173 battements par minutes

Résultat de recherche d'images pour "fréquence cardiaque"

Un dimanche, on s’était programmé une session longue de 30 km avec mon ami Aymeric, histoire de se confronter un peu à la réalité de ce qui nous attend pour le Marathon…De mon côté, comme à mon habitude, le matériel était un peu déficient. Un camelback pas complètement rempli, un gel à boire de la boutique Marathon et quelques amandes, rien de plus. Je suis comme ça, je n’aime pas avoir beaucoup d’équipement, c’est aussi pour ça d’ailleurs que j’aime la course à pied, car en principe une paire de chaussures adaptées et une volonté de fer suffisent à courir une bonne distance. Aymeric lui, c’est tout le contraire. Je crois que pour lui, l’habit fait le moine et je le soupçonne d’ailleurs d’aimer particulièrement s’entourer de toutes sortes de petits gadgets, boissons énergisantes et divers en-cas miraculeux pour se donner confiance. Alors ce jour-là, il est arrivé avec 3 litres d’eau, un litre dans son dos (camelback) et une gourde d’1 litre de chaque côté de son buste remplies toutes deux d’un produit liquide sucré qui donne de l’énergie et aide à éliminer l’acide lactique. Je passe sur tout ce qu’il avait emmené à manger, car je crois bien qu’avec tout ça il était prêt à se lancer à l’assaut de l’UTMB (ultra trail du Mont Blanc, une référence pour les ultra-trailers)…Nous voilà donc partis, prêts à guerroyer durant 3 heures. Et cette guerre commence bien, car malgré le froid il fait beau, on est en forme l’un et l’autre et le Parc de Sceaux est juste magnifique. On discute, on scrute notre temps, on regarde les autres coureurs. L’ambiance est à la bonne humeur, on accélère même dans les côtes. J’ai l’impression de pouvoir continuer des heures durant. J’avais peur au départ d’avoir froid aux mains car je n’avais pas pris mes gants, mais celles-ci se sont vite réchauffées. À part un orteil un peu douloureux (mon point faible les orteils, il faudra que je consulte un podologue, à moins que le problème vienne de mes chaussures?), je n’ai mal nul part durant les 21 premiers kilomètres. 21 kilomètres, c’est précisément la plus longue distance que j’avais couru avant de me lancer sur ces 30 km. Et là encore, la règle que j’avais observée sur le semi-Marathon de Vincennes se vérifie : c’est là, au km près, que je rencontrerai le fameux « mur », juste au moment où j’atteins la distance la plus longue déjà courue précédemment.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes souriantes, personnes debout
A ce rythme là Emmanuelle n’avait pas le temps de prendre de photo, ce sera donc un cliché avec Aymeric du semi de Vincennes

Ce « mur » pour moi signifie que j’ai d’un coup senti une immense fatigue, puis me suis rendue compte que j’avais le bout des doigts gelés alors que jusque-là je n’avais pas eu froid. Peu de temps après mes jambes se sont mises à me faire mal, d’abord je les ai senties raides, puis petit à petit la raideur a fait place à la douleur. Et à force de courir sans souplesse, un peu à la manière d’un pantin, un genou d’abord, puis une hanche ensuite, ont commencé à me faire souffrir. À un moment, j’ai fini par dire à Aymeric : « je ne suis plus qu’une douleur ». Mais je finirai ces 30 kms, à un rythme tout à fait correct d’ailleurs car je vais finalement retrouver mon rythme de croisière et finir ma course comme je l’avais commencée. Le problème c’est que sur un Marathon, j’en aurai eu 12 de plus. Je les aurais peut être tenus, mais dans quel état ? C’est bien ce qui va me préoccuper les jours-suivants. Que s’est-il passé pour que je passe d’un coup de l’euphorie à la souffrance ? C’est finalement en regardant ma fréquence cardiaque enregistrée par ma montre Garmin durant la course que j’ai compris. Une moyenne de 173 battements par minutes avec des pointes à 202 ! C’est beaucoup trop, surtout sur 3 heures de course. Là je comprends mieux les douleurs: mes jambes devaient être pleines d’acide lactique avec un cœur qui avait fonctionné à plein régime ! Donc je décide que désormais, quand je courrai, je surveillerai attentivement mon cœur grâce à ma montre. Mon but sera de faire baisser mon cœur, en essayant malgré tout de maintenir ma vitesse la plus proche possible de mon rythme habituel. Car je suis convaincue que si le jour J j’arrive à maintenir une fréquence cardiaque pas trop élevée sur au moins 2/3 du parcours, l’acide lactique ne viendra m’embêter que sur les derniers kilomètres, au moment où c’est souvent le mental qui nous fait avancer. Et là je n’aurai qu’une chose à faire : sourire, crier « AIO! » et continuer jusqu’à la ligne d’arrivée, un pied après l’autre.

Emmanuelle Grimault

 

2 thoughts on “173 battements par minutes

  1. Bravo ! Je sais ce que c’est de courir des longues distances avec une fréquence cardiaque moyenne autour de 175 bpm (soit 96% du max pour moi).

    Au bout de 5 ans de pratique, pas d’amélioration, mais il faut dire que jusqu’à 41ans j’ai eu une vie plus que sédentaire, donc normal, dixit le cardiologue.
    Si tu aimes courir, tu surmonteras ça, j’en suis convaincue.
    AIOOOO!!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.