L’eau virtuelle et la part du lion

AIO est un lion végane et il a entendu parler de l’eau virtuelle, mais sans en connaître précisément le concept. Ses amis du CLAN VEGAN MARATHON lui ont fait un dessin, et lui ont expliqué ce qu’est l’eau virtuelle.

L’eau virtuelle est l’ensemble des consommations d’eau nécessaire à une production, agricole ou industrielle, ou à un service. En d’autres termes, cela correspond à la quantité totale d’eau nécessaire pour produire quelque chose. On parle d’eau virtuelle car l’eau consommée ne se retrouve généralement pas dans les produits finis. Par analogie, on peut considérer que c’est l’équivalent hydrique de l’énergie grise (1) .

Cette eau virtuelle est puisée dans l’environnement immédiat (pluie, nappe phréatique, etc.) et dans les apports artificiels comme l’irrigation ou les canalisations d’eau. Plus les ressources en eau de l’environnement sont faibles et plus les apports artificiels peuvent être importants, en fonction du mode de production. Le concept d’eau virtuelle est utilisé pour évaluer l’empreinte environnementale d’un produit, d’un service, des échanges commerciaux entre pays ou d’un mode de vie. La production de viande, d’œufs et de fromages nécessite des quantités d’eau plus importantes que celle de céréales et de légumineuses.

VEGAN MARATHON AIO eauLa Terre a un stock d’eau limité, une ressource qui est indispensable à la production de nourriture. La FAO (organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que la croissance des besoins en eau de l’agriculture d’ici 2050 est globalement soutenable (FAO, 2015), avec cependant une quinzaine de précisions, dont celles-ci : – Certaines régions du globe risquent d’être confrontées à des sécheresses et pénuries d’eau. – L’agriculture est et sera le secteur d’activité le plus gourmand en eau, elle doit donc maximiser son efficacité.

– Le réchauffement climatique va nécessiter des adaptations techniques pour limiter ces besoins croissants en eau. En élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 15,415 litres d’eau, bien plus que pour le cochon (5,998 litres) et le poulet (4325 litres). C’est bien entendu plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz, le blé ou le maïs.  Globalement, la consommation en eau a plus que doublé par rapport au taux de croissance de la population durant la plus grande partie du siècle dernier et un nombre croissant de régions atteignent la limite en ce qui concerne la délivrance de services en eau fiables. Aujourd’hui, l’agriculture utilise 70% de tous les prélèvements d’eau douce dans le monde et jusqu’à 95% dans plusieurs pays en développement. En 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou régions à forte pénurie d’eau et les deux tiers de la population mondiale pourraient connaître des conditions de « stress hydrique ». Une étude parue en 2013 note que « l’empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23% à 38% en diminuant ou supprimant la part de la viande dans les repas.

Sur ce dernier point AIO n’a aucune inquiétude à se faire, il connait maintenant l’eau virtuelle et la part du lion pour lui ce serait plutôt un plat de lasagnes végétales, ce n’est pas parfait mais qui l’est ?

(1) Le concept d’énergie grise correspond à la somme de l’énergie dépensée de la phase de conception d’un produit à son recyclage, ou à sa destruction. La commercialisation ou les activités de service, l’usage du produit ou sa mise en œuvre font partie des critères retenus. Le résultat chiffré permet de choisir, en connaissance de cause, le matériau le plus respectueux de l’environnement dans chaque secteur. 

Texte Patricia Ettori / dessin Caroline Mezin

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