Léonor Grandsire à l’assaut du marathon de New-York

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(c) Florence Bonny

 

« Je m’appelle Léonor Grandsire, J’ai 52 ans, mariée avec une fille de 28 ans. Je suis responsable de la zone Europe du Sud pour un grand groupe américain du secteur du divertissement : je dispose donc de peu de temps personnel et je voyage beaucoup. »

Vous venez de courir le marathon de New-York ?

C’est un marathon exigeant, où le deuxième semi est bien plus difficile que le premier, à cause des ponts et des longs faux-plats. Il faut donc bien gérer sa course et parvenir à s’économiser au début de la course, quand pourtant on se sent en forme. Mais c’est aussi un marathon fantastique du point de vue du soutien des spectateurs tout au long du parcours. Ils sont plus de 2 millions, 10 fois plus qu’à Paris, et ils encouragent tout le monde avec une ferveur incroyable. Ce peut être un danger en début de course, mais c’est un réel atout a la fin. Pour les habitants de New York, ce marathon est vraiment important et ils se mobilisent en nombre. Enfin, c’est une course qui bénéficie généralement d’une température idéale autour de 10-12 degrés, ce qui permet d’éviter les désagréments dus à la chaleur (comme les deux derniers marathons de Paris par exemple).

Parlez-nous de votre préparation pour ce marathon

C’était mon cinquième marathon, et la deuxième fois que je courrais New York. J’ai fait une préparation assez longue, de quatre mois, avec 3 séances de course et une séance de vélo (pour l’aspect musculation) par semaine. Les trois séances se décomposaient en une séance au seuil, une séance de fractionnés (VMA courtes et longues au début, puis fractions à allure 10km en fin de programme) et une sortie longue. J’ai particulièrement « soigné » les sorties longues en poussant le kilométrage (2 sorties à 25km et 2 sorties à 30km) dont une bonne partie à allure marathon. J’ai eu la chance de ne pas être malade ni me blesser durant la préparation et de ne manquer aucune séance. J’ai aussi priorisé le sommeil ce qui m’a permis de ne pas ressentir de fatigue.

Grâce a la qualité de la préparation, j’avais tous les atouts pour faire une bonne course. Je me suis fixée un objectif raisonnable (= battre mon actuel record qui est assez moyen) avec un plan de course très précis : allure marathon, mais jamais plus vite (sauf dans les descentes pour rattraper le retard des montées) tant que ma fréquence cardiaque restait sous la limite que je m’étais fixée (80-82% FCM jusqu’au semi, pas plus de 85% avant le km35). J’ai appliqué à la lettre ce plan, ce qui m’a permis d’en garder pas mal sous le pied pour la fin et d’accélérer après le km35 pour finir la course en négative split (2eme semi plus rapide que le premier) et en battant mon record de 3 minutes. Sans grosse difficulté, ni mur.

Pouvez-vous nous décrire le concept de finisher ?

Un marathon, c’est toujours une aventure : tout peut arriver, c’est imprévisible, on n’a jamais la certitude que le corps va tenir. Etre finisher nous prouve à nous mêmes que nous sommes parvenus à aller au bout. Mais c’est aussi la gratification de plusieurs mois d’entraînement, de sorties dans la nuit, le froid, sous la pluie parfois. Etre finisher c’est la preuve que quand on se donne les moyens, on y arrive, que l’effort et la ténacité paient.

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Qu’est-ce qui vous a séduit dans VEGAN MARATHON ?

Vegan Marathon sont les deux mots qui symbolisent deux des choses les plus importantes dans ma vie : les animaux et la course à pied. Quand j’ai entendu parler de l’association, ça m’a semblé naturel d’y adhérer. J’ai fait floquer un tee-shirt avant même que l’association n’en propose pour pouvoir au plus tôt en porter les couleurs. Courir sous ces couleurs, c’est avant tout une fierté. Montrer au monde que je suis vegan, sportive et en forme.

VEGAN MARATHON fédère et permet de se dépasser pour défendre un mode de vie juste, éthique, bienveillant, moral et respectueux du vivant sous toutes ses formes. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Se dépasser est une de mes règles de vie. Et le mode de vie vegan avec les valeurs que vous citez correspond à ma vision du monde, donc je me sens en phase avec VEGAN MARATHON.

23667156_10155364398689102_1740449159_nPensez-vous que l’on puisse faire du sport de compétition sans être en concurrence avec les autres ?

Bien évidemment et la course à pied en est le parfait exemple. C’est un sport où, au niveau amateur, on se bat avec soi-même dans le but de se dépasser. C’est une compétition contre soi-même. Bien sur, on va se réjouir d’un bon classement, ou encore essayer de doubler des coureurs, mais ce sera toujours in fine une victoire sur soi.

Depuis combien de temps êtes-vous végane ?

Je suis devenue végétarienne il y a trois ans, et végane très rapidement après. Avant d’être végane, j’ai d’abord cessé de consommer les mammifères, puis les volailles et ensuite les poissons et les fruits de mer. Le déclencheur a été ma chienne : j’ai commencé à me poser des questions sur l’attachement et la considération que j’avais pour elle, et ce qui la différenciait des autres mammifères. Une faille dans ma dissonance cognitive ! Je me suis ensuite documentée et très vite le reste du processus s’est mis en place.

Votre régime alimentaire est-il un frein ou un bienfait pour la pratique intensive du sport ?

Ce régime est pour moi clairement un bienfait ! L’alimentation végétale économise beaucoup d’énergie au corps tout en lui apportant la majorité des éléments essentiels. Mon corps peut donc dédier son énergie et ses ressources au sport et a l’effort plutôt qu’a lutter contre une digestion difficile ou des toxines inutiles.

Si l’exploitation animale cessait du jour au lendemain que ferions-nous des animaux ?

Nous apprendrions à cohabiter avec eux je suppose, en harmonie autant que possible, avec eux et avec la planète.

Le cri de la carotte ça vous dit quoi ?

Au delà d’un argument un peu idiot de certains détracteurs, je trouve intéressantes les dernières découvertes sur les végétaux, comme les arbres. Je pense qu’on va en apprendre encore plus et qu’il faudra continuer à s’adapter pour provoquer un minimum de dommages. Mais en attendant, les animaux, humains et non humains, me semblent une priorité.

Vous êtes plutôt clan et famille ou loup solitaire ?

J’aime être entourée de ceux que j’aime, famille et amis. J’aime le partage et les échanges. Mais j’aime aussi ces moments de solitude que la course m’apporte et qui sont mes bulles de paix, nécessaires dans nos vies actuelles hyper-remplies.

Est-ce que l’on peut considérer le véganisme comme une mode ?

Le véganisme ne me semble pas une mode. Il peut l’être si l’unique motivation est la santé et que l’on passe à un autre régime. Mais pour ceux dont la motivation est la justice pour tous les êtres vivants, le véganisme est une vision du monde, une philosophie, un mode de vie et de pensée.

Quels sont vos projets ?

Je vais essayer d’améliorer mon temps sur marathon à Annecy en avril prochain. Je prévois également de commencer à allonger les distances avec le trail du Morbihan (56km) en juillet. J’ai commencé à goûter au triathlon, donc je m’inscrirais certainement à une épreuve ou deux l’été prochain.

23469207_10155348126404102_1878611802_o.jpgQue veut dire courir pour les animaux ?

C’est un acte militant : il s’agit de démontrer qu’une alimentation 100% végétale est compatible avec une activité sportive.

Le mot de la fin ?    

VEGAN MARATHON est une association formidable et prometteuse pour le mouvement. La course à pied rassemble de plus en plus de monde et c’est un vecteur ludique et plein de sens pour promouvoir le véganisme. Je suis très heureuse et très fière d’en faire partie, et je ne doute pas que son développement va se poursuivre de manière spectaculaire.

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