Mon premier “ semi ” en pleine campagne limousine

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Voilà un peu plus de trois mois et demi que je me suis lancé dans l’aventure Vegan Marathon, depuis mi-juin en fait, après une dizaine d’années d’une sédentarité quasi totale et la prise d’une bonne dizaine de kilos supplémentaires (voire davantage à un moment donné). J’avais déjà fait auparavant du running, de la natation et du tennis mais pas vraiment de manière intense, sauf à l’occasion de brèves périodes, et jamais en compétition. Les progrès ont d’abord été rapides, enchaînant courses brèves et marches plus longues, et profitant des grandes vacances pour cela (oui, je suis prof, les vacances, c’est vraiment une chance dans ces cas-là). J’ai par contre rapidement contracté une vilaine douleur sous une omoplate mais fort heureusement soulagée et même disparue grâce à une étiopathe et à son collègue (merci madame, merci au collègue aussi). Fin juillet, je finis avec succès mon premier 10km, tout content, youpi.

22154723_10213896026051826_5650424998413258533_nVoilà début septembre et je me lance un défi pour le Vegan Marathon Running Tour avec 10 km/jour pendant 10 jours, défi en partie rempli seulement (j’ai tout de même aligné dans les 75 km environ), j’avais dû fixer la barre un peu haut mais qui ne tente rien n’a rien comme on dit.

Vous me direz, on est loin du marathon de Paris en avril prochain avec ça mais qu’importe, “ chi va piano, va sano, va lontano ” comme disent les Italiens.

L’automne arrive et quelques belles journées encore (mieux d’ailleurs que l’été qui n’a pas franchement été follichon, hormis la canicule fin juin mais qui n’était pas vraiment mieux à vrai dire). Hop, je décide de m’inscrire au semi-marathon de Boulogne au mois de novembre prochain alors que j’étais d’abord plutôt décidé à faire quelques trails nature dans le coin. Finalement, je me dis que le semi serait un bon test et une bonne occasion de rencontrer les gens du clan (et éventuellement d’aller manger un bon repas ensemble, je suis assez gourmand faut dire). Le truc, c’est que je n’avais encore pas approché de près la distance d’un semi, n’ayant pas dépassé les 12 km à une allure modérée (genre 9 km/h et un peu mieux sur 10 km). Et là, quand j’ai pris conscience que le semi, c’était dans un peu plus d’un mois et demi, houlà, je me suis dit qu’il allait quand même falloir se frotter à la distance d’une manière ou d’une autre, et quoi de mieux qu’une course dans la belle campagne limousine doucement vallonnée, n’est-ce pas ?C’est parti pour un beau défi par une belle journée d’automne, la bouche en coeur par monts et par vaux sur des chemins que je connais bien (enfin, je croyais et je ne comptais pas sur la présence d’imprévus, logique en somme, les imprévus ne sont pas faits pour être prévus).

22312162_10213912321779209_199261217_oJ’enfile mes runnings ordinaires, bé oui, pas besoin de chaussures de trail, hein, il fait sec aujourd’hui et depuis quelques jours, pas trop de boue en théorie et puis, que des routes et chemins durs, lol, imbécile que je suis. C’est parti, montre gps au poignet, sac à dos avec de quoi boire (1l) et éventuellement manger un petit bout au cas où. D’abord, de la route, aucun souci, j’aligne un, puis deux, puis trois et quatre kilomètres, ça monte et ça descend mais rien de bien méchant, mon rythme s’adapte au relief, je suis frais, plutôt en forme, hormis une petite douleur au pied droit sur le côté, un peu sur le dessus, au niveau d’une articulation je crois, qui me titillait déjà depuis quelques temps (une tendinite ?), peu importe, c’est pas ça qui va m’arrêter. Fini la route, arrive le premier chemin au niveau d’un troupeau de chèvres et de brebis toutes jolies que je connaissais déjà (je ne peux pas m’empêcher de penser au sort qui les attend), j’en profite pour prendre quelques photos et avaler deux gorgées d’eau, ça roule, je descends le chemin et je m’apprête à longer un bois, et, là, devinez quoi dans le coin ? Des châtaigniers (oui, je suis en plein dans la châtaigneraie limousine ; les Auvergnats disaient d’ailleurs des Limousins : “ Sans la châtaigne et les raves, les Limousins sont foutus ”, ils n’avaient pas tort il y a quelques siècles de ça, “ vive la châtaigne ! ” qui a sauvé bien des gens de famines), plein de châtaigniers, je ne le sais que trop d’ailleurs (mais pourquoi n’ai-je donc pas pris mes chaussures de trail ?), mais c’est qu’on est en pleine saison des châtaignes, et les châtaignes, ça tombe au sol dans leurs bogues pleines d’épines qui piquent, qui piquent. Le chemin est parsemé de châtaignes, ça traverse le tissu de mes chaussures, ça pique dur les pieds, je jongle entre les bogues, je sautille comme un cabri pour éviter ces satanées épines. 22290988_10213912318739133_738714148_oLe chemin est également herbeux et, en cette saison, côté nord, à l’ombre du bois, l’herbe est humide, mes chaussures sont trempées et mes pieds avec, splitch, splacth, splotch, j’arrive au seuil d’un pré clos par deux barrières de chaque côté d’une grille qui empêchent les brebis de sortir du pré, je suis obligé d’enjamber les barrières car je ne parviens pas à les ouvrir, elles sont ligotées (pourtant, on est sur le tracé d’une randonnée, allez comprendre), puis je traverse le pré, à l’herbe toujours bien humide (mais sans châtaignes par contre). Je récupère au bout du pré un chemin qui passe à travers bois, un petit sentier plutôt, avec pas mal de débris de bois un peu partout et à nouveau des passages avec des châtaignes, ça descend un peu, et là, commence plus ou moins la première partie de la montée vers le point culminant des environs, bref, je sais que ça va monter sans arrêt jusqu’au 12ème km environ avec bien 230m de dénivelé d’un coup, avec peu de replats. Cette fois, ça y est, dans les côtes, je marche. Oh, je le savais à l’avance, pas la peine de se crever, j’ai la fréquence cardiaque qui s’affole, inutile de trop se mettre dans le rouge. J’alterne donc course et marche.

22312175_10213912320659181_927689217_oVoici qu’un peu avant le village de la Goupilière (oui, ici, on dit village pour ce qu’on appellerait hameau en français standard mais je peux pas m’y faire), où se trouve d’ailleurs un dolmen, drôlement bancal, mais qui vaut le coup d’oeil, donc, voici qu’un peu avant, dans un chemin creux (avec de hauts talus de chaque côté), un arbre tombé en travers du chemin entrave ma progression, pas moyen de le contourner et c’est qu’il y a l’air d’y avoir bien cinq ou six mètres de chemin recouvert, impossible de passer par dessus, je regarde dessous, ça a l’air un peu mieux mais pas très engageant, finalement, je tente l’opération, je m’accroupis, je pousse des branches dans ma progression, j’arrive à une partie plus délicate qui demande de remonter un peu sur le talus, j’enjambe les dernières branches, j’en pousse d’autres et je finis par passer l’obstacle (oh, finalement, c’était pas grand-chose par rapport à ma traversée de la garrigue en juillet dernier où je m’étais perdu lors d’une course dans les Alpilles, la garrigue, ça érafle sacrément, c’est parfois touffu, très touffu, surtout quand on est pas sur les sentiers, et ça empêche d’avancer, j’avais fini fourbu, sur les rotules, obligé d’arrêter une voiture pour me ramener à mon point de départ après avoir réussi à me dépêtrer de cette embrouille). Arrive le dolmen, pause photos et un peu d’eau, et vas-y que je repars, ça monte, ça monte, je marche, je cours, je fatigue, je sue, je débouche enfin sur une petite route, seul répit avant le sommet. Quelques centaines de mètres plus loin, je récupère le chemin qui me mènera vers le point culminant, dit “ Forêt de Lastours ”, le chemin est boueux par endroits, on est sur le versant nord, en sous-bois, mais on peut contourner les flaques quand même, j’attaque la partie la plus rude et la plus raide, je marche, impossible pour moi de monter ça en courant, des passages à 15, 18, 20% et même brièvement jusqu’à 30%, même en marchant, je monte à 170 pulsations par minute, mais je ne m’arrête pas, le sommet n’est plus très loin, mon allure moyenne est faiblarde mais qu’importe, j’atteins le sommet (c’est pas les Alpes non plus, c’est les monts du Limousin, de belles formes rondes et douces mais enfin, faut monter quand même, juste pas besoin d’escalader quoi). En haut, je rebois un coup et là, quel plaisir de pouvoir courir à nouveau car, comme vous le savez, après une montée, qu’y a-t-il (?), une descente (hommage à ma dame qui me dit “ J’aime pas les descentes car je sais que ça va monter après ” avec la suite “ À quoi ça sert, franchement, de monter si c’est pour redescendre ”, variante de ce que je lui sors dans un tout autre registre “

A quoi bon faire le lit puisque on va le redéfaire en dormant dedans ? ”). Quel plaisir, disais-je, de pouvoir courir à nouveau dans une descente, je me sens plus léger (malgré cette douleur au pied qui sur certains appuis me lance, grrr), je monte l’allure, j’ai l’impression d’être rapide, tu parles, je dépasse à peine le 10 km/h, c’est qu’au bout de 12 ou 13 km, je commence à ne plus être très frais, je sens bien que j’en ai déjà plein les pattes mais je me dis “ plus que dix kilomètres et c’est dans la poche, en plus, c’est surtout de la descente maintenant ”, mouais, sauf que, passé Brumas, où j’ai retrouvé de la route, ça remonte quand même vers le village des Combes où un beau chemin me conduit, à 6 km de l’arrivée environ, je me traîne mais j’avance (et je sais qu’aux Combes, il y a une source d’eau fraîche, héhé), je croise justement quelqu’un aux Combes (rien moins que le maire de la commune et son épouse, j’arbore mon beau T-shirt “ Vegan Marathon ”), on discute 5 minutes, il me demande le circuit que j’ai fait, s’il y avait des encombres (il savait pour l’arbre mais c’est pas sur sa commune), je fais cent mètres de plus et je m’arrête à la source, je remplis ma gourde vide, je me délecte d’eau fraîche et je repars, ça redescend, tiens, encore des bogues de châtaignes, ça descend même fortement ce qui m’oblige à y aller doucement et je rejoins une petite route qui serpente, descend puis monte, et j’attaque enfin la dernière partie en prenant un petit sentier qui chemine et monte tranquillou, enfin, pas si tranquillou que ça, je suis vanné, avant de redescendre vers le petit bourg en marge duquel je demeure, je monte donc la colline au milieu des bois (pas de châtaignes là, plutôt des épineux avec des foutues pelleteuses qui par endroits pour l’exploitation du bois ont salopé le sentier, vraiment, l’exploitation du bois de cette manière, quel travail de gougnafier) et je redescends, j’accélère alors, plus que deux kilomètres, je lâcherai plus, j’arrive devant chez moi, il me manque 200m pour faire un semi complet, du coup, je fais un va et vient sur la route pour clore mon “ ultra-trail ” à moi, mon petit “ exploit ” bien modeste à côté de ce que d’autres réalisent mais enfin, c’était pas gagné et je suis content, fourbu, mais content d’avoir réalisé ce beau parcours, même si cela s’est fait à une allure très modeste (7 km/h), content d’avoir presque doublé ma distance maximale. Maintenant, je me dis que le semi, sur du plat, sans châtaignes, sans herbes humides, sans arbres en travers de la route, ça doit être jouable et à une bien meilleure allure. AIO !!!!!

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Joan-Cristòu Dordet  lors d’une course commune au bois de la Bastide à Limoges pour le VEGAN MARATHON RUNNING TOUR

Jean-Christophe Dourdet, ou Joan-Cristòu Dordet en occitan limousin, langue première de ses grands-parents et des parents de sa compagne, langue qu’il a acquise quant à lui plus tardivement, vers l’âge de 20 ans. Profondément attaché au pays limousin où il a grandi et passé toute sa vie, sans rechigner à de nombreuses escapades un peu partout dans le monde, curieux de toutes les cultures, particulièrement celles minorisées, amoureux de culture britannique aussi, et adopté par le Poitou où il travaille. Débutant en course à pied malgré une période déjà lointaine où il s’y était frotté, Jean-Christophe a décidé de relever le défi du marathon de Paris au sein du clan Vegan Marathon, ce sera la toute première fois pour lui qu’il courra sur la distance dite “ reine ”.

 

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