirts et cuissards techniques :). Quelques mètres plus loin, je me raisonne et fait taire la petite voix qui m’ordonne d’acheter au moins un de ces tshirts moulants ajustés parfaitement sur des mannequins de présentation affûtés comme des statues grecques … que je ne suis justement pas.

Car l’essentiel est ailleurs, et cet ailleurs n’est plus qu’à quelques mètres : l’espace de retrait des dossards

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Un double sas et deux bénévoles équipées d’un lecteur de QR Code (barre) scannent  et enregistrent le « passeport » reçu il y a quelques semaines par LA POSTE – précieux titre qu’il ne fallait absolument pas avoir oublié aujourd’hui, à moins d’avoir préalablement par sécurité téléchargé sa version électronique sur son téléphone, chose que j’avais bien évidemment faite, afin de parer à toute éventualité. Une bénévole me fait signe et me demande d’avancer, elle valide mon titre et l’appareil émet le signal sonore qui m’autorise à accéder à l’ultime endroit. Là, je traverse une moquette bleu roi où, retranchée derrière leurs guichets, une armée de gentils bénévoles s’affairent à délivrer le ST GRAAL de chaque participant à ce marathon : le dossard du coureur.

Après un sourire et un dernier contrôle d’identité, on me remet mon « précieux » :

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Ça y est ! Je le tiens dans mes mains. Ça c’est fait.

En une fraction de seconde, beaucoup de pensées me traversent l’esprit : mes débuts en course pied en 2017, les distances et les volumes que j’ai appris à maîtriser, la charge d’entraînements et les différentes préparation de kilomètres, de temps, de sueur qui m’ont emmené à réaliser mes premiers trails en 2018, certaines séances d’entraînements plus difficiles que d’autres et certaines empruntes de pure satisfaction, le soutien de mes proches dans mon aventure dans l’univers de la course à pied et de ceux de mon groupe de runners (HTR pour Happy Trail Runners) sans qui peut-être, l’idée de m’engager plus que sur de simples courses natures m’ont fait évoluer et progresser vers de vrais Trails ou vers un challenge comme un premier marathon ne serait rester qu’une simple idée.

Demi-tour, le dossard en main, le sachet de dépliants, cartes IGN (utiles pour le coup) et flyers publicitaires divers récupéré, je ressors par le même sas et décide une fois n’est pas coutume de ne pas partir du village marathon sans avoir immortaliser cette remise par une photo qui clôture cette première et longue période depuis 2017 où je m’étais fixer un jour de devenir -peut-être et ne serait-ce qu’une fois : marathonien. Je me dirige vers l’espace adéquat, je patiente après quelques runners qui se sacrifient au rituel. Venu seul vivre cette expérience, je tends mon iPhone à un inconnu et lui demande de m’aider. Après une tentative de blague pas drôle du quidam, j’ai le droit à ma séance photo presque personnalisée, je récupère mon autre précieux et vérifie que tout cela soit bien cadrer pour la postérité. Presque euphorique, je sors de l’espace ENCAN, salue les hôtesses et pars récupérer ma voiture sur le parking du village marathon.

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Flânerie au vieux port de LA ROCHELLE

J’ai rendez-vous avec mon hôte Virginie (AIRBNB) vers 17:00. J’ai 3 heures à perdre, je me sens d’aller prendre l’air iodé et de re-visiter pour peu cette magnifique cité de LA ROCHELLE. Grande roue classique, vieux port classique, l’aquarium est tentant mais je l’ai déjà fait deux fois et ce n’est pas le sujet (mais comment ne pas avoir envie d’y retourner ?). Allez je me refais le Mail et je serpente à travers les rues bondées, j’essaie de m’éloigner pour gagner du temps mais inexorablement mes pas me font revenir rue du palais ; au loin j’avais aperçu comme une arche d’arrivée bordée d’un dispositif de barrières … et ma curiosité nécessite d’être satisfaite.

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Ce n’est pas l’arrivée mais elle est proche conformément au plan remis par l’organisation, derrière les tours, proche du bord de mer. Mais le dispositif est important, la banderole aussi cruciale car elle affiche sur fond vert « Félicitations dans 195 mètres l’arrivée ». De fait, je trouve l’idée originale et je me surprends à me projeter et d’espérer l’apercevoir pour y passer. Espérer ? Allons bon, demain, c’est dit : je passerais cette arche dans les temps que je me suis fixé.

Arrivée à L’HOUMMEAU, chez Virginie mon hôte

Accueil chaleureux, briefing complet, jolie maison, chambre conforme à l’annonce, propreté irréprochable, tout est de bon augure.

Virginie m’avait demandé au préalable par la messagerie d’AIRBNB si j’avais des besoins particuliers et de me préciser ce dont j’avais besoin pour le petit déjeuner, je lui avais alors signifié mon végétarisme à forte tendance végétalisme, elle m’avait rassuré sur ce point.

Remise de clé, je monte m’installer dans ma chambre, tout est beau et propre, la décoration sans être zen est simple et agréable. La maison est silencieuse, ca respire le calme, c’est parfait pour ma séance de Yoga du soir.

Derniers échanges avec mon hôte, je pars faire quelques courses pour le soir bien que je suis équipé pour un trek de 3 semaines au Népal ^^ Elle me demande mon heure du lever le lendemain, je lui dis 6:00, et elle me souhaite la bonne nuit.

Je prépare mes affaires et me sacrifie au rituel de la veille de chaque course, méthodiquement, précisément, je vérifie 3 ou 4 fois n’avoir rien oublier : mes nouvelles ALTRA Torin 3.5 achetées spécialement pour ce marathon avec 30 kil’ le week-end dernier pour ma dernière sortie longue en préparation à l’événement pour re-régler des allures qui finalement n’en avaient pas besoin (30,3 KM en 2:52:30 pour 421 D+), mon matériel fétiche : mon gilet SALOMON S/LAB (que je porterais en dessous de mon coupe vent déperlant juste pour mes barres et iPhone), mon short et mon t-shirt technique, mon porte dossard, mon buff préféré, une Pompotte pour le 15° kilomètres, une barre Feed aux fruits rouges pour grignoter du solide à compter du 22°  kilomètres. Jamais fait de marathon, ce ne sont sûrement pas les mêmes rations aux rabiots qu’en trail, mieux vaut être prudent. Ma Fenix 5S est rechargée, tout est donc OK.

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Demain, je n’aurais pas le temps et je ne dois pas avoir ce stress à me polluer. Mon lever est préparé au millimètre, je sais ce que j’ai à faire pour ne pas être à l’heure le jour J à heure H.

Repas, détente, yoga, douche brûlante, dodo.

Le jour J

Déjeuner et départ

Virginie s’est levée avant moi.

Il est 6:05 lorsque je m’extrais du lit et descends à la cuisine où mon hôte a déjà préparé le café et mis sur la table tout ce que je pouvais avoir besoin pour mettre du carburant dans la machine : lait d’amande, céréale, fruits, salade de fruits qu’elle aura réalisé avant que je ne me lève, pain, confitures, … extraordinaire ! Derniers échanges, le petit déjeuner est avalé, je suis dans les temps, 2:30 pour digérer ce que je viens d’avaler, je suis OK pour le départ de 9:00. Je prends congé et remercie d’avoir pris en compte le fait de s’être adaptée à mon régime alimentaire et je file direction LA ROCHELLE; léger stress car je connais mal la ville et sa périphérie, je sais que l’organisation aura tout bouclé, je me demande où vais-je pouvoir me garer, et, surtout à quelle distance de la ligne de départ.

Le stationnement

Centre ville bouclé effectivement mais j’ai réussi à trouver un passage qui m’emmène via contournement vers le vieux port sud. Des hordes de runners (en fluo jaune) investissent  des ronds points non pas pour revendiquer mais pour se garer, je juge que c’est trop loin,  que je peux pousser. Effectivement, j’arrive je ne sais trop comment derrière la voie ferrée du côté opposé où je me trouvais la veille et j’aperçois en contre bas l’espace ENCAN du village marathon. Environ 800 mètres à pied … tout le monde se gare, il reste des places, je fonce sur le bas côté et me gare comme tout le monde à la sauvage.

Les concurrents se pressent. Il est 8:40. On ressent de la tension. J’abandonne mon véhicule, ajuste ma genouillère (petite gêne genou droit depuis 15 jours, le dernier trail en date à ST JEAN DE MONTS pour le RAIDLIGHT VENDÉE TRAIL de 45 kilomètres m’a laissé des traces : je n’ai manifestement pas très bien récupéré de ce trail très cassant.), enfile mon bonnet au-dessus du Buff car franchement, le temps est froid, sale pluie fine et les bourrasques de vents … plutôt violentes. rien à voir avec le temps magnifique et engageant de la veille.

Je passe le pont, il fait glacial et finalement la capuche de ma veste au-dessus du bonnet déjà lui-même au-dessus du Buff ne sera pas de trop. J’avais prévu des gants pour le warmup, je vais non seulement les enfiler mais les laisser. Tout le monde converge vers le départ, l’espace ENCAN recrache une marée de runners, prudent, je vais utiliser leurs toilettes, histoire d’être léger. Allez direction, le quai MAUBEC. Je longe l’aquarium, il pleut pleut désormais mais je m’en fiche, des gens courent pour s’échauffer avec des sacs poubelles pour limiter la perte de chaleur et donc des précieuses calories pour la course.

La foule se densifie, je suis le flux et accède enfin quai MAUBEC à mon sas de départ.

A 10 minutes du coup d’envoi, je n’irais pas plus loin que le sas des 3H45, pas envie de faire encore 200 mètres au minimum pour rejoindre les miens (je m’étais engagé pour un sas de 4H15 à l’inscription) , ambitieux, je me place avec les meneurs d’allure jaunes. Au mieux, j’arrive à les suivre et je fais une performance incroyable (peu probable), au pire je me fais distancer (très sûrement) et rattraper par les meneurs d’allure verts des 4H00 que je devrais coller car, si modeste que je fus lors de mon inscription au marathon avec la volonté de le terminer en 4H15/4H30 (en correspondance à mes temps sur des distances de 42 Kilomètres en trail), je nourris secrètement l’ambition folle de pouvoir passer en dessous de la barre des 4H00 depuis quelques semaines : un simple 3H59 serait formidable.

Le marathon

Dans le sas

Je suis calme. J’y suis. C’est ce que je voulais. L’idée insensée de le faire en moins de 4H m’obsède. Je ne me fais jamais violence en trail, j’avoue toujours être dans l’économie et ne jamais vraiment forcer et me mettre dans le rouge. C’est peut-être aujourd’hui qu’il faut que je le fasse. Je ne le ferais peut-être qu’une fois. Le bitume, la ville, … certes il y a l’ambiance, mais … j’ai l’impression d’être un OVNI moi qui suit plus habitué aux sentiers, aux côteaux, aux forêts, aux prés à vaches, aux roches, cailloux et caillasses, à la boue des bourbiers et autres traversées à guet ou directement dans le lit des cours d’eau, de montées et de descentes à pics parfois à la corde … la promiscuité avec les runners, certains des athlètes de club d’athlétisme, leurs stress, leur façon de sautiller sur place et de jouer leur vie en engueulant leurs proches me laissent perplexe.

Heure H moins …

H -10 : départ du 10 kilomètres. Les dernières boissons d’attente sont avalées pour certains, d’autres retirent leurs sacs poubelles. Une sorte de torpeur s’installe, le stress général est palpable et solennel à la fois.

Heure – 5 minutes : les élites sont réclamés sur la ligne de départ, le speaker leur demande promptement de se mettre en place, on sent la volonté de donner le dernier sans retard. Chacun commence à régler montre de sport et téléphone.

Heure H  : le coup d’envoi est lancé sur avec en toile de fond sonore : « Les Valkyries » (Die Walküre) de Richard WAGNER. Les chronos sont démarrés, le temps file et nous ne bougeons pas ; plus tard je le comprendrais sur les images de France 3 Télévision : pas évident de mettre en branle le peloton compact tout en sachant qu’à mon niveau nous sommes à 500 mètres en arrière de la ligne de départ. Ceci expliquera par la suite le temps officiel, celui du coup d’envoi, et le temps réel réalisé avec un différentiel de près de 2 minutes, 2 longues minutes pour franchir cette fameuse ligne et enfin démarrer ce marathon.

H + 2 minutes environ : la ligne de départ franchie, c’est la bousculade et chacun essaie à la fois de sprinter et de se positionner sauf que … rapidement, à peine 200 mètres parcourus que le peloton bouchonne déjà et qu’il va falloir patienter. L’immobilisation ne dure que quelques secondes mais, 2 minutes, plus quelques secondes, puis un redémarrage en mode marche rapide, ca s’énerve, moi-même plutôt zen jusqu’alors, une pointe d’agacement me saisit.

Dans la course

Après un premier kilomètre à une allure de 7:13 bien malgré moi, le peloton s’effiloche et je ne tente pas d’accrocher le meneur d’allure du 3H45. Je retrouve ma cadence habituelle celle travaillée à l’entraînement et je me cale dans un mode automatique pré programmé : courir un marathon, c’est de la régularité, de la gestion, de l’économie de l’effort : surtout ne pas s’emballer, ne pas se cramer. Finir. On est là pour çà, rien d’autre, honorablement, en courant, sans marcher, en courant, sans faillir. C’est aujourd’hui que je deviens marathonien pas demain, pas la prochaine fois, aujourd’hui et nulle part ailleurs.

Du 2° au 10° kilomètres : mon allure est calée comme une horloge suisse à mon petit niveau mais chaque kilomètre est passé à ma montre entre 5:14 et 5:24 ; je suis rassuré et comme tout le monde je subis le froid glacial, la pluie et les bourrasques de vents qui sont parfois des murs.

Du 11° au 21° kilomètres : rien à signaler, je ne suis pas fatigué, mon allure est impeccable entre 5:15 et 5:30 du kilomètre, les ravitaillements tous les 5 kilomètres sont utiles, liquide et solide compter du deuxième, une barre aux céréales et aux fruits est avalée au 15°, la Pompotte n’est avalée qu’au 25° après avoir à compter du 22° grignoter la moitié de ma barre Feed qui passe décidément très bien en course. Le glucose servi fait du bien et parcequ’il passe bien, je décide d’ingurgiter que cela durant les prochains rafiots, mais je garde une petite bouteille d’eau avec moi et je m’efforce de boire : le froid et le temps n’induisent pas à l’hydratation, il ne faut pas … se déshydrater. Bilan mental des énergies, efforts et sensations, je passe le semi et au sortir du centre-ville lorsque la foule et ses encouragements sont dépassées, je commence à analyser le parcours de la première boucle, ses pièges (les couloirs d’exposition aux vents, les zones de pavés, les zones humides du parcours et bien sûr les 3 « montées » selon le peloton, qui pour moi ne sont que des faux-plats, longs faux-plats mais pas de vraies côtes). C’est positif, les sensations sont là, ma montre me dope et renforce mon moral, je suis dans ma bulle tout va bien.

Du 22° au 30° kilomètres : rien de plus, rien de moins. L’allure a légèrement baissée mais tout est OK : entre 5:21 et 5:40. Plusieurs points de passage avec un temps approximatif m’indiquent que je serais a priori en dessous des 4 heures au finish, ca me donne de l’énergie et du mental. Si tout se passe bien, si tout continue à se dérouler de la sorte, c’est bon présage. Je sais que je dois me surveiller entre le 24 et le 28° kilomètres c’est dans cette zone en trail que je décline avant le regain du 30/32°. Je ne loupe aucun ravito, glucose, glucose, glucose. Je remonte aussi le peloton tout doucement.

Du 30° au 38° kilomètres : je passe d’un temps approximatif de 3H53 à 3H56, c’est bien dans l’absolu, je me mets tout de même des alertes et me concentre sur chaque pas. Les faux plats ont été plus dur évidemment la fatigue est présente mais je suis soulagé de voir que contrairement à pas mal de runners, les crampes m’oublient, quelques alertes lorsque j’ai poussé en faux-plats mais tout va bien. Au 36° j’ai la conviction que quoi qu’il arrive je suis finisher. Je continue à remonter concurrents par concurrents doucement mais sûrement, chaque centaine de mètre me fait gagner des places.

Du 39 au 42° kilomètres : je commence à revoir et à dépasser des personnes que j’avais remarqué dans mon sas de départ, çà me fait plaisir quelque part. On rentre à nouveau dans la ville et son « urbanité » ; la foule est présente, la foule fait du bien. depuis le départ j’essaie de ne louper aucunes des petites mains que présentent les enfants pour qu’on leur tape dedans, je joue le jeu depuis le début et je m’efforce de ne pas trop en louper ne serait-ce que pour les remercier d’être présents pour nous apporter leur soutien et leurs énergies positives, eux qui affrontent le vent et le froid comme nous finalement. Au 41°, mes mollets se figent, deux violentes crampes m’immobilisent net dans un virage. Les gens me regardent, je les regarde, je sais que si je cède, je suis foutu. Je compte 1 – 2 – 3 et je me relance … ca repart. Même pas en rêve, à environ un peu plus d’un dernier kilomètre, rien ne peut m’empêcher d’y parvenir. Le speaker s’affole, égrène les minutes et commencent à mettre la pression pour nous faire passer la barre des 4 heures. En bon maître de cérémonie, il anime et avec les hauts parleurs disséminés sur tout le parcours on a les informations de ce qui se passe sur la ligne d’arrivée. Ca met la pression, je sais que je suis finisher mais … il ne faut pas lâcher, je suis à quelques minutes d’atteindre un objectif que je ne m’imaginais pas un instant pouvoir atteindre bien que fixé objectivement. Les dernières rues sont plutôt longues, celles du marché que je ne reconnais pas de la veille, ca y est je me remémore du plan effectivement, la seconde boucle se modifie pour l’arrivée : c’est la raison pour laquelle je suis « perdu », il y des repères que je ne retrouve, je ne sais pas quoi exactement, mais il m’en manque. Mon allure s’accélère, j’ai à ce stade hâte d’en finir. Et puis c’est le passage à travers le mail et ses rues bondées, les encouragement de la foule que je n’entends plus, je sais que l’arrivée s’approche, j’aperçois la grande porte dont la chaussée de pavés est recouverte de moquettes, c’est le speaker qui nous pousse à passer la barre des 4 heures, il met la pression, je décide d’accélérer pour les derniers 400/500 mètres, dernier virage, les bateaux du vieux ports, l’écran géant de la retransmission, les cris et ce fameux arche avec sa banderole des derniers 195 mètres fantasmés depuis hier, les derniers pavés, la dernière courbe entre les deux tours et l’arrivée que je passe avec une fraîcheur insoupçonnée.

Arrivée : temps officiel 3:59:15, temps réel : 3:57:24. C’est fait. Je viens de courir mon premier marathon. Je suis marathonien. Je suis finisher et au-delà de l’avoir bouclé, je suis en dessous des 4 heures, j’avais rêvé d’un 3:59 et réellement je le fais en 3:57:24. Inespéré. Je suis heureux.

Je reprends mon souffle, j’avance vers les bénévoles, on me passe ma médaille autour du cou. Je l’embrasse. Je la mérite, je suis comme un gamin. Je vis un grand moment de satisfaction personnelle et de bonheur que seuls les coureurs peuvent comprendre. Ça termine une belle année 2018. Je suis officiellement un coureur de fond. Selfie obligatoire.

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Mon arrivée 

La récompense

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Revivre l’intégralité du marathon de l’intérieur

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