Nicolas Pozniak, marathonien

OLYMPUS DIGITAL CAMERANicolas Pozniak, 29 ans, avocat, végétalien depuis plus d’un an. Antécédents sportifs : arts martiaux (lutte, kungfu et taekwondo) et musculation Marathon de paris 2017

Au départ, je me suis inscrit en juillet 2016 pour mon père : il fait le marathon chaque année depuis plus de 10 ans et je vois que plus les années passent, plus c’est difficile pour lui ; j’ai réalisé que si je voulais lui faire plaisir en courant avec lui, je devais le faire maintenant. Ensuite, j’ai découvert Magà Ettori. J’ai trouvé l’initiative inspirante sans toutefois oser le contacter. Certainement en raison de mon caractère et du fait que je ne me trouvais pas « légitime » pour participer à une telle opération (je ne suis végétalien que depuis peu (moins de 2 ans), je ne suis pas particulièrement sportif, je n’ai pas déployé les efforts que tu as déployé, je ne suis pas encore un militant très impliqué etc…). J’ai donc fait comme la majorité silencieuse, j’ai regardé, j’ai liké et j’ai envoyé quelques messages d’encouragements mais pas +. Ensuite, ma sœur m’a dit « mais attend, pourquoi tu ne cours pas au moins avec un tee shirt personnalisé? » J’ai trouvé l’idée super, mais en même temps je ne voyais pas trop comment faire (le marathon approchait).

Motivation

Toute la difficulté à mon sens lorsque l’on veut promouvoir une cause, c’est de trouver le bon message : celui qui interpellera les non-initiés sans les rebuter. Je cherchais donc un message positif, non culpabilisant ni provocateur. Vegan Power, dans un contexte sportif comme le marathon, m’a beaucoup plu. Il permet de dire en quelque sorte, vous voyez, le véganisme permet aussi de faire ce genre d’exploit, alors pourquoi ne pas essayer. C’est un peu la voie que j’ai trouvé actuellement pour défendre la cause vegan, celle de l’exemplarité.

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Préparation physique

Aucune préparation spécifique jusqu’en février 2017 (mais reprise en main sportive avec perte de poids, environ 10/12 kg). Courant février début de la préparation pour le marathon (très très tard… erreur de débutant…).  J’ai beaucoup trop forcé pour essayer de rattraper ce retard et, au semi de Paris (en mars), je me suis fait mal au genou en voulant déposer un mouchoir dans une poubelle (le passage trottoir / rue a été fatal…). J’ai dû finir les 6/7 derniers km en boitant… Résultat : syndrome de l’essuie-glace (inflammation fascia lata) en raison d’une hausse du kilométrage trop importante et d’un genou valgum (déviation des genoux vers l’extérieur). J’ai vu un podologue qui m’a fait en urgence des semelles et j’ai acheté une genouillère adaptée. Jusqu’à 1 semaine avant le marathon, je ne pouvais pas courir plus de 5/10 minutes sans que ça me fasse mal. J’ai vu que tu avais également eu une blessure et que tu n’abandonnais pas. Je me devais d’être à la hauteur ! Donc jusqu’à la veille du marathon, je courais tous les jours un peu (10min puis 20min puis 30min) le soir et ensuite je faisais des massages avec de la crème anti inflammatoire.

Marathon de Paris

J’ai commencé avec mon père, mais on a raté le départ… on a du sprinter pour rattraper les voitures balais… J’ai commencé à avoir mal au genou dès le début mais mon docteur m’a dit qu’il y avait vraiment très peu de chances que le tendon casse donc tant que la douleur est supportable, je pouvais continuer. C’était donc partie pour un combat entre mon genou et moi sur plus de 40km. Aux alentours du 10km j’ai perdu mon père… il était malade (bronchite) et avait du mal à courir. Je courais donc à son rythme (environ 8/9km/h) mais un peu devant pour lui donner de la motivation. Au ravitaillement, je me suis arrêté pour remplir ma gourde mais lui a continué sans que je m’en aperçoive… J’ai passé quasiment 10 minutes à le chercher aux alentours du ravitaillement avant de me décider à continuer sans lui. Aux 15km j’ai croisé Magà Ettori et je l’ai directement reconnu (tee shirt noir, long cheveux roux). Je crois qu’à ce moment je courais un peu plus vite que d’habitude pour justement espérer retrouver mon père donc je lui ai fait un « bon courage » sans insister davantage (j’imagine en plus que ça doit être perturbant quand quelqu’un qu’on ne connait pas fonce vers soit et dis « bon courage »). J’ai remarqué au début qu’il était perplexe et qu’après avoir vu mon tee shirt il a fait « haaaa ».

Aux 20ème km ma sœur m’a rejoint. Ça allait, la douleur était encore gérable. La partie sur les quais était particulièrement désagréable (pas d’ombre, grosse chaleur etc…). Ca commençait à me faire vraiment mal au genou mais je tenais encore bon. Au ravitaillement du 30ème km, je me suis arrêté pour remplir ma gourde, j’étais plutôt content car je ne sentais pas du tout ce fameux « mur ». Mais au moment de repartir, impossible, mon genou me faisait trop mal. J’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir me remettre à courir (j’ai trottiné en boitant mais je n’arrivais pas à recourir). Et là c’est devenu un enfer. Je ne pouvais plus m’arrêter de courir de peur de plus pouvoir partir et je devais me concentrer impérativement sur ma manière de courir (positionnement des pieds vers l’intérieur) sinon la douleur n’était plus tenable. C’est devenu une vraie lutte intérieure. Je ne pouvais plus rien faire à part me concentrer sur ma course, je n’arrêtais pas de penser mais abandonne, tu vas te casser le pied etc… Et là, heureusement, ma sœur m’a soutenu, elle m’a dit de ne pas abandonner, elle m’a rappelé ce par quoi tu es passé, les efforts que tu as fournis, il fallait que moi aussi je sois à la hauteur de ce que j’étais en train de représenter. Clairement, sans elle, je ne pense pas que j’aurais été capable de le faire.

J’ai donc continué, péniblement, en courant/boitant jusqu’à la ligne d’arrivée, en grappillant chaque km passé comme une victoire. Résultat, un marathon en 5h mais surtout un moral boosté, une confiance en moi au sommet et une envie d’aller encore plus loin la prochaine fois. Le véganisme a été un atout car il a contribué à ma perte de poids, j’ai l’impression d’être moins sensible aux inflammations qu’avant (j’avais toujours eu des soucis de dos/sciatique) et il me pousse à donner le meilleur de moi-même/à être exemplaire.

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