Introduction au carnisme

Sauf quelques exceptions, la plupart des véganes d’aujourd’hui ne le sont pas depuis leur naissance et la majorité d’ailleurs le sont devenu à l’âge adulte. Chacun a sa petite ou longue histoire sur sa prise de conscience, c’est d’ailleurs un sujet de conversations entre véganes. Comment cela est-il arrivé et pourquoi. Pour certain ce fut progressif, pour d’autre soudain et rapide.

Ensuite il a fallu le dire à notre entourage, étape délicate !

Bref, maintenant nous essayons de comprendre comment et pourquoi ce qui pour nous parait à présent une évidence et un minimum de compassion envers les animaux, créatures de Dieu, être vivants faibles et dominés par les hommes, ne l’est pas pour la grande majorité en occident.

Afin d’analyser ce phénomène, plusieurs paramètres sont à prendre en compte et c’est ce qui rend la lutte compliquée et difficile.

Mais l’aspect le plus difficile à gérer est d’ordre culturel et psychologique.

Je vous conseille la lecture du livre de Mélanie Joy, Introduction au Carnisme.

« Pourquoi aimer les chiens, manger les cochons et se vêtir de vaches ? »

Mélanie Joy, docteur en psychologie, diplômée de l’université de Harvard, enseignante à l’université du Massachusetts, experte mondiale en psychologie de la consommation d’animaux.

Mélanie Joy, explique avec beaucoup de clarté tous les mécanismes psychologiques liés à ces phénomènes. Pourquoi serait-il mal de manger du chien mais acceptable de manger du bœuf ? Non pas que le chien et le bœuf soient différents, car ils sont tous deux des êtres sentients mais parce que la perception que nous avons d’eux est différente.

Le système fait des « acrobaties » psychologiques pour bloquer notre empathie ou la rendre sélective. Et s’ils doivent cacher et user de manipulations c’est parce que nous avons de façon naturelle cette empathie. La société anesthésie nos esprits Mélanie Joy parle « d’engourdissement psychologique », car nos valeurs nous causent un certain inconfort moral, raison pour laquelle ce sujet n’est pas facile à aborder ! Elle explique ce processus psychologique, « ces mécanismes faussent nos perceptions et nous éloignent de nos sentiments, transforme notre empathie en apathie ».

Les différents chapitres du livre nous décrivent ces mécanismes : le déni, l’évitement, la routinisation, la justification, la réification, la désindividualisation, la dichotomisation, la rationalisation et la dissociation. Puis elle examine chacun des aspects de l’engourdissement psychique et déconstruit le système qui transforme les animaux en viande, et la viande en nourriture. Elle examine comment le système s’assure notre soutien sans faille et parmi les techniques utilisées, l’atout principal « l’invisibilité », « un système qui est dans la clandestinité depuis sa création ». Ce que nous ne voyons pas, n’existe pas.

Si nous suivons le raisonnement de Mélanie Joy, devenir végane est donc un signe que notre cerveau s’est réveillé de cette anesthésie, de cet « engourdissement », que nous sommes enfin en accord avec nos vraies valeurs et en paix avec notre conscience.

Karine Dana

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