Une idée folle

Jean Philippe

C’est en juillet 2017 que je prends la décision un peu folle de participer au marathon après avoir vu certain.es de mes ami.es rejoindre Vegan Marathon. A cette époque je ne courrais pas. Certes, j’ai une pratique sportive régulière (aïkido) mais pas de course à pied. Il y a plus de 25 ans j’avais participé pour le fun au Paris-Versailles mais depuis j’ai peu eu l’occasion de courir. A tel point que mes baskets dataient de ce temps-là…. Bref, je venais de fêter mes 50 ans et j’avais envie de me lancer un défi pour me prouver qu’à 50 ans je n’étais pas fini. J’ai donc commencé à m’entraîner en juillet. Très vite, je passe de ma première sortie à 4km à des sorties de 10km. Mon allure n’a rien d’exceptionnelle, il me faut 1h04 pour faire 10 km. Puis je fais 12 et fin juillet, juste avant mes vacances, je me fixe pour objectif de faire un 15. Je pars donc tranquillement, si bien qu’arrivé à 15 je me dis que j’en ai encore sous le pied. Je tente 17… à 17, je me dis que je suis qu’à 3km de faire 20. Je prends sur moi et même si mon allure est devenue très lente, un pas après l’autre la distance augmente. Le Paris-Versailles faisant un peu plus de 16 km me voilà dans une distance que je n’ai jamais couru. Je me sens fier mais me sens vidé. A 20 km je décide de pousser jusqu’à 21,1 pour faire la distance d’un semi… je n’ai plus de force dans les jambes et c’est au mental, que je fini. J’ai fini, mais c’était trop tôt pour un tel effort, les deux semaines qui ont suivi j’étais complètement HS, j’ai trop demandé à mon corps et il me l’a fait payer. J’ai laissé la course de côté pendant le mois d’août. dans ma tête l’idée d’abandonner le marathon venait me titiller de temps en temps. En septembre j’ai repris l’entraînement mais la motivation en avait bien pris un coup. Si bien qu’entre septembre et décembre, je me suis peu entraîné. Une rupture amoureuse n’ayant rien arrangé à ma motivation. Début janvier j’ai compris que je n’étais pas prêt pour le marathon et que se lancer dans cette aventure n’était que pure folie. J’ai quand même réussi à retrouver de la motivation et décide de prendre mon entraînement au sérieux et à partir de mi-janvier je m’oblige à 3 entraînements par semaine. Aller courir après le boulot n’est pas toujours facile, l’hiver, le froid n’y encourageait pas non plus. Je m’achète donc de quoi courir dans le froid. Petit à petit les sensations de courses reviennent. Comme vous avez pu le constater, j’améliorais mes résultats de semaine en semaine. Malgré quelques tentatives, impossible de franchir la barre des 30 km. Il a fallu attendre début mars pour que je couvre pour la première fois 30km, une semaine après je couvrais encore cette distance en améliorant mon chrono de 27 minutes. Je commençais à croire que le marathon était envisageable….

Le marathon approchant, j’ai arrêté les sorties longues pour me ménager. De mi-janvier au marathon j’ai pu assurer 3 entraînements par semaine, qui m’ont permis d’y croire.

Une semaine avant le marathon, grosse panique. Je n’ai pas de certificat médical et les toubibs ne veulent pas m’en faire car ma tension est élevée. Certes par un effet blouse blanche mais pas que, j’ai toujours eu une tension élevée mais pas de manière continue. Elle varie beaucoup durant la journée. Bref, aucun médecin ne veut prendre le risque de me signer un certificat pour le marathon, car le risque d’AVC est trop grand pour eux. On me fait même passer un test d’effort, qui montre que je suis endurant, que mon cœur va super bien, mes coronaires sont top, mon rythme aussi, pas de problème de polarisation du cœur et surtout aucun signe clinique dû à un effort poussé à part une tension élevée. Pour les médecins je suis dans une zone d’incertitude, ça peut très bien se passer comme très mal se passer. Bref, quelques jours avant le marathon mon rêve d’être au départ s’amenuise de plus en plus… Grâce à Magà, j’obtiens un nouveau rdv avec un médecin qui accepte de me faire confiance aux vues de mon entraînement et des auto-mesures de tension auxquelles j’ai procédé pendant 4 jours. J’obtiens enfin mon certificat le jeudi soir !

Cette semaine qui précède la course a été très éprouvante pour moi, les médecins m’ont fait douter de moi, et le fait de me répéter que le risque d’AVC n’était pas négligeable, ne m’a pas permis d’aborder le marathon avec la sérénité que j’aurai aimé avoir… Après avoir médité sur la chose je décide de ne pas abandonner et d’y aller, et si je sens que ça ne va pas je lèverais le pied.

Me voilà donc sur le ligne de départ, le temps est parfait, peut-être un peu chaud, le moral est bon, je me sens bien, et je pars. Les 30 premiers km se passent très bien. Je les parcours en 3h. à partir du 32ème, le mur ! je sens que mes jambes ne sont plus capables de fournir l’effort que je leur demande. Je sais que maintenant je dois finir au mental en évitant un effort trop violent pour être sûr d’être au bout. Je gère ma course en douceur, l’important est d’avancer coûte que coûte quelle que soit l’allure. Ma montre s’éteint faute de batterie, plus moyen de gérer une allure de toute façon, la seule chose que je peux gérer c’est d’aller au bout ! Les ravitaillements m’obligent à m’arrêter et repartir est parfois très difficile. Je décide de marche un peu pour continuer à avancer et tenter de retrouver un peu d’énergie. On est au 38ème km. Je m’autorise à marcher plusieurs centaines de mètres puis je repars dans une foulée plutôt lente. Je n’ai plus d’énergie, seul le mental me porte, je n’ai pas fait ça pour rien, je serais au bout de ce foutu marathon ! mètre après mètre, je me rapproche de la fin, j’essaie de ne plus réflechir, je me mets derrière des personnes qui courent et me cale sur leur allure sans réfléchir. 40km, plus que 2 !!! 41 !!!! je le tiens ! quoi qu’il arrive maintenant je ne m’arrête plus, je sais que je suis loin de mon objectif de temps mais je m’en fous. Le challenge n’est plus là, je veux finir ! un petit km me sépare de la ligne d’arrivée, je me dit que c’est la distance qui sépare mon domicile du tram et que cette distance je la fait au moins 2 fois par jour, j’avance…. 42 km ! je vois au loin des vegan marathon dans le public, leur encouragement me fais du bien, je suis à moins de 200m de l’arrivée, s’il faut ramper je ramperais mais maintenant plus question de m’arrêter !

Je franchi la ligne…. je l’ai fait ! je ne connais pas mon temps mais je m’en fout, j’apprends après que j’ai fait 4h30 et 31s je me satisfais de ce temps, être finisher est plus important à mes yeux. Et puis après tout j’étais dans le sas 4h30 et plus… Mon objectif pour l’année prochaine : entre 4h et 4h15 !!!!

Jean Philippe

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