La chronique d’Astrid démonte les clichés: le Fer

En 2018, la plupart des gens savent désormais que le ratio de protéines ne pose aucun problème dans une alimentation végétale – même Jean-Godefroy, votre collègue de travail qui termine chaque discussion avec vous par un « Mmmhh!! Un bon steak bien saignant!… » –

Il y a, en revanche, encore beaucoup d’interrogations à propos des autres nutriments. Celle que j’ai entendu le plus régulièrement concerne le fer, souvent teintée de « légendes urbaines » quant à la quantité et/ou l’absorption de cet oligoélément. C’est pourquoi je tiens à en faire le premier sujet d’une série « Démonte les clichés ».

Pour connaître les meilleures sources végétales de fer, et le rôle du fer dans l’organisme, je vous renvoie vers l’article d’Anne-So:

https://aiomagazine.fr/2018/08/14/fer-nutrition-vegetale/

Je vous propose aujourd’hui d’aller un peu plus loin, pour comprendre comment se comporte le fer dans le corps humain.

Pour commencer, il y a deux sortes de fer dans l’alimentation:

– le fer héminique = de source animale ;

– le fer non-héminique = de source végétale.

Le mythe voudrait que le fer non-héminique soit très mal absorbé par l’organisme, tandis que le fer provenant du sang et des muscles des animaux, grâce à la similitude des structures, serait très bien absorbé.

Oui, mais… la réalité est un peu plus complexe que cela:

Le fer héminique a un taux d’absorption régulier (d’environ 20%) que l’organisme en ait besoin, ou pas. Le fer héminique se déverse dans le sang, même si la saturation est déjà atteinte, or « le corps humain ne possède pas de mécanisme pour se débarrasser d’un éventuel excès de fer. »*

L’excès de fer est pro-oxydant, c’est-à-dire qu’il donne naissance à des radicaux libres nocifs pour l’organisme. Pour schématiser, vous voyez un morceau de fer bien rouillé? C’est l’oxydation. Et ça ne donne pas envie d’avoir ça dans son corps, n’est-ce pas? D’autant que cette oxydation, due au fer héminique, a été reliée au développement du cancer du côlon et du diabète de type 2.

En clair, dans notre société de surabondance, le manque de fer est problématique (mais se détecte et se règle facilement), l’excès de fer est carrément dangereux.

Le fer non-héminique (végétal), quant à lui, a un taux d’absorption variable: selon l’aliment dont il provient, mais aussi en fonction de vos besoins du moment, son taux d’absorption varie de 1 à 40% !

« Les êtres humains ont évolué de sorte que l’organisme régule la quantité de fer absorbé. Si vous n’avez pas assez de fer en circulation dans le corps, vos intestins commencent à augmenter l’absorption de fer. Si vous en avez trop, ils la réduisent. Mais ce système, qui ressemble à une sorte de thermostat, ne fonctionne correctement qu’avec la principale source de fer de l’alimentation humaine: la variété non-héminique. »*

Il est intéressant de constater qu’il n’y a d’ailleurs pas plus de carences en fer chez les végéta*iennes que chez les omnivores.

Le docteur Jérôme Bernard-Pellet, nutritionniste, relève également que toutes les supplémentations en fer se font à partir de fer non-héminique. Pourquoi? Parce que le fer héminique est toxique.

À ce propos, « la filière viande est à la recherche d’additifs qui supprimeraient les effets toxiques du fer héminique. Mais il existe sans doute une meilleure stratégie, qui consisterait à favoriser les aliments d’origine végétale que votre corps gère mieux. » *

Et si au lieu de prescrire un traitement invasif et moyen-âgeux, on préconisait plutôt à ces malades de ne plus manger de viande?…

Astrid


Sources et références
* citations: Mieux manger peut vous sauver la vie, Dr Michael Greger
Vidéos youtube:
Le fer héminique fait plus de mal que de bien, Dr Jérôme Bernard-Pellet
Introduction à la nutrition végétale (2/2), Chloé Tesla et Dr J. Bernard-Pellet
Les carences – Végétarien/Vegan – le fer #01, Marguerite
Crédit 📷: images Google

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