Du marathon de New York au marathon de Sénart

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Expérience incroyable à New-York, pour mon cinquième marathon !

Le matin de la course, réveillée à 4h30, levée à 5h. Une navette part de l’hôtel à 5h45 et nous amène sur la zone de départ, à Staten Island, avec 3 heures d’avance. La zone de départ est immense! Je m’y balade un peu, me réchauffe les mains en tenant des gobelets d’eau chaude, vais voir les « therapy dogs » (oui, des « therapy dogs »! Ils sont là avec leurs maîtres, tu leur fais une petite caresse, ils viennent se blottir contre toi, te lécher la joue, mettent au passage le museau dans ton sac pour voir si tu n’as pas un truc à grignoter . Incroyable de voir comme la simple vision de ces chiens donne un joli sourire d’enfant aux coureurs!), puis m’allonge sous un arbre sur un coin d’herbe, bien emmitouflée dans mon gros pull et mon poncho, et, pour me détendre, je regarde un long moment le ciel à travers les feuilles jaunies mues par le vent.

Ensuite, direction le sas de départ! On se débarrasse des vêtements épais qu’on a amenés pour rester au chaud avant de se mettre en route, et c’est parti pour le grand voyage avec départ sur le pont du Verazzano!! High-five des militaires, encouragements des agents de police qui ont grimpé sur les murets, et c’est parti!!

La course commence par une longue montée de 1,5-2km! Et après la seconde moitié du pont, on arrive dans Brooklyn! Et les spectateurs (plus de 2 millions sur l’ensemble de la course!) sont déjà là! Partout!! Et ils sont à fond! Jamais vu ça! C’est dingue!! Tout le monde nous encourage! Ça commence fort! De la folie!

J’ai choisi de ne pas me rentrer dedans sur cette course. J’ai fait une vraie prépa pour encaisser la distance et tout de même partir sur une base chrono correcte, mais mon but est surtout de vivre cette expérience et d’en profiter à 100% donc je choisis une allure qui ne soit pas trop lente mais qui soit facile.

Les 10 premiers km passent à une vitesse folle! La ville est en fête! Jamais vu le semblant d’une telle ambiance sur une course!
Les 10km suivants passent tout aussi vite! Vers le 25ème km, on traverse un long pont (2km?) qui relie le Queens à Manhattan, ça grimpe, c’est assez dur, pas de spectateurs, tout le monde se tait. On entend juste le bruit des foulées de chacun. Et à la sortie, sur Manhattan, à nouveau une ambiance de folie. Les spectateurs hurlent, des pancartes partout, à nouveaux des spectateurs qui nous donnent des bananes, des oranges, des mouchoirs. Beaucoup d’énergie, beaucoup d’émotion! On remonte Manhattan en direction du Bronx.
Vers le 30ème km je sens une petite baisse de régime. Les jambes tournent toujours mais commencent à se raidir, je mange une banane en continuant à courir, je m’hydrate à une fréquence plus élevée. Je ne veux pas cramper ou taper dans le mur. J’essaie de m’isoler mentalement, de me recentrer, d’oublier mon environnement pour me concentrer sur l’essentiel : courir. Je réussis à résister à la tentation de marcher et continue à courir en ralentissant un peu. Au bout de 2-3km ça allait mieux et je me sentais à nouveau plus à l’aise. La fatigue est tout de même présente mais je sais que ça va bien se passer. 30, 31, 32, 33km… J’essaie de décomposer l’effort, de faire un parallèle avec des parcours de running qui me sont familiers. « Allez Sabri, 8km, c’est 2 boucles de tel trajet! Ce n’est rien  » – « 7km, c’est juste comme rentrer du boulot en courant! Ce n’est rien! », etc etc.

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On redescend petit à petit Manhattan vers Central Park, là où se trouve la ligne d’arrivée! À nouveau de longues montées. Échangé de grands sourires avec des spectateurs, reçu de beaux encouragements enthousiastes qui redonnent de l’énergie.
Pas après pas, km après km, on avançait vers l’arrivée.
Puis l’entrée dans Central Park : spectateurs déchaînés! Cette énergie fait du bien car la fin du parcours est difficile, ça grimpe. Et 300m avant l’arrivée j’entends mon nom! Et je reconnais la voix! C’est mon maki Vanhmany, là, dans le public, sur la gauche ; je viens de la dépasser. Par miracle je l’ai entendue au milieu de la foule! Je suis sur la partie droite du flot de coureurs, ni une, ni deux, je traverse pour un méga-maki-hug!! Puis hop, c’est reparti vers la ligne d’arrivée, qui est là, à portée de main! Grosse montée d’émotion!! C’est fait! Fin des 42,195 km! J’ai bouclé le marathon de New-York!! Expérience de fous!! Le parcours n’est pas évident, beaucoup de longues montées, mais c’est vraiment une course à vivre et dont il faut profiter! Les étoiles dans les yeux des enfants, le sourire sur les visages des grands, l’énergie incroyable du début à la fin, que du bonheur!
L’impression d’avoir vécu un rêve, d’avoir couru dans un film, tant c’était dingue!

Le soir de la course et encore aujourd’hui, on croise pas mal de coureurs qui se baladent dans les rues de New-York avec leur médaille. C’est fun!
Et reçu des félicitations tout à l’heure dans le métro, de quelqu’un qui a vu mon sweat du marathon.  Best marathon ever!!!

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SENART

Aujourd’hui, j’ai couru mon 6ème marathon. Une médaille conquise dans la douleur. Une tranche de vie… Je m’en souviendrai….

Depuis un peu plus d’une semaine, je me sentais vraiment fatiguée et je savais que la course serait particulièrement difficile. Alors j’ai essayé de l’aborder en revoyant mes objectifs à la baisse, sans me mettre trop de pression chrono, et en priant pour aller jusqu’au bout.
Arriver sur place hier m’a rendue heureuse, j’ai réussi à commencer à (enfin) me projeter dans ma course, j’ai senti l’excitation monter et (enfin) un peu d’envie de m’aligner sur la ligne de départ. Des sentiments mêlés de peur malgré tout.

Passé une bonne nuit, réussi à manger comme 4 au petit déjeuner malgré le stress.
Direction la zone de départ, je dépose mes ravitaillements personnalisés à la tente prévue à cet effet et me balade un peu.

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Le top est donné à 9h. J’ai suivi une prépa 4h mais je sais déjà que ce chrono est inaccessible aujourd’hui au vu de ma forme, alors je suis le meneur d’allure 4h15.
Km5, premier ravitaillement : une bénévole souriante me tend la bouteille qui porte mon numéro de dossard (wow!)
Km7, les sensations sont mauvaises aujourd’hui, le cardio est haut, l’idée d’abandonner me traverse l’esprit pour la première fois.
Km10, deuxième ravito : je réalise qu’un coureur passé avant moi m’a piqué ma bouteille! Frustration.
Je suis toujours avec le groupe 4h15, où j’ai vite été saoulée par le mec à côté de moi qui n’arrête pas de se déplacer et se mettre dans ma ligne, par celui juste derrière moi qui, pendant des km et des km me colle de trop près et me donne des coups de pieds dans les chaussures, et par les blagues pas méchantes, mais beaufs d’un autre. « Sabrina, fais abstraction, concentre-toi. »
15ème km : 3ème ravitaillement : un coureur m’a encore pris mon ravito!! Un autre runner est dans le même cas que moi. C’est la goutte d’eau. J’en ai marre. La pensée de l’abandon qui me suit depuis un moment grandit.
Je décide de quitter le groupe de 4h15, trop de choses me saoulent à la fois, j’ai besoin d’être seule et de me recentrer. Je laisse le groupe filer devant et tiens le rythme jusqu’au km 18.
Je ne prends aucun plaisir à courir, je peine plus que je ne devrais à cette allure, j’en ai marre. Je suis archi à fleur de peau, le moindre “vas-y Sabrina!” m’émeut, me donne envie de pleurer et par conséquent ma respiration se coupe ; les tambours des différents groupes qui animent la course résonnent super fort dans ma tête et me tapent sur le système. Bref, un enfer.
Km20: je trouve ma bouteille aux ravitos. Ouf.
Au 21ème km j’échange quelques mots avec 3 personnes qui me rattrapent. L’un d’eux me demande comment vont les jambes, je lui réponds qu’elles vont à peu près, mais que c’est tout le reste qui flanche, le cardio, le moral, le mental. Il est resté un moment avec moi, m’a rassurée, m’a parlé de la suite du parcours en abordant les choses de manière super positive, m’a donné des conseils. Un ange!!!!
J’ai ensuite continué à mon rythme de plus en plus lent.
Un peu plus tard, un petit vent légèrement frais commence à me faire mal au ventre.
Km28, j’ai envie d’aller aux toilettes. Il n’y a pas de toilettes. Une goutte d’eau supplémentaire, le vase commence à déborder. Et là, sans crier gare, d’un seul coup, je craque. Je n’ai rien vu venir! Le désespoir m’envahit en une seconde et je me mets à pleurer, à sangloter bruyamment. Respiration complètement coupée. Une catastrophe. Je dois m’arrêter et marcher. Je suis obligée de respirer très fort et affreusement bruyamment pour réussir à avoir un peu d’air. On est en rase campagne. Personne. Profond sentiment de solitude et de tristesse. Une horreur.
Il reste 14km. Je ne veux pas affronter la gifle du déshonneur en abandonnant, il faut continuer, même si mon moral, mon mental, ma gestion déplorable de mes émotions me disent le contraire. Je réussis à me reprendre et réalise que ce craquage inattendu m’a finalement permis d’évacuer beaucoup de mauvaises énergies… Peut-être pas un mal alors…
Je continue. Cela fait longtemps que j’ai démissionné de ma course, mais je dois passer la ligne d’arrivée.
J’avance doucement mais sûrement.
Les km se succèdent. Je réussis à gérer un peu mieux mes émotions et à ne pas trop flancher dès que quelqu’un s’adresse à moi.
Km32, je vois enfin des toilettes publiques. Pouvoir m’isoler 2 minutes et me laver les mains m’a apporté un peu de réconfort. Ça tient vraiment à peu de choses…
Il ne reste que 10km, je sais que -sauf blessure ou grosse défaillance- j’irai au bout. Je sais que je me suis bien alimentée avant la course , que j’ai bien mangé aux ravitos, que je cours bien au-dessous du rythme pour lequel je me suis entraînée et que pour toutes ces raisons, les probabilités que je touche le mur du marathon sont infimes.
Je continue, pas à pas. J’encourage un peu ceux qui sont dans un état plus compliqué que le mien lorsque je passe près d’eux. Je m’arrête quelques instants quand, au moment de dépasser la meneuse d’allure 4h30 (qui semblait plutôt tourner en 4h45), elle s’arrête brusquement, prise de douleurs musculaires . Elle me rassure et me dit que ça va aller, que je peux continuer.
J’ai enfin réussi à éteindre mon cerveau, à m’isoler émotionnellement. Je sais qu’avec de la patience, ça ira.
Kilomètres 35-36-37, je décompose les kilomètres restants, en faisant des parallèles de distance avec des parcours que j’ai l’habitude d’emprunter.
Les jambes suivent. C’est dur, mais elles suivent et je sais que je peux me fier à elles. Ce qui est difficile lorsque tu cours à ce rythme, c’est que tu te retrouves avec beaucoup de personnes en souffrance ; ça n’aide pas à se mobiliser positivement. Je dépasse pas mal de personnes qui ont renoncé à courir.
Km41, une belle descente s’ouvre à nous. Allez, on y va!
Km42, on entre dans le stade. Le revêtement est d’un confort complètement hallucinant. Un bonheur! Je passe la ligne en 4h44min32sec. De loin le moins bon de mes temps sur marathon. Finir la course ne m’apporte absolument aucune satisfaction.
Je fais quelques pas et le coureur qui m’a remonté le moral au 21ème km me rejoint. Super contente de le revoir! Il me demande comment je vais. On a pas mal discuté, il m’a donné plein de bons conseils et de bonnes pistes de réflexion pour que je tire des enseignements de cette expérience.
On boit 2-3 verres de coca, on se laisse. Je me pose un peu, voit un groupe d’amis, puis un autre. Les émotions positives prennent finalement le dessus.

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Aujourd’hui est l’anniversaire de mon premier run. La première fois que j’ai couru, c’était il y a 5 ans! Aujourd’hui, j’ai fait un chrono très très très décevant au vu de ma préparation , mais j’ai appris que j’étais capable de me dépasser à un point que je n’aurais sans doute pas soupçonné, je me suis rendu compte que j’étais capable de courir 35 km au mental sur une course de 42,195km. De continuer même une fois que toutes mes motivations se sont écroulées. Pour aller au bout des choses et finir le travail.

Aujourd’hui j’en ai bavé, physiquement, moralement, émotionnellement, mais je crois qu’il y a des choses à en tirer. Place au repos et à la réflexion.

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J’ai été végétarienne pendant 7 ans et suis vegan depuis un peu plus de 2 ans. Je pratique la course à pied depuis 5 ans (course de fond), avec une préférence pour les distances semi-marathon et surtout marathon. J’ai couru mon premier marathon en 2014 et le dernier est donc Sénart, où j’ai eu le plaisir de rencontrer Magà. Très heureuse de faire désormais partie du CLAN VEGAN MARATHON! AIOOOO! »

‎Sabrina Nicolaï‎

 

 

 

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