Les effets bénéfiques de la préparation marathon sur ma santé

marathon toulouse Bastien 2Du Du coma à la ligne d’arrivée

J’étais un homme ordinaire. Ma vie a basculé entre le 9 avril et le 16 avril 2012, période où je suis resté dans le coma, après une overdose de neuroleptiques. J’en suis sorti avec 70% d’invalidité et moins de 5% de capacité de travail. Je ne suis pas à plaindre : j’ai une mère adoptive qui a toujours été là pour moi, des ami.es, quasiment tous véganes, avec qui j’aime passer de bons moments comme des moments militants plus graves, j’ai une pension d’invalidité jusqu’à mes 62 ans et un travail à temps partiel dans une entreprise adaptée (je suis reconnu travailleur handicapé). Pourtant, grâce au militantisme pour les animaux et la course à pied, je ne me suis jamais senti aussi vivant.

J’ai commencé à courir régulièrement en septembre 2015. Tous les 2 jours, je parcourrais 5 km. Ceci dans l’optique de me sevrer d’une addiction aux benzodiazépines. Ca a marché, et j’ai continué de courir. En février 2016, je propose à un copain végane et militant de l’accompagner pour le semi-marathon de Montauban qu’il prépare début avril 2016. Ce sera ma première compétition en course à pieds. J’ai deux mois pour la préparer. Alors, je « durci » les entraînements et je tente de parcourir 15 km. Puis 20 km. Pendant le mois de mars 2016, je cours 20 km tous les 3 jours. Le jour J, je cours le semi de Montauban en 1h50.

Je continue de m’entrainer même si je ne m’inscrits à aucune compétition. Je retrouve de la santé au fur et à mesure de mes sorties, je me sens moins fatigué, moins dépressif, plus combatif. Si tant et si bien qu’après 4 ans de mise en invalidité et de chômage, je retrouve du travail, en CDI, comme magasinier pour un sous-traitant d’Airbus. Grande victoire alors que le corps médical (médecin-conseil CPAM, neurologue, psychiatre, etc) pensait plutôt que je ne pourrais plus jamais re-travailler.

Les distances que je cours ne sont jamais inférieures à 10 km et vont régulièrement jusqu’à 25 km. Je me sens de plus en plus en forme. J’ai moins besoin de dormir, moins besoin de manger à heures régulières. Je rêve de marathon, mais je ne me vois pas le préparer seul, ce sont des entrainements trop longs.

Le 17 juin 2017, quelques jours après les élections législatives où je représentais le Parti animaliste sur une circonscription de Haute Garonne, je covoiture avec Patricia, végane militante corrézienne, pour aller manifester contre la ferme des 1000 veaux à Guéret. Elle porte un T-Shirt « Vegan Marathon ». Je parle avec elle de course à pieds et je lui dis que j’aimerais faire des entrainements longues distances (30 km et plus) avec elle de temps en temps. Le 13 juillet, entre 21h et minuit, nous courrons 30 km tous les deux, en un peu plus de 3 heures. Ce fut une véritable ouverture pour moi.

Patricia me parle du marathon de Paris et je commence à réfléchir pour m’y inscrire. Mais avant, il faut que je sois certains de pouvoir tenir une telle distance, et donc que je cours cette distance à l’entrainement.

Mi-août, je parcours seul 35 km. Tout se passe bien. Fin août je récidive. Début septembre aussi et je décide de m’inscrire au marathon de Toulouse qui se tiendra le 22 octobre 2017. Au plus fort de mon entrainement, je fais 3 sorties de 35 km par semaine, soit plus de 100 km. C’est trop, d’accord, mais je veux être certains de terminer la course le jour J. J’entends trop parler de runners qui décrochent entre le 30ème et le 35ème kilomètre et je ne veux pas être de ceux-là. Les effets de ces entrainements me transforment, en quelques sortes. Je récupère beaucoup plus vite, je suis plus combatif, plus déterminé, plus tonique, plus agressif. Et surtout j’ai beaucoup plus d’assurance, dans tous les domaines de ma vie. Au travail, je n’ai plus peur des nouvelles tâches. Quand je cours, je pense toujours que je vais revenir sans trop souffrir. Au niveau militant, je me suis engagé en politique au Parti Animaliste. Au niveau de la rue et des espaces avec des inconnus, je ne me sens plus en insécurité, j’avance la tête haute et les poings serrés. En amitiés et amour, je suis entreprenant, je leur dis que je les aime, qu’elles et qu’ils comptent pour moi et que je ne serais pas grand-chose sans eux.

Le jour du Marathon de Toulouse, ils étaient là : Nina et ses potes, Nathalie et Christian, mon ami Romain, Marie-Odile, Sébastien et d’autres, tous animalistes, tous militants. Il faut dire que j’avais la pression : 4 articles de la presse locale faisaient état de ma présence à cette compétition et les carnistes auraient été trop contents que j’abandonne. Il n’en fut rien. Porté par les encouragements de mes ami.es, je rejoints au 34ème kilomètre Bertrand, co-référent L214 pour le Puy de Dôme, portant un T-Shirt « Vegan Runner ». Je passerais la ligne d’arrivée en lui tenant la main en 3h53. C’était bien. C’était beau. C’est VEGAN MARATHON.

Bastien BOUET-ANNOUN

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Article : 20 minutes 

 

4 thoughts on “Les effets bénéfiques de la préparation marathon sur ma santé

  1. Waouh waouh waouh… Tu es la joie et la force de vivre !! Je ne sais pas quoi dire de plus tellement ça me touche…

  2. Bravo Bastien pour ton courage et ta détermination.
    J’admire ta décision de choisir la transparence et de te mettre à nu.
    Tu es la preuve vivante qu’il est possible de revenir de l’enfer qu’est la prise de psychotropes.
    Bienvenue dans le monde des vivants, des joyeux, des émerveillés, des amoureux, des optimistes.

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