Marathon de Lyon : la revanche

Flashback : été 2017, en pleine préparation du marathon de Lyon, une douleur assez vive apparait l’arrière d’une cuisse => élongation à moins de 2 mois de la date fatidique.

Je suis obligé d’arrêter la préparation. Je m’entretiens seulement avec un vélo elliptique. Pendant cette période, j’ai juste fait 2 sorties de moins de 10km…

Je décide de m’aligner quand même sur le marathon et j’explose en vol. 37eme km après avoir lutté pendant plusieurs kilomètres, je ne peux plus courir. Je finis les 5 derniers kilomètres en marchant, la tête basse et passe la ligne en 4h45. En recevant la médaille, j’ai un goût amer, certes j’ai terminé mais il s’agit d’un échec pour moi.

Dès le lendemain, je décide de prendre le temps de soigner ma blessure pour me réaligner sur ce marathon en 2018.

Nous voilà donc un an plus le tard, le 7 octobre 2018, une préparation plutôt bien menée avec juste une semaine d’arrêt (fracture du gros orteil).

Les conditions climatiques sont difficiles sur Lyon aujourd’hui, beaucoup de pluie.

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Le départ est lancé (commun avec les coureurs du semi), je me cale sur mon rythme prévu 5’25/km.
Il ne pleut pas beaucoup au début. Au bout de 5km, je rattrape les Lapins Runners (Carole et Emir). J’en profite pour discuter avec Emir pendant 1km. Carole, quant à elle, nous lâche, je ne la reverrai plus (elle terminera en 3h36 son RP). Emir me lâche aussi pour tenter de rattraper sa belle.
La pluie redouble, la route est glissante. Il faut éviter les flaques, car j’ai la hantise que mes chaussures prennent l’eau, ce qui pourrait occasionner des ampoules au pied. Passage au 10 en 53’30. Tous les 5km, je  prends mon petit gel.

Passage des 15km en 1h20, toujours dans le bon rythme et sous la pluie.

Passage sous le tunnel de Croix-Rousse, enfin un passage au sec. Ma veste a pris l’eau, et mon tee-shirt est bien mouillé aussi. Le semi part de son côté. Je commence à sentir quelque douleurs à 18-19km, mais rien de bien méchant.

On rentre dans le parc de la tête d’Or, passage au semi-marathon en 1h53 (pile le temps de mon semi couru 3 semaines plus tôt).
Sortie du parc de la Tête d’Or (25km) et on commence une longue portion le long du Rhône afin de rejoindre le quartier de Gerland.

Le moral commence à flancher un peu, cette portion est très longue… Et c’est pile le moment que choisit ma femme pour m’envoyer quelques sms d’encouragement. Ça me fait un bien fou au moral, je me ressaisi illico.

30km en 2h42, toujours sur les bons temps de passage même si mon passage à vide m’a fait baisser un peu ma moyenne.

Je commence à en avoir marre, je suis mouillé, j’ai froid… Mais il me reste de l’énergie. Mentalement, je me dis que plus vite je courrai plus vite j’arriverai. Du coup, j’accélère un peu le rythme pour en finir le plus vite possible !! A partir de là commence ma folle remontée, beaucoup de coureurs sont dans le rouge ou ont explosé…

Je rattrape Emir qui papote avec un abonné. Emir ralentit, et je continue un bout de chemin avec son abonné. Le passage autour de Gerland est vraiment déprimant et ce fut une bonne chose que je discute un peu pour me divertir. Je l’abandonne au ravito du 35km.

37eme, je passe sur la fameuse passerelle où j’avais explosé l’année dernière. Mais cette année j’ai la banane, je sens que cette fois c’est la bonne, 5 petits kilomètres, moins de 30 minutes à faire, je vais y arriver.

39eme, en doublant un coureur, ma cheville vrille un peu. Plus de peur que de mal. Je pousse un cri pour m’engueuler, il faut que je fasse gaffe, pas le moment de me blesser à cause d’un stupide manque de lucidité.

Le quartier de confluence et le dernier ravito sont passés. Ce sont les 2 derniers kilomètres pour rejoindre Bellecour et la ligne d’arrivée. Je me dis qu’à partir d’ici, même en marchant je serai sous les 4h.

J’ai beaucoup d’émotion, je vois mon temps, je suis toujours à environ 5’20/km. Je prends même le temps d’apprécier cette fin, je souris et suis porté par les encouragements des spectateurs.

Dernier virage, à 200m la ligne d’arrivée, j’ouvre ma veste pour qu’on puisse voir mon tee-shirt Vegan Marathon. Je lève le poing, ça y est je tiens ma REVANCHE !

Je visais sous les 4h, je suis me calé sur un rythme sensé me mener en 3h50 et je termine en 3h47, je n’en reviens pas.

Une régularité parfaite, les 2 semi-marathons ont été couru exactement à la même vitesse.

Cette fois-ci, je suis vraiment fier de ma médaille et de mon tee-shirt finisher.

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J’ai terminé 3 fois ce marathon en 2012 (4h35, j’étais un coureur débutant), 2017 et donc 2018. Je ne pense donc pas m’aligner une nouvelle fois ici. Maintenant, j’ai l’esprit libéré, cette course ne me hante plus, le travail est accompli. Je vais me trouver un autre défi, il y a tant de belles courses à faire… Peut-être m’orienter un peu plus sur les trails que je trouve moins monotones que les courses sur route.

A bientôt pour, je l’espère, une nouvelle belle expérience.

Guillaume.

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