Maman Marathonienne

Emmanuelle

Petit retour son mon aventure au Marathon de Paris. Dans la mesure où je suis arrivée fatiguée sur la ligne de départ (mon petit dernier ne fait pas toujours ses nuits, ça n’aide pas) et mal entraînée (trois semaines que je ne courais pas ou presque, trop de choses à faire entre le boulot, les transports en île de France durant la grève, les enfants, les chats, le chien, la maison…intercaler une session d’entraînement dans mon planning relevait du défi ces dernières semaines), je m’attendais à souffrir. Et on peut dire que je n’ai pas été déçue. La fatigue et les douleurs sont arrivées plus tôt que je ne l’imaginais, un peu avant le 20eme kilomètre. Là je me suis dit que ça allait être long, très long. Les premiers moments de cette course, heureux, festifs et pleins d’empathie grâce aux encouragements bienveillants fusant de toutes parts me semblaient déjà loin. Loin les Champs-Elysées triomphants, loin la place de la Concorde majestueuse, loin la Bastille au soleil et les coucous aux inconnus…Loin aussi mon petit « hug » furtif avec Beebiz en bas des champs. Je me suis tout à coup sentie bien seule dans ma souffrance malgré tout le monde autour (y compris mon pote Fred qui a chanté Madonna du début à la fin de la course et était manifestement beaucoup plus frais que moi). C’est vrai que les encouragements te portent dans ton effort, mais il y a un stade où la fatigue est telle que tu voudrais juste être portée, au sens littéral du terme…Alors je me suis fait violence, le regard vissé sur ma montre Garmin, en essayant de maintenir une allure correcte malgré la douleur, en me gavant d’eau et de raisins secs à chaque ravitaillement et en serrant les dents. J’ai compté chaque kilomètre, lutté pour ne pas arrêter de courir dans les côtes. J’ai fait de mon mieux, tout simplement. A tel point que quand mon acolyte Fred m’a proposé qu’on se tienne la main à l’arrivée, je lui ai dit non car les seules forces qui me restaient étaient pour mes jambes. J’avais tellement peur de m’écrouler avant la fin ! Et j’étais tellement HS que je n’ai même pas vu le clan du Vegan marathon qui nous attendait à l’arrivée. Une image que je conserverais en mémoire, c’est celle des marathoniens qui, une fois la ligne d’arrivée franchie, restaient allongés au sol ou marchaient en clopinant (j’étais de ceux-là). Comme quoi ils s’étaient vraiment donnés jusqu’au bout. Ce que je retiendrais finalement c’est le contraste entre la vraie bienveillance des personnes venues encourager les coureurs, des coureurs entre eux et des bénévoles et la dureté de ce combat contre soi-même, contre son propre corps. Et comme j’espère moins souffrir et profiter plus de la fête l’année prochaine, je rempile c’est sûr ! Merci à Fred pour être resté à mes côtés tout au long de la course (et pour avoir fait marrer tout le monde sur son passage avec ses hurlements madonnesques). Et merci Magà pour ton incroyable énergie qui nous donne envie de nous dépasser ainsi qu’à tous les membres du clan pour votre incroyable amitié et votre engagement sans faille. Je suis fière de vous connaître. AIO !!!

Emmanuelle

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