Saintélyon, c’est quand la prochaine ? 

25285943_10213161087875992_1555678138_oDéjà  une semaine que c’est fini, mes courbatures sont parties depuis quelques jours et arrive déjà la nostalgie de la course ! Voici mon récit de cette première expérience de la Saintélyon, 72km en solo mais pas vraiment toute seule 😉

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Tout commence par l’arrivée à Lyon le vendredi avant la course, un passage éclair à la Halle Tony Garnier pour aller chercher mon dossard : le numéro 837 m’est attribué, je suis parmi les premières à me présenter sur une course avec plus de 6000 partants sur cette distance. Puis direction Saint-Etienne pour me reposer une journée avant la course, la pression monte mais je gère ! A Saint-Etienne, il fait un froid de canard, il y a de la neige dans les rues, je commence à me demander si je suis assez équipée contre le froid. Les prévisions météo annoncent des températures négatives pour la nuit de la course, mais pas de précipitations, je croise les doigts pour que ça dure et je reste au chaud en attendant le lendemain.

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Samedi soir, vers 21h, je me mets en marche vers le Parc des Expos de Saint-Etienne. J’ai 2km à parcourir à pied pour y arriver, j’ai bien repéré le chemin, je réussis à ne pas me perdre, premier défi relevé ! Arrivée à l’entrée du Parc, il y a une file d’attente avec fouille des sacs et palpations au corps par mesure de sécurité. Une file est donc réservée aux femmes. Les hommes eux, ont 3 files différentes et passent rapidement alors que nous, les filles, nous sautillons sur place pour ne pas avoir froid car nous devons patienter un peu plus longtemps. Mais pas le choix, alors on prend son mal en patience en sautillant ! Seulement environ 600 femmes se lancent cette année au départ du 72km, soit environ 1/10ème des participants !

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2 grands halls d’attente sont réservés aux coureurs avant la course, je retrouve mon premier coéquipier dans le Hall A, qui est heureux de me voir arriver après quelques heures d’attente en solo et nous partons retrouver le reste de la team Végé dans le Hall B ! Certains coureurs sont là depuis longtemps et ont prévu tapis de sol, duvets, un vrai camping intérieur ! Un speaker nous donne des informations sur la course « températures très froides », « neige »,  « verglas », à vrai dire, il nous fait un peu  peur… On commence alors à se préparer pour la course. Enfilage de couches de vêtements, le dossard, préparation du sac de course, derniers tests de la lampe frontale, quelques photos de l’équipe, un dernier tour aux toilettes et c’est parti il est déjà plus de 23h et c’est le moment de se mettre en route vers la ligne de départ ! On voit l’arche au loin, mais avec tous ces coureurs devant nous, on est pas encore prêts à démarrer. La première vague de départ se fait à 23h30, nous attendrons la 6ème et dernière vague pour partir à 0h20. Etonnamment, il ne faisait pas froid, avec tout le monde autour, la chaleur humaine et l’adrénaline nous ont aidés à conserver notre température !

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Les premiers kilomètres se passent bien, on a presque tous beaucoup trop chaud, mais hors de question que je me découvre dès le début. Plutôt avoir trop chaud que trop froid et je sais que ça ne va pas durer ! Nous sommes en zone urbaine sur route sur presque 5 kilomètres, le trail n’a pas encore vraiment commencé, l’allure est rapide, mais on essaye de rester lucide, ce n’est pas représentatif de la course. Puis tout d’un coup, une bifurcation dans un chemin à gauche, ça y est la Santélyon commence ! La largeur du chemin se rétrécit, on ne va pas très vite, car les montées et descentes commencent et avec la neige, le verglas et aussi la foule du départ qui ne s’est pas encore dispersée on est un peu bloqués parfois. On perd notre premier membre de l’équipe, pour qui nous n’allions décidément pas assez vite et qui décide de partir en solo. De notre côté, on décide de rester ensemble le plus possible et on s’appelle régulièrement en courant pour vérifier qu’on est tous bien là et attendre les derniers, un bel esprit d’équipe ! On finit par chausser nos crampons (acheté 2 jours avant le départ au vu des températures négatives prévues) et on ne regrette pas de les avoir ! Nous volons littéralement sur le verglas et au vu des personnes que nous doublons et qui manquent de tomber à chaque pas on est heureux! Cette joie est de courte durée, car tout n’est pas parfait, je perds un crampon suite à une glissade dans la neige, je continue sur plusieurs kilomètres par la suite en prenant appui sur mon pied droit qui a gardé son crampon et je vérifie toutes les minutes que je ne perds pas le second ! Mais la chance est toujours de mon côté car quelques kilomètres plus loin, je trouve un crampon perdu par une autre personne sur le chemin. Ok, il est 12 fois trop grand pour moi, mais avec un peu de bidouillage, il fait très bien l’affaire et me permet de repartir sereine sur le verglas ! Les deux premiers ravitaillements passent à une vitesse folle, avant même eu le temps d’avoir dit « ouf », nous avons déjà parcouru plus d’une vingtaine de kilomètres ! Je me sens fraîche, en forme, je n’ai pas froid (sauf aux mains quand on s’arrête aux ravitos, mais dès qu’on est repartis la chaleur revient doucement), la vue du long serpent de lumière qui s’étend dans les collines en contrebas est juste magique, bref, je profite du moment ! On passe pas mal de temps sur les ravitaillements, le temps que tout le monde puisse passer aux toilettes, recharger en eau et en victuailles et on repart à chaque fois ensemble et motivés ! On passe le panneau « Arrivée Lyon 50km » et on rigole « 50km c’est rien, à peine plus d’un marathon ! ». Un membre de la team commence à faiblir un petit peu, on l’attend à plusieurs reprises et il nous dit au final de ne pas l’attendre, il ne se sent pas bien et ne veut pas nous ralentir. Nous partons donc sans lui, en espérant qu’il arrivera quand même au bout… Nous sommes donc maintenant 4 sur les 6 du départ. Ça me fait penser un peu à un film d’horreur, avec tous les protagonistes qui se séparent jusqu’à ce que le personnage principal se retrouve seul face au monstre. On en rigole et on continue notre chemin. A certains passages nous sommes à l’abri du vent sous les arbres mais parfois on est totalement à découvert et là, le vent du nord nous arrache de petits cris de surprise. Alors on remonte le buff sur le nez, on se met en mode Ninja et c’est reparti ! A ce moment-là de la course, on marche uniquement dans les montées et les descentes qui sont trop raides, le reste du temps on essaye de tracer en courant sur le plat autant que possible. Jusqu’ici tout va bien…

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Après le 3ème ravitaillement, à peu près 42km après le départ (ça y est je suis en roue libre, je n’ai jamais couru plus que cette distance !), le jour se lève enfin ! On arrive au ravito de nuit et on repart de jour ! C’est parti pour une nouvelle expérience de course ! A partir d’ici, on sait que l’on a fait le plus dur et termes de dénivelé, mais le plus difficile s’annonce pourtant car c’est ici que la fatigue musculaire commence vraiment à se faire sentir. Un des membres de la team commence à avoir une douleur à la hanche qui l’empêche de plier la jambe correctement, mais il fait avec et continue.

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Arrivé au ravitaillement du 51ème km, on commence vraiment à tous souffrir. Les jambes sont lourdes, les genoux fatigués, les muscles tendus en permanence.  Mais cela n’entame pas notre bonne humeur, car on a jamais été aussi prêts du but ! En plus, on se fait doubler par notre membre de l’équipe que l’on croyait avoir abandonné dans le dur, il s’est bien remis et on repart avec lui de plus belle ! Enfin, il ne faut pas exagérer, on en est quand même à un moment de la course, où on va trottiner uniquement sur du plat et le reste on va le faire en marchant, ça y est les jambes flanchent…

On arrive au ravito du 62ème kilomètres, plus que 10, c’est rien du tout ! On perd un autre membre de l’équipe qui avec sa douleur à la hanche n’en peut plus et décide d’abandonner… il connait le parcours et ne se voit pas finir la course dans cet état. On essaye de le convaincre, mais sa décision est prise, il va prendre le bus pour retourner à Lyon. De retour à nouveau à 4, on repart un peu tristes. Et à partir de maintenant, on ne va quasiment plus faire que marcher. Les jambes sont définitivement H.S ! On croise le panneau « Arrivée Lyon 5km ». Enfin, c’est pas trop tôt, on l’attendait celui-là ! Mais notre joie est de courte durée, on a encore 2 grosses côtes à monter avant l’arrivée. La dernière est vraiment la plus terrible, interminable, on utilise nos derniers souffles pour la maudire ! Puis l’arrivée à Lyon, mais le périple n’est pas encore fini ! Le parcours nous fait faire un détour sur les quais et l’on peste de plus belle alors qu’on a bien en vue le musée des Confluences qui annonce la fin du parcours pourtant si proche… Le pont traversé, ce n’est plus qu’une question de minutes. Certains membres de l’équipe veulent courir pour la fin, moi je ne veux pas, j’ai l’impression d’utiliser bien trop d’énergie pour courir à une vitesse qui s’approche bien trop de la marche. On va faire tout de même quelques foulées pour les photographes qui nous attendent devant la Halle Tony Garnier : « pour la gloire ! » et puis nous passons cette foutue ligne d’arrivée main dans la main et avec même quelques foulées de course ! Cela fait 13h41 que nous sommes partis de Saint-Etienne, nous sommes Finishers de la Saintélyon 2017 ! Le speaker qui annonçait avant la course qu’il ferait la bise à tous ceux et celles qui terminaient la distance pour la première fois est là et il tient sa promesse, tous les nouveaux, dont moi, on a le droit à un bisou !

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On récupère notre t-shirt de finisher (celui-ci je vais le chérir jusqu’à la fin de mes jours) et on retrouve notre coéquipier qui nous avait devancé au tout début de la course ! Il nous attend depuis 2h car il a fini la course en 10h40, le grand malade ! Puis direction la douche, ultime épreuve de la course… une tente à l’extérieur, il faut se déshabiller dans le froid, je découvre que j’ai la plus grosse ampoule de ma vie sur un orteil, je ne sais même pas comment j’ai fait pour ne pas la sentir jusque-là… L’eau est chaude et fait vraiment du bien, mais le séchage et le rhabillage dans le froid sont un dernier supplice avant de rejoindre l’équipe pour le ravitaillement post course ! Nous aurons droit après quelques vérifications de vigueur à du pain, des nouilles instantanées, des légumes , du bouillon, des clémentines et une bière, le tout vegan (on a dit non merci gentiment à la charcuterie et au fromage) ! Ce n’était pas le meilleur repas de ma vie, mais il avait le mérite d’exister et il a fait du bien par où il passait. Une dernière photo tous ensemble (ou presque car il nous manque quand même un coéquipier qui est rentré directement à son hôtel  avec le bus) et on monte dans le tram qui nous emmènera soit à la gare, soit pour ma part chez une amie qui m’héberge pour quelques jours à Lyon après la course. En arrivant, je reprends une douche car je n’avais pas eu le courage de me laver les cheveux à la halle Tony Garnier, ensuite il est 17h et la fatigue d’une nuit blanche à courir dans le froid et la neige commence à se faire sentir. Je me pose dans mon lit et c’est parti pour une bonne nuit de sommeil à rêver de nos exploits du jour…

Les bénévoles tout au long du parcours, bravant le froid autour de braseros pour encourager tous les coureurs et s’égosillant sur notre passage, les habitants qui proposaient des ravitos officieux en face de chez eux pour aider les coureurs, le coureur déguisé en tortue qui courait pour la bonne cause et que l’on a croisé à plusieurs reprises sur le parcours, le thé chaud et sucré des ravitaillement, l’eau salée que l’on a bue dans nos camelbaks pour ne pas qu’elle gèle (et qui a gelé quand même pour certains), les pâtes de fruits englouties à la chaîne, les toilettes des ravitaillements pas toujours très propres, les sensations de déjà-vu sur le parcours (ce virage ou ce sapin me dit quelque chose), le silence et la concentration au départ et sur certaines portions de la course, les discussions et les rires aux autres moment, la convivialité tout au long du parcours, l’entraide quand un coureur ou une coureuse chute,  … autant de petites choses (et je suis sûre que j’en oublie beaucoup d’autres) qui ont fait de cette expérience, une magnifique aventure ! La question que je me pose maintenant : C’est quand la prochaine ? 😉

CLAIRE, VG-COCH VEGAN MARATHON

2 thoughts on “Saintélyon, c’est quand la prochaine ? 

  1. Graaaande admiration pour vous!! Et c’est tellement magique de réussir à préserver un petit groupe pour affronter l’épreuve ensemble. ❤️❤️❤️

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